Travaux routiers: pas de répit sur le pont Champlain l'été prochain

Le nombre de week-ends de fermeture partielle du pont Champlain s’est établi à huit l’été dernier et ce chiffre est un minimum pour l’été 2012.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le nombre de week-ends de fermeture partielle du pont Champlain s’est établi à huit l’été dernier et ce chiffre est un minimum pour l’été 2012.

Les automobilistes de la région de Montréal n’auront aucun répit l’été prochain avec le pont Champlain qui sera partiellement fermé aussi souvent, sinon davantage, que l’été dernier.

Le nombre de week-ends de fermeture partielle s’est établi à huit l’été dernier et ce chiffre est un minimum pour l’été 2012, a indiqué le directeur général de la Société les ponts Jacques-Cartier et Champlain (SPJCCI), Greg Carlin, aujourd'hui, lors d’une rencontre technique à Montréal.

De plus, la société augmentera substantiellement le rythme des travaux sur les voies rapides dans le corridor du pont Champlain, soit l’autoroute Bonaventure du pont jusqu’au centre-ville et l’autoroute 15 du pont jusqu’à la sortir Atwater, multipliant d’autant les risques potentiels de congestion.

Pas de risque

M. Carlin a toutefois répété que l’infrastructure ne présente aucun risque.

«Ce pont est encore très sécuritaire. Il n’y a pas d’endroit où nous voyons, par exemple, qu’il y a une poutre en détresse ou un chevêtre en détresse. Nous n’avons pas rencontré des situations comme celles-là», a-t-il affirmé aux membres de la presse.

Selon lui, les travaux visent d’abord et avant tout à freiner le déclin de l’infrastructure, dont la durée de vie utile a été atteinte. «Toutes les mesures que nous prenons sont des mesures de prévention. Nous savons qu’il y a une détérioration qui se fait et nous devons compenser pour cette détérioration. Ce sont vraiment des mesures de mitigation de risques.»

Il a toutefois ajouté que la société ne permettrait d’aucune manière de voir la sécurité des usagers mise en péril. «Si jamais nous avons un doute sur la sécurité du pont, nous allons prendre les actions qui sont nécessaires. On fermera une voie, deux voies ou le pont au complet si jamais on se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne marche pas», a dit M. Carlin.

Des solutions inédites

En présentant le bilan des travaux réalisés et à venir, les experts de la société ont expliqué avoir développé des solutions inédites pour renforcer la structure, notamment l’ajout de systèmes d’arbalètes pour soutenir les côtés des dalles du pont, et de coffrages d’acier combinés au béton neuf pour rénover les poutres qui soutiennent la structure d’acier.

Bien qu’innovatrices, il ne s’agit là que de solutions de rapiéçage temporaire devant permettre d’allonger la durée de vie du pont Champlain pour les dix années que doivent prendre la construction d’une nouvelle infrastructure.

Quant aux travaux eux-mêmes, la société a consacré cette année 33,3 millions pour le pont, travaux réalisés sur le tablier et sous le pont. Cette somme demeurera sensiblement la même l’an prochain, à 34 millions.

Il en va tout autrement pour les deux sections de voies rapides qui constituent, avec le pont, le «corridor Champlain». Ainsi, l’enveloppe pour les travaux sur l’autoroute 15 entre le pont et la sortie Atwater, qui était de 4,2 millions en 2011, explosera pour atteindre 19 millions l’an prochain.

Autoroute Bonaventure

Quant à l’autoroute Bonaventure, celle-ci subira également une intensification des travaux alors que le budget passera de 7,2 millions l’été dernier à 11 millions pour les réparations prévues en 2012.

La société a profité de l’occasion pour annoncer qu’elle entreprendra en 2013, en collaboration avec Environnement Québec, la construction d’un mur souterrain et d’une usine de traitement des eaux afin de retenir et de traiter les eaux contaminées qui s’écoulent des terrains situés dans le Technoparc le long de l’autoroute Bonaventure.

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