Outremont: une séance du conseil sous haute tension

La séance du conseil d'arrondissement d'Outremont s'est déroulée sous haute tension hier soir. Les problèmes de cohabitation entre la communauté hassidique et d'autres citoyens d'Outremont de même que l'incident impliquant la conseillère indépendante Céline Forget le 8 mars dernier ont accaparé les discussions.

Des citoyens ont défilé au micro pour demander des comptes aux élus. «Je trouve insupportable le traitement réservé à Mme Forget, qui tentait de documenter des infractions commises par des gens qui agissent comme si la rue leur appartenait», a fait valoir Jean Larin, qui a demandé à la mairesse, Marie Cinq-Mars, si elle comptait exiger des excuses aux dirigeants de la communauté hassidique d'Outremont.

Rappelons que le 8 mars dernier, Céline Forget a été prise à partie par un groupe de juifs hassidiques lors de la fête de Pourim. Mme Forget se trouvait alors à l'angle des avenues Durocher et Saint-Viateur afin de vérifier si les règlements municipaux étaient respectés. Sur une vidéo mise en ligne sur Internet dans les jours suivants, on apercevait des hassidim l'invectiver en la traitant de nazie et de SS et en criant «Get lost!». Des policiers ont finalement aidé la conseillère à quitter les lieux dans une voiture de police.

Pour Hirsh Teitelbaum, membre de la communauté hassidique, le problème de cohabitation est «profondément enraciné depuis une décennie» et est attribuable à une «minorité» de citoyens, soit environ cinq personnes, qui harcèlent la communauté, visant sans le nommer l'auteur d'un blogue, Pierre Lacerte.

À plusieurs reprises, la mairesse a dû rappeler à l'ordre les membres de l'assistance qui réagissaient bruyamment aux propos entendus. «Je sens énormément de colère ce soir. Tout ce que je demande, c'est de baisser le ton», a-t-elle lancé alors que les esprits s'échauffaient. Qualifiant l'altercation d'«inacceptable», la mairesse a suggéré la création d'un comité pour rapprocher les deux communautés et tenter de ramener la paix.

Les élus ont par ailleurs décidé de prohiber toutes les processions dans les rues d'Outremont jusqu'au 1er juin, refusant du même coup d'autoriser la fermeture de plusieurs rues pour la Fête de crémation du pain le 6 avril et pour la tenue d'une procession prévue le 28 avril à 23 h. L'arrondissement entend présenter dans un mois un nouveau règlement afin de mieux encadrer les événements de ce type.

De nombreux citoyens n’ont pu assister à l’assemblée, refoulés à l’entrée par les agents de sécurité qui n’ont laissé entrer dans la salle du conseil qu’une cinquantaine de personnes. Frustrés, plusieurs d’entre sont demeurés à l’extérieur des portes de l’édifice jusqu’à la fin de la réunion.

Durant la soirée, un citoyen a même été expulsé de la salle du conseil après qu’il eut pris une photo pendant l’assemblée. À Outremont, seuls les médias sont autorisés à enregistrer, filmer ou prendre des photos lors des débats du conseil d’arrondissement.
3 commentaires
  • Henry Fleury - Inscrit 3 avril 2012 05 h 40

    Sur l'hassid ?

    J'habite le ghetto hassidique depuis fort longtemps et, sans jamais me plaindre, malgré leurs fêtes à répétition, je dois avouer que le dernier Purim a été fort éprouvant, tant au niveau du bruit, qu'au niveau de scènes un peu lamentables où plusieurs individus de cette communauté voguaient en état d'ébriété très avancé, laissant leur conduite au volant dangeureuse et sujette à confrontation avec le voisinage. C'est pas tous les jours comme ça, heureusement, mais certaine fois ça dépasse la limite de l'acceptable. Bonne décision, pour une fois, de l'arrondissement.

  • Roland Berger - Inscrit 3 avril 2012 13 h 26

    Alleluia 1

    Heureux les persécutés, car ils verront Dieu ! La communauté hassidique devrait se réjouir des décisions des dirigeants de l'arrondissement.
    Roland Berger

  • Albert Descôteaux - Inscrit 3 avril 2012 13 h 50

    permis à tous ou tout simplement interdit

    Il n'y a pas d'autres possibilités pour un gouvernement (municipal, provincial ou fédéral) que d'appliquer à TOUS les mêmes règles. Si on permet à certains groupes religieux d'occuper les rues, de se stationner illégalement, de faire du bruit et déranger les voisins, il faut aussi le permettre à tous les autres citoyens, quand et comment ils le désirent.

    La religion ne doit pas servir de prétexte pour s'exempter vis-à-vis des lois et réglements, ni de faire fi du civisme le plus élémentaire.