Montréal veut se dissocier d'un accusé - Jacques Audette a plusieurs mandats en relations de travail avec la Ville

Jacques Audette<br />
Photo: - Archives Le Devoir Jacques Audette

Dans la foulée des arrestations effectuées dans l'industrie de la construction mardi, la Ville de Montréal entend rapatrier en interne les mandats confiés à un avocat de la firme Fasken Martineau, Jacques Audette, accusé de fraude, de complot et d'abus de confiance. La Ville devra toutefois continuer à faire affaire avec l'entrepreneur Tony Accurso.

Avocat spécialisé en droit du travail, Jacques Audette avait négocié au nom de la Ville les conventions collectives des pompiers et des policiers de 2008 à 2010. Il fait maintenant face à six accusations relatives au dossier des contrats municipaux à Mascouche.

Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Richard Deschamps, a annoncé hier l'intention de l'administration de retirer à M. Audette tous les mandats qui lui avaient été accordés — essentiellement en matière de relations de travail — pour les confier au service juridique de la Ville. Une certaine confusion persiste puisque M. Deschamps n'a pas pu préciser le nombre exact de mandats octroyés à M. Audette, ni lesquels étaient toujours actifs.

En revanche, la Ville ne pourra couper ses liens d'affaires avec Tony Accurso, même si celui-ci est accusé de fraude, de complot, d'abus de confiance et de trafic d'influence et que deux de ses entreprises ont une licence restreinte de la Régie du bâtiment du Québec, ce qui les empêche de décrocher des contrats publics. «La Ville se conforme à la loi élaborée par le gouvernement du Québec et c'est dans ce cadre-là que nous fonctionnons», a souligné M. Deschamps.

Sans vouloir entrer dans les détails, Richard Deschamps assure que la Ville collabore avec l'Unité permanente anticorruption (UPAC), la Sûreté du Québec et les procureurs et enquêteurs de la commission Charbonneau.

L'escouade Marteau a frappé un grand coup à Mascouche mardi, mais les résultats des enquêtes policières sur les dossiers montréalais, dont ceux du Faubourg Contrecoeur et du contrat des compteurs d'eau, se font toujours attendre. Hier, M. Deschamps a pris soin de rappeler que Montréal avait mis en place plusieurs mesures pour lutter contre la fraude et la corruption. Parmi celles-ci: l'adoption d'une politique de gestion contractuelle, d'un code d'éthique pour les élus et d'un code de conduite ainsi que la création d'un poste de contrôleur général.

Malgré ces mesures, les partis d'opposition demeurent sceptiques. «On est toujours très inquiets de la concentration des marchés publics en matière d'asphaltage et de travaux publics. Et on n'a toujours pas de commissaire à l'éthique», a signalé le maire de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard.

Le conseiller de Projet Montréal Alex Norris croit pour sa part qu'il faudrait réduire le rôle de l'argent dans la politique municipale montréalaise. «Les mesures décrites par M. Deschamps ne sont pas adéquates et n'ont pas empêché la même clique d'entrepreneurs de rafler une grande proportion des contrats à Montréal», a-t-il commenté.
1 commentaire
  • michel benoit - Inscrit 19 avril 2012 08 h 16

    très présent à Montréal

    La firme d'avocats Fasken Martineau est très active à Montréal.

    Elle a eu plusieurs mandats avec la Société de vélo en libre-service depuis 2008. Elle a préparé le contrat avec Serco qui opère le système de vélo en libre-service à Londres. La semaine dernière, Serco aurait déposé une proposition d'achat des activités internationales de Bixi.

    De plus en 2009, Me Jacques Audette a été un organisateur du bal du maire à Montréal.

    Michel Benoit
    candidat indépendant Vieux-Rosemont