Stade olympique - La saga du toit franchit une nouvelle étape

Quatre scénarios ont été analysés dans le cadre de l’élaboration du dossier d’affaires initial pour doter le Stade d’un nouveau toit.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Quatre scénarios ont été analysés dans le cadre de l’élaboration du dossier d’affaires initial pour doter le Stade d’un nouveau toit.

Le sempiternel dossier du remplacement du toit du Stade olympique franchira cette semaine une étape importante. La Régie des installations olympiques (RIO) et Infrastructure Québec doivent tous deux faire une recommandation au Conseil des ministres sur l’option choisie.

Le conseil d’administration de la RIO se réunira aujourd’hui. Demain, ce sera au tour des administrateurs d’Infrastructure Québec. La recommandation que formuleront les deux organismes devrait permettre au gouvernement de donner son aval à un type de toiture, un mode de réalisation (traditionnel ou en partenariat public-privé, par exemple) ainsi qu’à une estimation des coûts.

Quatre scénarios ont été analysés dans le cadre de l’élaboration du dossier d’affaires initial : un toit rigide, un toit de toile fixe, un toit rétractable ou mobile et pas de toit du tout.

L’architecte français Roger Taillibert, à qui l’on doit le Stade olympique, s’inquiète de la situation. Joint à Paris, M. Taillibert assure qu’il ne peut y avoir quatre solutions, lui dont les plans d’origine pour le toit n’ont jamais été appliqués mais plutôt modifiés par la firme de génie-conseil Lavalin en consortium avec Socotec.

Selon M. Taillibert, un toit rigide et fixe serait « trop lourd compte tenu de la structure du stade ». « Ça ferait rire le monde entier », assure-t-il. Il s’agissait pourtant de l’option privilégiée jusqu’en 2010. La RIO s’apprêtait alors à donner un contrat à SNC-Lavalin dont la proposition d’un toit en acier aurait coûté quelque 300 millions.

C’est la firme Dessau qui est venue changer la donne. En effet, Dessau a proposé un concept de toit ouvrant, question de redonner au Stade sa vocation sportive tout en permettant la tenue de spectacles.
Le gouvernement avait alors choisi de recommencer le processus en tenant compte des règles de sa politique-cadre sur la gouvernance des grands projets de 40 millions de dollars et plus. C’est donc Infrastructure Québec qui a repris les rênes du dossier en collaboration avec la RIO. Cette dernière est épaulée par la firme de génie-conseil CIMA + et embauchera sous peu un vice-président toiture qui supervisera la mise en œuvre du projet de remplacement du toit.

Un toit rétractable

Roger Taillibert n’est guère plus tendre à l’endroit de l’option du toit mobile de Dessau. Selon lui, ce concept entraînerait l’installation d’immenses piliers en plein cœur du Stade ce qui « doit être rejeté ». L’architecte est formel : le toit doit être rétractable comme il fut conçu à l’époque pour ne pas condamner le Stade à être un centre de foires. « Et on ne peut pas se contenter de toile comme ç’a déjà été fait. Cela signifierait qu’il y a un marchand de toile qui veut vendre de la toile. Ce serait une affaire Birdair numéro deux », a affirmé M. Taillibert, faisant ainsi référence au toit conçu par Birdair qui s’est déchiré en janvier 1999, quelques mois après son installation.

M. Taillibert n’a aucune confiance dans la façon que le projet est mené. « Il y a des mains curieuses qui se promènent dans ce dossier. […] Il y a un risque qu’il y ait encore une fois des manipulations financières et techniques pour cacher la vérité au peuple québécois », croit-il en pointant les firmes de génie-conseil qu’il qualifie de ? clowns ”. « Ce qui intéresse tous les compétiteurs, c’est de se partager un peu de monnaie. Dépenser 100 millions, c’est bien, mais 400 millions, c’est mieux ! », lance Roger Taillibert.

Ce dernier entend surveiller de près l’évolution du dossier, se tenant prêt à intervenir sur le plan juridique, si nécessaire. « Je vais les embêter et les empêcher de faire autre chose que ce qui était prévu dès le départ et qui était un tout. Je mettrai un bon avocat là-dessus qui empêchera de faire n’importe quoi avec le toit du Stade. »


5 commentaires
  • Pat Lefebvre - Inscrit 26 avril 2012 09 h 31

    Ma recommandation...

