Taudis de la rue Ball - Expulsion immédiate

Saeed Bibi et les autres membres de sa famille doivent quitter leur logement aujourd’hui.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Saeed Bibi et les autres membres de sa famille doivent quitter leur logement aujourd’hui.

Les derniers occupants des taudis de la rue Ball, dans le quartier Parc-Extension, quitteront leur logement ce matin. L’arrondissement de Villeray - Saint-Michel - Parc-Extension a décidé hier de devancer leur évacuation après que le Service de sécurité incendie de Montréal (SSIM) eut jugé que l’état des lieux compromettait la sécurité des locataires.

Syed Tuqeer Hussain, 20 ans, et sa famille se préparaient hier à quitter leur logement pour de bon. Ils sont huit, dont un nouveau-né, à vivre dans un appartement du 785, rue Ball dont le loyer s’élève à 700 $ par mois. Moisissures, champignons, coquerelles et infiltrations d’eau font partie de leur quotidien depuis des mois. « On a aucune idée où on va aller », a indiqué le jeune homme.


Le 20 avril dernier, au terme d’une série d’inspections, l’arrondissement avait ordonné l’évacuation des locataires en raison de l’insalubrité de l’immeuble. Ils avaient alors jusqu’au 20 mai pour quitter les lieux. Mais un rapport du SSIM a obligé l’arrondissement à devancer l’échéancier. « Le rapport du SSIM était dévastateur. Ils ont dit que c’était extrêmement dangereux et qu’il fallait que les locataires quittent les lieux le plus vite possible, a expliqué hier la mairesse de l’arrondissement, Anie Samson. L’eau entre dans le sous-sol où il y a des fils électriques. Il peut y avoir des courts-circuits n’importe quand. C’est extrêmement dangereux. »


Le propriétaire, Claudio Di Giambattista, qui refusait d’effectuer les réparations requises, a reçu 250 constats d’infraction assortis d’amendes totalisant 110 000 $. À compter de ce matin, l’immeuble sera barricadé et le propriétaire privé de revenus de location. M. Di Giambattista ne pourra louer ses logements que lorsque les nombreuses réparations auront été effectuées. Mais Mme Samson doute qu’il agisse. Un autre immeuble de M. Di Giambattista, rue Stuart, a été évacué en novembre dernier et il est toujours barricadé.


Pour l’instant, la Ville n’envisage pas d’expropriation. « Notre objectif, c’est qu’un groupe en habitation puisse acheter l’immeuble à un bon prix pour en faire une coopérative d’habitation », a indiqué Mme Samson.


La Ville devrait être plus sévère à l’égard des propriétaires délinquants, croit André Trépanier, du Comité d’action de Parc-Extension. « On espère que les événements d’aujourd’hui vont marquer un tournant à la Ville de Montréal après dix ans de laxisme dans l’application de la réglementation municipale » a-t-il dit.


Déjà durement éprouvés, les locataires devront assumer d’importantes dépenses. « En 2006 et 2009, une commission municipale avait recommandé qu’on apporte une aide financière aux locataires évacués et ce n’est pas encore réglé », a déploré M. Trépanier.


Le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) et l’organisme Jeunesse au soleil ont accompagné les locataires évacués, mais l’aide financière fait toujours défaut. Anie Samson admet qu’une solution devra être trouvée.


1 commentaire
  • Franklin Bernard - Inscrit 4 mai 2012 09 h 20

    Le laxisme de la Vile de Montréal

    Bien sûr. Comme dans tout le reste: rues défoncées, immeubles délabrés laissés à l'abandon, chantiers anarchiques, itinérants et mendiants de plus en plus nombreux, circulation automobile désastreuse parce que mal ou pas organisée, petits roitelets d'arrondissements la Ferrandez laissés libres de nuire à l'intérêt général des Montréalais... etc...

    Peut-on expliquer, par exemple, pourquoi la Ville du maire Tremblay permet que les immeubles délabrés et abandonnés du côté ouest de la rue Saint-Laurent entre René-Lévesque et Sainte-Catherine restent toujours debout, forçant la Ville à barrer le trottoir et une voie de circulation depuis plus d'un an, parce qu'ils sont DANGEREUX? Imagine-t-on en plus l'insalubrité qui doit tranquillement s'y installer, coquerelles, rats, punaises... et qui ne saurait manquer de s'étende à tout le quartier? Comment le «maire» Tremblay ose-t-il laisser se dégrader une telle situation, alors qu'il aurait certainement le pouvoir d'ordonner la destruciton immédiate des immeubles en question?

    Ah, elle est belle la ville à Tremblay! Combien de temps encore allons-nous devoir endurer de voir pourrir quotidiennement une ville qui a déjà été une des plus agréables du Canada, et qui est en train de devenir une des pires?