Plan métropolitain d'aménagement et de développement - Feu vert au nouveau plan

Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, étaient visiblement heureux d’officialiser le PMAD.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, étaient visiblement heureux d’officialiser le PMAD.

Québec a donné son approbation au Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) que les élus de la région de Montréal avaient adopté en décembre dernier. Cette bénédiction officielle marque l'entrée en vigueur du plan qui encadrera le développement urbain pour les vingt prochaines années.

«Une page d'histoire s'écrit aujourd'hui», a soutenu le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, qui était de passage à Montréal hier pour souligner l'événement en compagnie de la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, et d'une brochette d'élus, parmi lesquels les maires Gérald Tremblay, de Montréal, Gilles Vaillancourt, de Laval, et Caroline St-Hilaire, de Longueuil.

Le PMAD fixe les balises du développement de territoire pour les deux prochaines décennies selon trois grands axes, soit la densification urbaine aux abords des réseaux de transport, le développement du transport collectif et la protection d'espaces verts.

Cet exercice, qui a été achevé plus de dix ans après la création de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), ne s'est pas réalisé sans grincements de dents, les villes des couronnes nord et sud étant les plus réfractaires à l'imposition de contraintes de développement.

Mais la majorité des 82 maires de la région ont finalement adhéré au projet, comme l'a rappelé avec enthousiasme Gérald Tremblay lors d'une conférence de presse hier après-midi. «Le 450 et le 514 n'existent plus de la même façon qu'avant. [...] C'est la première fois dans l'histoire du Québec qu'on parle d'une seule voix. N'essayez pas de nous diviser [...], on est unis et on va rester unis, a-t-il lancé. Ne créez pas de la zizanie. Vous n'avez rien vu encore.»

Les environnementalistes ont accueilli favorablement l'entrée en vigueur du PMAD, mais ils ont plaidé pour une grande vigilance dans son application. «On jette les bases d'une petite révolution avec l'adoption de ce plan-là. Dans les mentalités, la façon de penser le développement urbain et le rôle du transport en commun, on vient de changer de registre, a reconnu Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre. Est-ce que tout est réglé? Non, il faut maintenant le mettre en oeuvre et s'assurer qu'on a les moyens de nos ambitions, notamment au niveau du financement du transport en commun.»

Car la question du transport, au coeur du PMAD, suscite bien des interrogations. «Si le ministère des Transports du Québec continue à investir dans l'expansion du réseau routier supérieur, l'objectif de freiner l'éparpillement urbain demeurera un voeu pieux», a prévenu le directeur général du Centre d'écologie urbaine de Montréal, Luc Rabouin.

La CMM a d'ailleurs dressé une liste de projets de transport en commun totalisant 23 milliards de dollars qu'elle souhaite concrétiser, mais leur financement reste à déterminer. Des consultations à ce sujet auront lieu au cours des prochains mois.

Tout en se réjouissant de la création d'une trame verte et bleue, la Fondation David Suzuki a tout de même déploré qu'un gel du territoire agricole n'ait pas été décrété pour les vingt prochaines années.

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Vers une densification urbaine

Le territoire du Grand Montréal couvre 4360 kilomètres carrés et compte, à l'heure actuelle, une population de 3,7 millions de personnes. Selon les prévisions démographiques, 320 000 nouveaux ménages devraient s'installer dans la région d'ici 2031, soit plus d'un demi-million de personnes.

Le Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) prône une densification urbaine avec la création de quartiers de type TOD (Transit Oriented Development) autour des grands axes de transport collectif afin d'accueillir 40 % de la croissance démographique. Ce taux pourrait à terme s'élever à 60 %.

Le PMAD fixe à 17 % du territoire les objectifs de protection des milieux naturels, qui incluent des bois métropolitains, des corridors forestiers et des milieux humides. En matière de mobilité, le plan vise à faire passer de 25 % à 35 % la part modale du transport en commun dans la région de Montréal d'ici 20 ans.
7 commentaires
  • Franklin Bernard - Inscrit 13 mars 2012 07 h 55

    Le roi est tout nu

    Tous ces grands projets avec des noms abstraits, c'est bien beau, mais est-ce que Tremblay veut nous faire avaler qu'il s'occupe de sa ville alors qu'il n'est même pas fichu d'entretenir les chaussées? Sous son règne de l'immobilisme, Montréal est devenue une ville moche et crasseuse, et invivable pour les usagers du réseau routier.

