Montréal va de l'avant avec les travaux de l'autoroute Bonaventure

Les travaux préparatoires de la phase 1 du projet de l’autoroute Bonaventure devraient débuter à l’automne et s’échelonneront sur les cinq prochaines années.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les travaux préparatoires de la phase 1 du projet de l’autoroute Bonaventure devraient débuter à l’automne et s’échelonneront sur les cinq prochaines années.

La grogne des automobilistes au sujet de la congestion routière et les critiques des partis d'opposition n'empêcheront pas l'administration de Gérald Tremblay d'aller de l'avant avec son projet de réaménagement de l'autoroute Bonaventure. L'administration, qui vient de recevoir l'aval du conseil municipal pour un emprunt de 71 millions, a indiqué que la structure routière ne sera pas démantelée avant 2013 ou 2014.

«On ne voit pas pourquoi l'opposition tient tant à arrêter les projets de développement. Il y a un an, on se faisait accuser d'immobilisme à Montréal. Maintenant qu'il y a plein de projets et que nous allons de l'avant, on voudrait tout retarder», a soutenu le responsable du développement au comité exécutif, Richard Deschamps.

Les travaux préparatoires de la phase 1 du projet devraient débuter à l'automne et s'échelonneront sur les cinq prochaines années, a-t-il précisé. Il s'agira notamment de procéder à des travaux de voirie et d'infrastructures. On profitera de l'occasion pour construire un nouveau bassin de rétention et pour réhabiliter le collecteur William. «La mise à terre de l'autoroute, ça va être l'acte final», a expliqué M. Deschamps.

Richard Deschamps estime qu'il vaut mieux entreprendre le réaménagement de Bonaventure avant que les travaux de l'échangeur Turcot ne commencent. Et comme on ignore encore quel sort sera réservé au pont Champlain, rien ne sert d'attendre, croit-il.

Les partis d'opposition ne sont pas de cet avis, jugeant plutôt qu'un chantier supplémentaire ne fera qu'aggraver les problèmes de congestion routière. «L'administration a besoin de sauver les meubles et de défendre ce projet-là bec et ongles alors que celui-ci n'a pas sa raison d'être maintenant», estime le maire de l'arrondissement du Sud-Ouest et membre de Vision Montréal, Benoit Dorais.

Selon le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, le projet devrait être mis en veilleuse en raison, notamment, de ses coûts élevés et des questionnements au sujet de la gouvernance du projet piloté en collaboration avec la Société du Havre de Montréal. «Suspendez tout sur le dossier Bonaventure jusqu'à ce que la prochaine administration fasse son choix et accouche d'un projet mieux éclairé», a-t-il dit.

Rappelons que le conseil municipal de Montréal a approuvé à la majorité, lundi soir, un règlement d'emprunt de 71 millions pour la première phase du projet Bonaventure.