Montréal juge «mensongères» les allégations de Louise Harel

Le président du comité exécutif de la Ville, Micheal Appelbaum, a qualifié les allégations de Louise Harel de «mensongères».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le président du comité exécutif de la Ville, Micheal Appelbaum, a qualifié les allégations de Louise Harel de «mensongères».

La Ville de Montréal a qualifié de «mensongères» les allégations faites hier par la chef de l’opposition, Louise Harel, concernant une histoire de prête-noms et d’usurpation de signatures.

Mme Harel dit avoir appris que des représentants d’une firme privée de gestion de projets, Macogep, auraient œuvré auprès de la Ville pour faire approuver des dépenses par des élus municipaux.

Pour parvenir à leurs fins, ces personnes auraient rédigé des sommaires décisionnels en utilisant l’identité d’employés de la Direction stratégique des transactions immobilières comme prête-noms.

Le président du comité exécutif de la Ville, Micheal Appelbaum, a qualifié ces allégations de Louise Harel de «mensongères». Soutenant que la chef de Vision Montréal était allée trop loin, il a affirmé qu’elle devrait songer à démissionner.

Le Syndicat des professionnelles et professionnels municipaux de Montréal a néanmoins reconnu avoir été contacté par un employé de la Direction stratégique des transactions immobilières. Cela dit, aucun grief n’aurait été déposé dans ce dossier.

De son côté, le président fondateur de Macogep, Louis-Yves Lebeau, exige une rétractation de la part de Mme Harel et n’exclut pas des recours légaux afin de rétablir sa réputation.

La chef de Vision Montréal maintient sa demande d’enquête, qui s’impose même davantage, selon elle, maintenant que le président du comité exécutif a reconnu que trois employés de la firme Macogep travaillent dans les bureaux de la Ville et qu’un employé a vu apparaître son nom sur un sommaire décisionnel dans un dossier qu’il ne connaissait pas.

Louise Harel a par ailleurs insisté pour préciser qu’elle ne mettait pas en doute les compétences de Macogep, mais qu’un changement de culture est plus que nécessaire en matière de gouvernance à la Ville de Montréal.
4 commentaires
  • MJ - Inscrite 3 février 2012 18 h 36

    On sent que Mme Harel dérange, tout comme le vérificateur externe de la Ville dérangeait alors qu'il effectuait son travail

    La menace de poursuite contre Mme Harel de la part du président fondateur de Macogep ressemble à une poursuite-bâillon que plusieurs acteurs politiques québécois utilisent défensivement contre leurs adversaires. On veut empêcher Mme Harel qui représente l’opposition officielle à la Ville de Montréal de critiquer les procédures internes suivies par la Ville. Embaucher des sous-traitants privés pour remplacer des employés permanents de la Ville qui sont indépendants ne peut que susciter le doute sur le travail fait par une firme privée qui n’est pas au-dessus de tout soupçon. La Ville de Montréal a perdu son expertise en génie-conseil, tout comme le gouvernement provincial, ce qui les rend perméables aux influences des intérêts privés qui se gavent de contrats publics. De là, les possibilités de collusion entre firmes de génie-conseil qui rédigent les appels d’offres des gouvernements et les entrepreneurs soumissionnaires, d’où en résulterait un gonflement des coûts des contrats publics. Cette culture politique, en ce qui regarde le maire de Montréal, Gérald Tremblay, un ex-député du PLQ et ex-ministre de l’Industrie et du commerce sous le gouvernement Bourassa, est commune à la famille libérale du gouvernement de Charest.

  • MJ - Inscrite 3 février 2012 18 h 39

    L'introduction de la sous-traitance privée dans nos gouvernements est coûteuse

    Cette tendance à introduire la sous-traitance dans les administrations publiques est de nature à nous interroger sur sa véritable raison d’être. Est-ce pour économiser des dépenses en ressources humaines à la Ville? Or, la Ville n’a plus son expertise d’antan en matière de génie-conseil en ayant perdu ses ingénieurs qui effectuaient ce travail et elle doit maintenant se fier sur des firmes privées. Le même problème se pose au niveau du gouvernement provincial. Certaines firmes de génie-conseil rédigent désormais les appels d’offre du gouvernement provincial et l’on a pu constater que les coûts des contrats publics en matière de construction ont grimpé, sous l’effet de la collusion et de la corruption, et ce, au détriment des contribuables. Le même phénomène se reproduit au niveau municipal. C’est à se demander si les élus au pouvoir ne récompensent pas leurs "amis" qui les ont fait élire et qui ont contribué à leur caisse électorale. Au bout du compte, la sous-traitance au privé encourage la pratique du copinage et des retours d’ascenseurs.

  • hugues2 - Inscrit 3 février 2012 22 h 57

    Mme Harel et une menteuse maintenant!

    J'ai bien de la misère avec cette administration à la mairie de Montréal, toujours mêlée à des dossiers qui font la une des journaux.

    Monsieur Tremblay vous n'êtes pas tanné? Une petite retraite, ça ne vous dit rien?

    À la longue ces "mensonges" que tous colportent au sujet de votre administration finissent par ressemble à des vérités...

  • Poirier Sylvie - Inscrite 4 février 2012 13 h 52

    Les allégations de Mme Harel ne sont pas mensongères.

    M. Duchesneau a identifié ce phénomène dans son rapport. Mme Harel ne fait que confirmer que M. Duchesneau a raison.