Pas de nouvelle école à L'Île-des-Soeurs

Le projet de construction d'une nouvelle école primaire dans un parc de L'Île-des-Sœurs est mort et enterré. Le maire de l'arrondissement de Verdun, Claude Trudel, a annoncé hier qu'il renonçait à la tenue d'un référendum compte tenu du nombre élevé d'opposants à avoir signé le registre mercredi. La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) ne pourra pas compter sur la Ville de Montréal pour lui trouver un autre terrain, a-t-il dit.

M. Trudel estime avoir épuisé tous les moyens à sa disposition pour accommoder la CSMB: «Un référendum aurait été coûteux et aurait risqué de perturber pour plusieurs mois le climat qui est déjà mauvais à L'Île-des-Soeurs, a-t-il indiqué. Il n'y a pas d'autre terrain public disponible à L'Île-des-Soeurs pour l'école et l'arrondissement n'achètera pas de terrain privé pour le céder à la commission scolaire.»

Un amendement

Avec l'appui du député libéral de Verdun, Henri-François Gautrin, l'arrondissement entend demander au gouvernement du Québec des amendements législatifs afin que de telles situations ne se reproduisent plus. «Il m'apparaît antidémocratique que 4 % de la population puisse sceller le sort d'une école ou d'une institution à L'Île-des-Soeurs ou ailleurs. Les référendums tels qu'ils existent avec des zones contiguës sont tout à fait adéquats pour régler des problèmes très locaux, mais pas dans les cas où il s'agit d'une école ou d'un centre sportif, par exemple», a-t-il expliqué.

M. Trudel reconnaît qu'il faudra maintenant rétablir un climat plus serein à L'île-des-Soeurs: «En 50 ans de politique, je n'ai jamais vu une campagne où la désinformation était aussi intense. Ce que je n'accepte pas, c'est le ton avec lequel ça s'est fait et l'agressivité. Ç'a été presque du harcèlement à un moment donné.»

Le président du comité «Sauvons notre parc», Mario Langlois, s'est dit satisfait de la décision de l'arrondissement, mais il a rejeté les accusations du maire concernant l'agressivité présumée des opposants au projet.

Selon lui, la Ville devra examiner plus sérieusement d'autres sites potentiels. D'ici là, il croit possible qu'un arrangement puisse être conclu avec un «partenaire» afin que des locaux soient mis temporairement à la disposition des élèves de L'Île-des-Soeurs l'an prochain.

La CSMB n'a toujours pas pris de décision quant à la suite à donner au dossier. «Pour nous, le problème demeure entier», a indiqué hier Jean-Michel Nahas, porte-parole de la CSMB.

De son côté, la ministre de l'Éducation n'a pas l'intention d'aider financièrement la CSMB dans l'achat d'un terrain. «On a donné 10,5 millions pour l'école. En mai dernier, le maire Trudel avait garanti un terrain. Maintenant, c'est à la commission scolaire de trouver un terrain et s'entendre avec la municipalité», a soutenu l'attaché de presse de Line Beauchamp, Dave Leclerc.
3 commentaires
  • Christian Nadeau - Abonné 28 octobre 2011 07 h 49

    Mais qu'est-ce que c'est que cette planification?

    C'est très difficile de comprendre, comment il se fait qu'un arrondissement se dit dans l'obligation de gruger des parcs pour accueillir des écoliers. Pourtant, il y a des lustres que l'arrondissement planifie le développement résidentiel sur l'Île des Soeurs. C'est vraiment renversant. Tout cela était prévisible. Il y a un hic à quelque part et je souhaite que les journalistes trouvent des réponses. Pourquoi en sommes nous venus à vouloir sacrifier nos parcs? Deuxièmement, n'est-il pas normal d'acheter un terrain pour construire une école? Troisièmement, quelle quel valeur accordons-nous à nos espaces verts?

  • Charles F. Labrecque - Abonné 28 octobre 2011 09 h 03

    Faire payer les responsables.

    Avec se refus, la commission scolaire doit s'assurer que toutes les dépenses additionnelles occasionnées pour le transport des élèves et autres, leurs soient imputées par une taxe spéciale. Ceci pour éviter que se soit tout les contribuables de cette commission soient pénalisés.Le même principe devrait s'appliquer si la commission décide d'acheter un nouveau terrain.

  • Lydia - Inscrit 28 octobre 2011 11 h 17

    Un stationnement à la place d'une école

    Triste réalité que celle du Pas dans ma cour ! Ce beau projet de parc-école n'allait pas détruire un parc, au contraire. L'école devait être construite sue le stationnment, le chalet (qui aurait été intégré à l'école et accessible aux utilisateurs de la piscine durant l'été) et une partie du parc à chiens. le parc aurait été bonifié et les espaces verts augmentés en fermant la rue de la Fontaine à la circulation et en la transformant en espace vert. Ce parc-école était un projet dont je rêvais pour mes enfants.

    Les opposants ont fait une campagne de propagande et répandu des faussetés monstrueuses. Ils ont ignoré et discrédité la Comission scolaire, l'arrondissement, les politiciens, le Ministère et les parents.