Montréal, métropole ouverte

Montréal a versé hier sur son portail des informations sur 13 thèmes, par exemple la liste des entraves à la circulation et les résultats de comptage sur les pistes cyclables.
Photo: - Le Devoir Montréal a versé hier sur son portail des informations sur 13 thèmes, par exemple la liste des entraves à la circulation et les résultats de comptage sur les pistes cyclables.

Montréal est devenue une «métropole ouverte», hier après-midi, en rendant accessibles une première série de données publiques sur Internet. Au cours des prochains mois, la banque de données numériques s'enrichira et la Ville espère qu'elle inspirera des développeurs d'applications informatiques.

Montréal est devenue la première institution publique au Québec à prendre le virage des données ouvertes, a fait valoir Alain Tassé, conseiller associé au président du comité exécutif.

À 14h hier, des informations sur 13 thèmes ont été versées sur son portail (donnees.ville.montreal.qc.ca). Y figurent notamment des données concernant la localisation des casernes de pompiers et de postes de police, les conditions de ski dans les parcs nature, les résultats électoraux de 2009 par sections de vote, la liste des entraves à la circulation et les résultats de comptage sur les pistes cyclables.

«Notre objectif est de libérer plusieurs dizaines d'ensembles de données dans les six prochains mois», a indiqué Martin Lefebvre, chef de division, Internet et médias sociaux, à la Ville de Montréal. Les données seront mises à la disposition du public au fur et à mesure qu'elles seront rendues «manipulables» pour les concepteurs de logiciels. Montréal s'attend à ce que ceux-ci laissent libre cours à leur imagination pour créer des applications du type de Zone cône, Patiner Montréal et Resto net. «D'une façon indirecte, la Ville sera capable d'offrir de nouveaux services aux citoyens par la mise en réseau de tout ce monde-là», soutient M. Lefebvre. À titre d'exemple, des concepteurs pourraient créer des logiciels sur les restaurants en fonction des inspections effectuées par la Ville ou des applications liées à la circulation ou aux événements culturels, ajoute-t-il.

«Certains développeurs choisiront de l'offrir gratuitement sur le Web, d'autres, de la commercialiser. Cela ne nous cause aucun problème parce que ces données sont publiques, gratuites et appartiennent à tout le monde», a précisé Alain Tassé.

Premier ou dernier?

Bien qu'il salue le pas franchi par la Ville, le conseiller de Projet Montréal dans le district Étienne-Desmarteau, Marc-André Gadoury, estime que Montréal a mis bien du temps à lancer le projet. «L'administration dit que Montréal est la première ville québécoise à rendre ses données ouvertes. Mais c'est la dernière des grandes villes canadiennes à le faire. Je ne pense pas qu'on soit à l'avant-garde avec ce qui a été présenté», dit-il.

La nature des informations rendues accessibles hier ne l'impressionne guère. «La promesse des données ouvertes, c'est d'ajouter de la transparence dans l'appareil gouvernemental», rappelle-t-il. La localisation des casernes de pompiers ou les heures d'ouverture des patinoires sont déjà des informations publiques. Selon lui, il faudra que la Ville mette en ligne des documents budgétaires ou des sommaires décisionnels pour prétendre à une plus grande transparence.

Questionné à ce sujet, Alain Tassé croit que de tels documents pourraient se retrouver plus tard sur le portail de la Ville. «Je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas rendus disponibles», a-t-il dit.

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