La gare Viger serait revendue

La gare Viger avait été vendue 9 millions, malgré une évaluation municipale qui fixait sa valeur à 14,7 millions.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La gare Viger avait été vendue 9 millions, malgré une évaluation municipale qui fixait sa valeur à 14,7 millions.

Un groupe d'investisseurs montréalais dirigé par l'homme d'affaires Phil O'Brien s'apprête à se porter acquéreur de la gare Viger vendue en 2005 par la Ville de Montréal à... Phil O'Brien et à ses partenaires financiers. Les futurs acheteurs souhaitent relancer le projet de complexe hôtelier qui n'a pu voir le jour en raison des problèmes financiers de ses propriétaires, Développement Télémédia et le Groupe Homburg.

Le maire Gérald Tremblay a révélé hier l'imminence de la transaction à l'occasion de la séance du conseil municipal au cours de laquelle les élus devaient entériner l'encaissement d'une garantie bancaire de 1 million. C'est l'incapacité de Télémédia à réinjecter des capitaux dans le projet au cours des trois dernières années qui a conduit la banque européenne, créancière hypothécaire pour 25 millions, à saisir la part de l'entreprise dans le bâtiment, a expliqué le maire. Désireux de relancer le projet d'hôtel sur le site, Phil O'Brien a sollicité des groupes d'investisseurs montréalais pour acquérir l'immeuble. Lorsque la transaction sera conclue, Télémédia et Homburg se retireront du projet.

Litigieux dossier


Le dossier de la gare Viger a fait la manchette à plusieurs reprises au cours des dernières années. En 2008, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, avait accusé le maire d'avoir conclu une vente au rabais et d'avoir fait preuve de «favoritisme» en cédant l'immeuble aux promoteurs pour 9 millions. L'évaluation municipale fixait alors la valeur de l'immeuble à 14,7 millions.

Le maire a de nouveau rejeté ces accusations hier. «Les investisseurs aguerris, soit Développement Télémédia et Homburg, vont perdre leur mise de fonds. On parle d'une quinzaine de millions de dollars», a-t-il indiqué lors d'une rencontre avec un groupe de journalistes.

Gérald Tremblay s'est également défendu d'entretenir des liens privilégiés avec le promoteur Phil O'Brien. «Il y en a qui ont véhiculé qu'il était derrière ma candidature comme maire de Montréal en 2001. C'est absolument faux. Il n'a jamais milité pour ma formation politique et je n'ai pas de relation privilégiée avec Phil O'Brien, a dit le maire. Je le connais comme un Montréalais qui a à coeur le développement de la métropole. Point à la ligne. Je ne suis jamais allé à un restaurant avec lui. On ne s'appelle pas sur une base régulière.»

Hôtel, prise 2

Joint par Le Devoir, Phil O'Brien a précisé que le coût d'achat de la gare Viger avoisinerait les 30 millions, mais il n'a pas voulu dévoiler l'identité des investisseurs avec qui il menait des négociations. Il soutient détenir des preuves que 42 millions ont bel et bien ont été dépensés sur le site, notamment pour retirer l'amiante du bâtiment.

Lorsque la transaction sera conclue, un projet hôtelier d'environ 400 millions de même nature que le précédent sera mis sur les rails. Outre l'hôtel, le projet comportera des commerces, des bureaux et de l'habitation répartis dans plusieurs nouveaux bâtiments d'une hauteur maximale de 18 étages, a indiqué M. O'Brien.

Quant à la transaction de 2005, il affirme qu'elle s'est faite dans les règles. «Il n'y a pas de faveur qui a été faite par le maire pour l'achat du terrain. On aurait dû payer moins cher que ça parce le terrain est contaminé avec des huiles souterraines», a soutenu M. O'Brien.

L'homme d'affaires affirme avoir perdu des sommes importantes dans le projet de la gare Viger jusqu'à maintenant. «Je ne fais pas ça pour les récupérer», a-t-il dit.

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