Montréal - Le Plan d'aménagement applaudi

Plusieurs organisations en environnement et en aménagement urbain ont demandé hier l'adoption rapide du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD). Il faut d'ailleurs lui donner plus de mordant, croient-elles.

Contrairement aux maires de la couronne nord, qui jugent que le PMAD sera inefficace pour limiter l'étalement urbain, ces organisations l'applaudissent. Le plan présenté ces dernières semaines lors de consultations publiques prévoit entre autres un moratoire de cinq ans sur la transformation de terres agricoles en terrains constructibles, ainsi que le développement de quartiers à haute densité. Le plan sera appliqué pendant 20 ans.

Dans une déclaration commune dévoilée hier, les signataires exhortent la Communauté métropolitaine de Montréal d'adopter le PMAD avant la fin de l'année, et demandent au gouvernement du Québec d'assumer son leadership pour s'assurer que le plan, dans sa version définitive, soit cohérent et suffisamment clair pour que la région de Montréal se développe selon les principes de l'aménagement durable.

«On veut rappeler à Québec qu'il a un mot à dire pour forcer des modifications, comme la création d'une ceinture verte autour de Montréal, explique le directeur général de Nature Québec et signataire, Christian Simard. Pour l'instant, on n'a pas de politique nationale de l'aménagement, il y a plein de zones floues dans les règles qui laissent place à l'improvisation.»

Outre la création de la ceinture verte, le groupe propose que le moratoire pour les zones agricoles soit imposé pour les 20 prochaines années et qu'aucun compromis ne soit accordé pour satisfaire les détracteurs du plan. Il souhaite également qu'un frein soit mis au développement routier pour plutôt investir dans les transports collectifs.

«On est à un moment crucial à Montréal: on prend le virage du développement durable ou on ne le prend pas, estime le directeur du Centre d'écologie urbain de Montréal, Luc Rabouin. On veut s'assurer qu'on le prenne, surtout que le gouvernement du Québec a une orientation claire dans le même sens que nous.» M. Rabouin faisait ici référence à un avis du gouvernement sur le projet, qui souligne sa priorité de doter Montréal d'une planification d'aménagement durable.

Au lieu de se faire concurrence sur la vente de terrains qui doivent parfois être pris dans des zones agricoles, le président de l'Ordre des architectes du Québec et autre signataire de la déclaration, André Bourassa, souhaiterait que les municipalités se fassent concurrence sur de nouveaux types de quartiers densifiés. «Quand on me dit que les gens ne sont pas prêts pour ce type de quartier, je n'achète pas. Les jeunes générations qui ont grandi avec IKEA et qui cherchent à gagner du temps pour le passer en famille sont prêtes pour ça.»

Parmi les signataires de cette déclaration se trouvent aussi Équiterre, la Fondation David Suzuki et les Conseils régionaux de l'environnement de Montréal et Laval.