Rapport de consultation publique - Un PMAD avec plus de mordant

Après avoir entendu les critiques et les propositions des municipalités, de Québec et des organisations au sujet du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD), les commissaires recommandent à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) de donner plus de mordant à son projet.

La date butoir pour l'adoption du plan, soit avant la fin de 2011, arrive si vite que les recommandations publiées hier sont déjà en train d'être intégrées au plan, a expliqué la présidente de la commission de l'aménagement à la CMM, Helen Fotopulos. En fait, les recommandations donnent une idée assez juste du plan final.

Dès le départ, le PMAD recommandait l'élaboration d'une stratégie globale sur 20 ans pour les 82 municipalités de la région montréalaise afin de développer des quartiers résidentiels plus denses, de planifier le transport et de protéger le territoire. La question du «gel» du dézonage de terres agricoles pour cinq ans avait d'ailleurs fait réagir les maires de la couronne nord qui s'y sont opposés.

Le nouveau plan, qui devrait être déposé le 8 décembre au conseil de la CMM, maintiendra ce gel du périmètre urbain, mais intégrera la question du financement des municipalités, ainsi qu'une demande d'investissement du gouvernement du Québec pour la réalisation des objectifs du plan. Les commissaires recommandent aussi le développement d'un réseau pour les déplacements à vélo ou à pied dans toute la région et la création d'une ceinture verte, maintes fois demandée lors des audiences publiques. La question de l'intégration de logements sociaux au projet devra aussi être étudiée.

Le rapport de la commission établit également que «des objectifs chiffrés de protection des bois ainsi que des milieux humides, aquatiques et riverains» devront être déterminés.

Selon Helen Fotopulos, «c'était presque unanime d'être plus ambitieux». «Il fallait sortir des façons de faire de l'autre siècle.»

Plusieurs groupes ont demandé hier à la CMM d'aller plus loin que ce que recommande la commission. C'est le cas de l'Union des producteurs agricoles, qui espère une plus grande protection des terres agricoles.

Or, les recommandations publiées hier constituent les bonifications à venir. Peu d'espoir donc que le plan aille plus loin. «Non, ça va être essentiellement ça», a indiqué Mme Fotopulos, rappelant que les ajouts représentent des compromis à partir des avis de toutes les parties consultées.

La vingtaine de groupes qui signait une déclaration il y a deux semaines pour demander un plan plus audacieux espère tout de même que la version définitive intégrera un gel du périmètre urbain sur 20 ans, ainsi qu'un frein au développement routier. Ces éléments ne font pas partie des recommandations publiées hier. «Le rapport de consultation démontre bien qu'au-delà des intérêts particuliers de quelques-uns, le Grand Montréal doit prendre le taureau par les cornes pour mettre un frein à l'étalement urbain et à un mode de développement insoutenable», ont déclaré les signataires, dont Vivre en ville et la Fondation David Suzuki.

À voir en vidéo