La Ville devra assumer les risques financiers

Dévoilée vendredi dernier, l'entente intervenue entre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal comporte de nombreuses exigences, comme l'ont constaté les élus qui devaient hier donner leur approbation au projet lors d'une séance du conseil municipal.

Ainsi, la Ville devra effectuer une étude environnementale du site de 43,5 hectares, assumer les coûts de décontamination des sols, rembourser au gouvernement les frais de démolition des bâtiments de l'ancien Hippodrome (3 millions $) et inscrire une somme de 44 millions $ dans son plan triennal d'immobilisations pour le raccordement du boulevard Cavendish. Finalement, la Ville devra verser au gouvernement la moitié des revenus résultant de la vente de parcelles de terrains à des promoteurs d'ici 2025.

«Je comprends que la Ville a tout le fardeau financier et les risques sur les épaules, mais qu'il n'y a aucun risque pour le gouvernement de Québec, a commenté M. Bergeron. La Ville de Québec, où il y a un maire qui se tient debout, est allé chercher hier 35 millions $ pour l'exonération de la TVQ, en plus des 200 millions déjà garantis pour l'amphithéâtre.»

La cession de l'Hippodrome à titre «gratuit» privera la Ville de revenus de taxes de 2,5 millions $ par année pour les cinq prochaines années, a-t-il signalé.

Le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest et membre de Vision Montréal, Benoit Dorais, a plaidé pour une grande vigilance afin que les «erreurs» commises dans le dossier de Griffintown ne se reproduisent pas. Deux fois plus vaste que le site de l'Hippodrome, Griffintown a souffert d'une mauvaise planification et n'a pas fait l'objet d'une véritable consultation, a souligné M. Dorais: «On essaie de recoller les pots cassés depuis 2009».

Mais le président du comité exécutif, Michael Applebaum, n'en démord pas. L'entente est avantageuse pour la Ville et la formule de partenariat préconisée par les deux parties assurera un meilleur contrôle sur le développement du site. Transformé en vaste quartier résidentiel, l'ancien Hippodrome deviendra un frein à l'étalement urbain, croit l'administration. «On a toutes sortes d'expertises à Montréal pour être capables de faire un projet modèle», a dit M. Applebaum. Malgré leurs critiques, les deux partis d'opposition ont donné leur aval à l'entente.

À la majorité, les élus ont aussi approuvé la réorganisation des services pilotée par le directeur général, Guy Hébert, qui prévoit l'abolition de deux postes de directeurs généraux associés, soit ceux de Serge Lamontagne et de Rachel Laperrière. Les fonctions de M. Lamontagne demeureront inchangées, mais Mme Laperrière sera mutée au Service des affaires institutionnelles.
2 commentaires
  • M. Miclot - Inscrit 27 mars 2012 08 h 07

    pas de tête un jour , pas de tête toujours

    Si Tremblay accepte un projet , il ne peut pas être avantageux pour la ville mais il va l'être pour certains. Tous les mêmes, Labeaume, Vaillancourt , Tremblay.

    • Philippe Bonneau - Inscrit 31 mars 2012 08 h 19

      Je n'aime pas cette attitude de dire que tous les élus sont des croches, le résultat est que les personnes compétentes ne se présentent pas car elles seront aussi accusées.