    Que Tremblay fasse d'abord le travail quotidien de gestion et d'entretien de la ville pour lequel il a été élu, et pour lequel il est payé par les citoyens, avant de se lancer dans des «plans» qui ne veulent rien dire.

    Les habits neufs du roi, c'est ça.

  • Claude Kamps - Inscrit 13 mars 2012 08 h 56

    Une vision dantesque d'un roi en devenir....

    On peut voir ces 3 compères rire à gorge déployée de la bonne farce qu'ils ont mit au point pour que Tremblay et son poste devienne le roi du territoire métropolitain.
    Le PLQ et Tremblay on mit l’agglomération au complet sous tutelle de technocrates dans des bureaux situés à 300km qui n'habitent même pas ce territoire et sont dirigés par les politique de Charest qui sait que sa base riche anglophone est à ses pieds.
    Attendez-vous à des nouvelles taxes, péages, frais de toutes sortes payés par tous, mais à aucune réduction du nombres de maires, conseillers ou fonctionnaires au contraire.
    En fait nous payons dans nos taxes et frais divers comme tout les autres québécois les frais inhérents à Montréal, mais en plus nous devrons payer une deuxième fois pour les même frais et pour les fusions, dé-fusions, mauvais bétons, compteurs d'eau, pont Champlain moins solide qu'un jouet et les enveloppes brunes à tout ces comptes aux îles Cayman...

  • Bernard Terreault - Abonné 13 mars 2012 09 h 58

    Bien beau

    On a adopté de bien beaux principes. Bravo. Notez cependant que l'on se réserve la possibilité d'approuver des "développements" contrevenantt au plan si "c'est pour créer de l'emploi" ! Y a-t-il des développements qui ne créent pas d'emplois ? Il me semble que ça ouvre la porte à n'importe quoi. Et pour l'instant, je vois beaucoup de constructions et d'élargisements d'autoroutes mais rien de significatif dans le transport public, que ce soit le métro ou les voies réservées aux bus. Et ça prend toujours 3 billets différents et de longs détours pour aller de Brossard à Ste-Rose. (On ne parle pas d'aller de Châteauguay à Repentigny, mais bien de la banlieue proche à la banlieus proche).

  • Bernard Gervais - Inscrit 13 mars 2012 11 h 12

    Faut-il les croire ?

    J'ai vu aux infos télévisées d'hier un reportage sur cet accord qu'ont signé les ministres Lessard et Courchesne ainsi que les élus municipaux de la grande région de Montréal. En tout cas, comme sur la photo, tous avaient l'air de bien s'entendre et de s'amuser !

    Cependant, qui nous dit que ces politiciens respecteront vraiment le plan d'aménagement qu'ils ont approuvé ? Qui nous dit qu'ils ne céderont pas à nouveau pour des raisons électorales certaines bonnes terres - pourtant protégées en principe par le zonage agricole - à des promotteurs qui y construiront des centres commerciaux et des dizaines de maisons - pareilles les unes aux autres - qui défigureront le paysage ?

  • France Marcotte - Abonnée 13 mars 2012 13 h 37

    Planifier égale réfléchir

    "C'est la première fois dans l'histoire du Québec qu'on parle d'une seule voix. N'essayez pas de nous diviser [...], on est unis et on va rester unis, a-t-il lancé. Ne créez pas de la zizanie. Vous n'avez rien vu encore", dit le maire Tremblay.

    En tout cas, ça fait longtemps qu'on n'a pas entendu une chose pareille.

    Et puis, on sait très bien ce qu'il faudra surveiller, sur quoi il faudra demeurer très vigilants comme citoyens.
    Par exemple: "Si le ministère des Transports du Québec continue à investir dans l'expansion du réseau routier supérieur, l'objectif de freiner l'éparpillement urbain demeurera un voeu pieux", dit M.Rabouin.

    Mais il y a un plan! c'est réjouissant. On ne fera plus de gestion à la petite semaine, à la va-comme-je-te-pousse (ou à la va-comme-je suis-poussé-au-plus-fort-la-poche...).

    Il n'y a peut-être plus grands espaces vierges à développer, mais beaucoup d'aménagement à repenser. Bravo!