La STM se dit en faveur du péage

Le gouvernement fédéral laisse entendre que les revenus du péage du futur pont ne serviront à financer que sa construction.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le gouvernement fédéral laisse entendre que les revenus du péage du futur pont ne serviront à financer que sa construction.

La Société de transport de Montréal (STM) est favorable à l'implantation de péages dans la région de Montréal, mais son président, Michel Labrecque, estime que la moitié des sommes ainsi recueillies devraient être consacrées au transport en commun.

Les péages gagnent des appuis chez les résidants de la région métropolitaine. Selon un sondage dévoilé hier par Radio-Canada, 69 % d'entre eux y sont favorables contre 46 % à Toronto et 39 % à Vancouver. Et près de quatre répondants sur dix souhaitent que la moitié des revenus soit investie dans les transports collectifs.

Ces résultats n'étonnent pas Michel Labrecque. «Les péages reviennent, qu'on le veuille ou non, avec les nouveaux ponts et les nouvelles infrastructures, a-t-il commenté hier. Mais à mon avis, ça prend des péages qui couvrent l'ensemble du réseau autoroutier et de routes nationales pour que ça se tienne.»

Il réclame aussi que 50 % des revenus des péages soient consacrés au transport en commun, même sur le futur pont Champlain. Or, le gouvernement fédéral, qui est propriétaire de cette structure, a plutôt laissé entendre que les revenus du péage du futur pont Champlain serviraient à financer sa construction et rien d'autre.

Michel Labrecque n'en démord pas. «Dans les discussions qui se font avec Québec et les maires de la Rive-Sud, on parle de la nécessité de créer un axe de transport collectif sur Champlain. Les autobus articulés du Réseau de transport de Longueuil sont pare-chocs à pare-chocs Ça nous prend un mode qui dépasse le bus articulé, un mode lourd, et celui-ci devrait être financé à même la cagnotte de ce péage-là», croit M. Labrecque, qui inaugurait hier deux nouvelles voies réservées rue Notre-Dame et avenue Saint-Patrick.

«Arrêtons de tataouiner»

À l'Hôtel de Ville, la chef de l'opposition a pressé le maire Tremblay de mettre en place «dans les meilleurs délais» les péages dont il parle depuis près de quatre ans. «Arrêtons de tataouiner», a-t-elle dit. Lors de la séance du conseil municipal, Gérald Tremblay a reconnu que le projet avait cheminé lentement, mais qu'un consensus se profilait: «Les partenaires, soit la mairesse de Longueuil, le maire de Laval et les représentants des couronnes nord et sud, sont maintenant favorables à analyser, de façon accélérée, le péage métropolitain.»

Mais les élus municipaux ne sont pas les seuls avoir vouloir leur part du gâteau, et le maire a déploré que l'Agence métropolitaine de Montréal (AMT), lors du dévoilement de son plan stratégique la semaine dernière, ait évoqué la possibilité de réclamer une hausse de la taxe sur l'essence pour financer ses propres projets de transport. «Si on avait la complicité de l'opposition sur la taxe d'accise sur l'essence, ce n'est pas l'AMT qui demanderait la taxe d'accise sur l'essence, a dit le maire. Il ne faudrait pas que le monde municipal soit perdant et que le gouvernement donne à l'AMT, pour ses projets de 17 milliards, notre taxe d'accise sur l'essence.»

À voir en vidéo