Échangeur Turcot - La Santé publique s'oppose à la présence d'aires de jeux et de jardins

Le ministrère des Transports suggère d’aménager les aires de jeux pour enfants et des jardins communautaires près du nouvel échangeur Turcot. Des consultations Internet à ce sujet sont en cours.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministrère des Transports suggère d’aménager les aires de jeux pour enfants et des jardins communautaires près du nouvel échangeur Turcot. Des consultations Internet à ce sujet sont en cours.

La Direction de la santé publique de Santé (DSP) s'oppose à l'aménagement d'aires de jeux pour enfants et de jardins communautaires à proximité du futur échangeur Turcot, tel que proposé par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir, jeudi dernier, le responsable du secteur Environnement urbain et santé de la DSP de Montréal, le Dr Louis Drouin, a souligné que les impacts néfastes de la pollution routière sur la santé de la population étaient maintenant bien documentés. Selon lui, il vaudrait mieux se contenter de planter des végétaux aux abords de Turcot de manière à créer une zone tampon entre les voies autoroutières et les habitations.

Rappelons que dans le cadre d'une consultation Internet qui se poursuivra jusqu'au 15 mars, le MTQ propose d'aménager des jardins communautaires, des parcs pour enfants et des terrains sportifs en contrebas des voies autoroutières du complexe Turcot, dans le secteur de Côte-Saint-Paul.

«Le principe de base — surtout en face d'une nouvelle infrastructure —, c'est de prévoir une zone tampon de 150 mètres, comme le suggèrent les Californiens. On pourrait être moins restrictifs sur l'implantation de zones industrielles ou commerciales, même s'il faut un minimum de murs et de zones végétalisées entre l'infrastructure autoroutière et les parcs industriels. Mais là, on parle d'aires de jeux où il risque d'y avoir des enfants sensibles à la pollution», a souligné le Dr Drouin.

Plusieurs études ont démontré les effets négatifs de la pollution automobile sur la santé de la population vivant à proximité d'infrastructures routières. Lors des consultations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), en juin 2009, le DSP avait d'ailleurs qualifié d'«inacceptable» le projet de reconstruction du complexe Turcot, qui augmentait la capacité routière de l'infrastructure. Le DSP avait alors fait valoir que 259 décès prématurés par année à Montréal étaient liés à la pollution provenant du transport.

«On l'a redit lors des consultations du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) l'automne dernier: on ne favorise pas la construction de domiciles à proximité de nouvelles autoroutes. Les gens vont nous dire: "Pourquoi a-t-on laissé bâtir des écoles ou des centres pour personnes âgées le long des autoroutes à Montréal dans les années 1960 et 1970?" Mais à cette époque, on n'avait pas toutes les connaissances qu'on a aujourd'hui», a rappelé le Dr Drouin.

Le 7 février dernier, le MTQ avait soutenu que les aménagements proposés seraient en retrait des voies de circulation et protégés par un mur antibruit. Mais le Dr Drouin estime que ce mur et la zone de végétation envisagés ne suffiront pas.

Les élus municipaux ont eux aussi émis de sérieuses réserves. Le cabinet du maire Gérald Tremblay a estimé que les aménagements proposés par le MTQ apparaissaient incompatibles avec la proximité de l'infrastructure routière.

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