Hausse des droits de scolarité - L'ASSÉ se dit victime d'un profilage politique

Me Véronique Robert et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’ASSÉ, en conférence de presse, hier à Montréal<br />
Photo: François Pesant - Le Devoir Me Véronique Robert et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’ASSÉ, en conférence de presse, hier à Montréal

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) compte traîner le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) devant la Commission des droits de la personne afin de le forcer à mettre fin aux activités de «l'escouade GAMMA», qui cible les «mouvements marginaux» et les «anarchistes».

La fonction de ce projet de Guet des activités et des mouvements marginaux et anarchistes (GAMMA) «bafoue de manière flagrante» l'article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne, qui stipule que «toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur [notamment] les convictions politiques», a fait valoir hier le porte-parole de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois.

L'étudiant estime que les quatre arrestations faites dans la foulée de l'occupation des bureaux du ministre des Finances, Raymond Bachand, le 24 mars, puis de ceux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), le 31 mars, avaient un «caractère politique».

M. Nadeau-Dubois appréhende d'autres arrestations, alors que l'ASSÉ s'apprête à sonner la mobilisation contre l'augmentation des droits de scolarité. «Jamais n'aura-t-on vu, dans un service de police, une volonté si claire et si assumée de casser les reins du mouvement étudiant non seulement en arrêtant ses militants et ses militantes, mais en visant précisément ses représentants élus», à la veille d'une «lutte historique» pour préserver l'accès aux études postsecondaires.

«On ne peut pas empêcher la police d'intervenir lors de manifestations qui tournent mal. On ne peut pas empêcher la police de surveiller des manifestations, mais que la police enquête de manière continue sur des jeunes qui sont militants, c'est très troublant et c'est très épeurant», a ajouté Me Véronique Robert, de la Ligue des droits et libertés.

Pas une escouade

Le ministre des Finances avait annoncé, lors du dépôt de son dernier budget, que les droits de scolarité (2168 $ en 2011-2012) seront haussés de 325 $ par année à partir de l'année scolaire 2012-2013.

Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, s'affairait hier à reprendre ceux qui définissait GAMMA comme une escouade. «Je ne veux pas jouer sur les mots. Quand on parle d'une "escouade", ça vient avec un budget et une équipe. Dans le cas présent, c'est vraiment un projet; il y a un début et une fin», répétait-il. Le projet GAMMA a été «activé» lors de la manifestation du 1er mai, au cours de laquelle sept policiers «avaient été attirés dans un guet-apens», puis malmenés. Il n'a rien à voir avec les manifestations étudiantes de la fin de mars, a-t-il assuré.

Ce sont des enquêteurs du centre d'enquête sud qui ont mis le grappin sur les trois hommes et une femme, au lendemain de l'occupation des bureaux de Raymond Bachand et de la CREPUQ, et non ceux qui se sont vu confier le projet GAMMA. «Les gens n'ont pas été arrêtés en raison de leur affiliation politique, mais parce qu'ils ont commis des actes criminels», a-t-il poursuivi, balayant du revers de la main les accusations de l'ASSÉ selon lesquelles la police suit à la trace les figures de proue du mouvement étudiant. «Les gens qu'on surveille, ce sont les gens qui commettent des actes criminels.»
12 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 19 juillet 2011 04 h 53

    Aucun doute.

    Et ils ont absolument raison de le penser. La politique conduit à tout, même des policiers à faire ce qu'ils croient être leur devoir de contrer ce qui les dérange.

    Ça ne les dérange pas eux, les policiers exécutants. Ça dérange des gens plus haut qu'eux qui obéissent au impératif d'un système politique.

    Quant aux étudiants, ils ne sont pas obligés de jouer les naïfs dans tout ça. Ils apprennent dans leur cours, souvent de science po, qu'on cherche à faire d'eux des marionnettes.

    Qu'est-ce qui se cache derrière la trame de ces conflits? C'est le catéchisme de la religion (qui n'est pas une science!) économique.

  • Assez merci - Inscrit 19 juillet 2011 05 h 18

    Histoire!


    Ceux qu ont lus l`histoire sur la montée du Nazi, les chemises brune en Allemagne y verront ici la montée de la Gestapo d`Hitler `à la canadienne!

    Autre époque, même histoire qui se répète....

    Notre gouv. harper espionne nos fax. nos courriels, nos converstions téléphoniques, nos écrits dans les blog et journaux et cela depuis assez longtemps.

    Depuis longtemps, les syndicats, les partis politique on été infiltrés mais là c`est tout ceux qui on des choses à dire contre le système, le gouvernement.
    Le G-8 et g-20 en est une preuve du quoi les autorités sont prêtes à aller pour faire taire la population.

    Les coupures, leur programme d`autérité pour faire payer les travailleurs pour la crise fabriqué par les banques et financiers RESTE À VENIR, petit à petit.
    On ne veut pas la révolte du peuple comme en Grèce et ailleurs alors vient le rôle de la Gestapo pour protéger le régime de droite, du bon capitaliste et pour qui ????

  • André Michaud - Inscrit 19 juillet 2011 09 h 13

    le travail des policiers

    ça fait partie du travail des policiers de surveiller des groupes pouvant "possiblement" inciter à des actes criminels (manifs illégales, bris de propriété...). Ne pas le faire serait irresponsable de leur part.

    En autant qu'on empêche pas les citoyens de s'exprimer, il n'y a rien de nazi à cela. Certains voient des nazis partout...

  • Jacques Morissette - Inscrit 19 juillet 2011 09 h 50

    La mise en cause d'un régime policier.

    J'ai lu récemment un petit bout de texte qui reflète quelque peu ce que ces étudiants décrivent: «Plusieurs thèmes semblent interdits d'expression argumentée sur les grands médias : parmi d'autres, la dénonciation du capitalisme, l'ampleur des inégalités, la contestation de la croissance, la mise en cause du régime policier.» (H. Kempf, L'oligarchie, ça suffit, France, Seuil, 2011, 187 p., p. 104)

  • Michel Richard - Inscrit 19 juillet 2011 09 h 56

    Vague d'arrestations ?

    Si je comprend bien, trois (peut-être quatre) membres de l'ASSE se sont fait arrêter au cours des derniers jours. Ils sont accusés d'avoir commis des actes criminels et des preuves vidéo existeraient.
    Où est le scandale ? L'appartenance à une association étudiante ne procure pas une licence à enfreindre la loi ! Si des preuves sérieuses existent que des lois ont été brisées, le scandale serait de ne pas arrêter les suspects.