    SVP... de grace... quelques centaines de kilos de dynamite reglerais le probleme une fois pour troute et nous debarasserais enfin de ce gros elephant blanc, vide, laid, couteux et completement inutile puisqu'inutilisable...

    • Myriam Essbai - Inscrite 26 avril 2012 10 h 40

      Je comprends votre reaction parce qul'on vous cache la vérité dans ce dossier. Vous ne connaissez pas toute la vérité sur le parc olympique, tachez plutot de vous renseignez que de vous permettre de critiquer. De mon côté j'admire le travail de l'architecte Roger TAILLIBERT. Sachez qu'il s'agit d'une collision financière importante à gérer cet ouvrage. Je vous laisse méditer sur ces mots.

    • Gabriel Lefebvre-Ropars - Abonné 26 avril 2012 20 h 53

      On l'a payé 1,6 milliards, et il faudrait débourser encore des sommes astronomiques pour le démolir et réhabiliter le terrain. De plus, c'est un symbole montréalais à l'étranger, une curiosité architecturale qui nous vaut bien des visiteurs. Tant qu'à l'avoir là, aussi bien en faire un vrai stade, avec compétitions sportives et tout, plutôt que de s'en débarrasser. Par contre, on pourrait se garder une petite gêne et attendre après la commission Charbonneau, juste au cas où...

  • Claude Phaneuf - Abonné 26 avril 2012 15 h 11

    Très bon article Mme Lévesque, un peu court.

    Je comprends le ras-le-bol de M. Pat. Ces Installations furent mal gérées et de façon partisane. Il a trop payé comme nous tous. Les politiciens ont saisi l'occasion de récompenser leurs amis Ingénieurs ce qui garde leur parti en bonne santé financière depuis 38 ans. M. Duchesneau a mis à jour cette bonne relation d'amitiés.
    Très bon article Mme Lévesque, un peu court. Vous nous aviez habitués à des textes plus longs sur la collusion/corruption et sur les 100 ans du MTQ.
    4 scénarios de Toit dont un - pas de Toit du tout. C'est n'importe quoi Madame !
    Ce 5ième prochain Toit est en Appel d'offres depuis 10 ans avec les mêmes règles d'Infrastructure Québec. Rien n'a changé.
    Vous écrivez: "C'est la firme Dessau qui est venue changer la donne". Ce n'est pas la Vérité. Oui la RIO s'en est servie pour se sortir des accusations que circulaient plusieurs, notamment l'apparence flagrante de conflits d'intérêts de l'Ingénieur Gérant du projet.
    Nos problèmes du Toit proviennent uniquement du fait que le PLQ tient absolument à voir nos Ingénieurs concevoir et calculer CE QU'ILS SONT INCAPABLES DE FAIRE SANS ERREURS. Alors ils cherchent une autre solution que la seule possible. Ils ont démontré clairement leurs incapacités jusqu'à présent avec 4 Toits des leurs abandonnés parce qu'inadéquats. L'Ingénieur Nicolet l'a confirmé publiquement. $200 Millions gaspillés.
    J'aimerais vous lire Mme Lévesque sur le non-respect des règles d'éthiques professionnelles par nous du Québec. J'aimerais que la RIO refute les affirmations de l'Architecte René Dumont au Président de l'OAQ: "Ce Toit est une des composantes intimement liée aux autres composantes. - Architecturalement - ce Toit justifie l'exigence du Mât et souligne le caractère patrimonial de l'événement lui-même, soit: Les Jeux Olympiques de Montréal de 1976. ... Il est peut-être compréhensible que l'on puisse changer la mission du Parc Maisonneuve, mais, pour ce faire, doit-on dé

  • Franklin Bernard - Inscrit 27 avril 2012 20 h 04

    On s'en fout, du stade!

    Est-ce que nos «élus» pourraient s'occuper de refaire les chaussées défoncées de Montréal, au lieu de dépenser temps et argent du contribuable pour cette sinistre comédie du stade qui n'intéresse personne?