Montréal rachète l'immeuble du Taz

Montréal soutient que les activités du Taz s’inscrivent dans la mission de la Ville au même titre que d’autres équipements sportifs, comme les arénas et les piscines.<br />
Photo: Agence Reuters Mike Blake Montréal soutient que les activités du Taz s’inscrivent dans la mission de la Ville au même titre que d’autres équipements sportifs, comme les arénas et les piscines.

Montréal a décidé de voler au secours du Taz acculé à la faillite. La Ville rachètera l'immeuble de l'avenue Papineau construit au coût de 10 millions de dollars en 2008 avec des fonds publics.

La responsable des sports au comité exécutif, Manon Barbe, a expliqué hier que les obligations financières liées au bâtiment dédié au patin à roues alignées et à la planche à roulettes étaient trop lourdes pour l'organisme à but non lucratif (OBNL) qui en assurait la gestion.

L'acquisition du bâtiment, situé aux abords de l'ancienne carrière Miron, se fera au coût de 4,3 millions, mais le montant net payé par la Ville sera réduit à 2 millions compte tenu d'une subvention de 2,3 millions du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Sans une intervention immédiate, la Ville risquait de perdre le bâtiment. Rappelons que la Ville avait versé 2,5 millions de dollars pour la construction du Taz inauguré en 2009. Le reste de la facture avait été assumé par Québec et Ottawa. La Ville avait ensuite cédé l'immeuble au Taz par l'entremise d'un bail emphytéotique de 30 ans.

Dès l'année suivante, le Taz s'est retrouvé en difficulté financière, et la Ville avait dû lui consentir une aide d'urgence de 1,3 million de dollars. En 2010, l'organisme avait d'ailleurs tenté d'obtenir une exemption de taxes foncières, une dépense de 450 000 $ par année, mais la Commission municipale du Québec avait rejeté sa demande.

Hier, Manon Barbe a soutenu que les activités du Taz s'inscrivaient dans la mission de la Ville au même titre que d'autres équipements sportifs, comme les arénas et les piscines.

Malgré ses difficultés financières, l'OBNL le Taz continuera de s'occuper des activités du centre puisque la Ville lui a accordé un contrat de gestion de 480 000 $ pour les trois prochaines années. «Nous assurerons une surveillance serrée et nous aurons deux observateurs au conseil d'administration», a expliqué Johanne Derome, de la Direction des sports de la Ville.

Payer deux fois

La mairesse de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Anie Samson, ne comprend pas que la Ville rachète un immeuble dont elle a payé la construction. «Pourquoi les Montréalais sont-ils obligés de payer deux fois? Je trouve ça immoral. Je crois que c'est un cas que le vérificateur général devrait examiner», a-t-elle dit.

Elle dénonce aussi la décision de l'administration de confier la gestion du Taz à un organisme qui a connu de sérieuses difficultés financières. Selon elle, la Ville aurait dû procéder par appel d'offres.

De son côté, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime que ce dénouement était prévisible. Selon lui, le Taz n'aurait jamais dû être construit dans un endroit aussi difficile d'accès en transports en commun. En 2006, M. Bergeron avait d'ailleurs suggéré que le Taz s'installe au Parc olympique: «Les personnes visées par ce genre d'activités sont les 9 à 16 ans. Or ils se déplacent en transport collectif. Mais le site actuel du Taz nécessite un transport en auto. C'était écrit dans le ciel que ça ne fonctionnerait pas aussi bien que ce que le maire racontait à l'époque.»
3 commentaires
  • M. Miclot - Inscrit 6 avril 2012 07 h 35

    bonne décision

    Important de permettre aux jeunes de s'occuper. Curieux que Tremblay sache qu'il ya des jeunes à Montréal

  • Messire Mathieu - Inscrit 6 avril 2012 11 h 33

    Bah.

    Il est perdu dans le fin fond de la ville, le nouveau Taz. Pas surprenant qu'on n'aie pas envie d'y aller plus souvent que ca et que des difficultés financières arrivent.

    Il faut comprendre qu'on aime bien mieux faire du "street" que du "park" l'été et qu'au prix qu'il coute par session, ce park aurait intérêt à être beaucoup plus accessible. C'est nul, avoir à prendre le bus pour aller rider.

    Pour finir, "phoque" les planchers glissants. Ca sert à rien au niveau sécurité, c'est juste plus chiant. J'ai aucune raison une belle journée d'été d'aller au taz plutot que dans un park extérieur avec une belle surface en asphalte ou en ciment. "Le vieux taz aussi glissait" oui mais c'tait un peu moins pire honnêtement.

    • Jeremy Bernatchez - Inscrit 6 avril 2012 14 h 28

      Pis l'hiver du fait su street dans neige ? Les prix sont pas super, mais l'amplacement est bien correcte.