Un pavillon satisfait les Richler

Les médias anglophones du ROC se sont indignés que la Ville de Montréal honore la mémoire de Mordecai Richler en rebaptisant un «minable pavillon» du nom de l'écrivain, plutôt qu'une rue ou un parc. Mais ce choix satisfait la famille, qui a l'habitude des controverses.

Le pavillon en question est un kiosque à musique situé sur le mont Royal, dans l'axe de la rue Duluth. Il n'a pas fière allure, mais il sera complètement restauré d'ici l'été 2012 et deviendra une tribune pour orateurs et écrivains.

Pour le National Post notamment, la décision de nommer ce pavillon du nom de Mordecai Richler est une «insulte» pour l'écrivain. «S'il était né dans une autre province que le Québec, les idées pour honorer sa mémoire n'auraient pas manqué, comme renommer une rue ou une école, écrivait récemment le National Post. Au lieu de cela, les élus montréalais ont décidé qu'il n'aurait droit qu'à un minable pavillon sans lien avec l'auteur. Un endroit où les gens vont pour se protéger de la pluie. Pas une toilette publique, mais pas loin.»

Noah Richler attribue les réactions indignées de la presse anglophone à des informations incomplètes qui ne tenaient pas compte du projet de restauration de la structure. «Des gens de Toronto disent qu'ils auraient rebaptisé une rue ou un parc du nom de mon père, mais ils ne l'ont pas fait encore», fait remarquer le journaliste et essayiste, qui était à l'hôtel de ville hier pour signer le Livre d'or de la Ville.

Pas d'attentes


Le fils de Mordecai Richler affirme que la famille n'avait pas d'attentes à l'égard des honneurs qui pourraient être rendus à l'écrivain décédé il y a 10 ans. «Dans une province aussi riche du point de vue culturel [...], je suis content que des élus aient eu le courage d'honorer mon père.» Noah Richler insiste d'ailleurs sur le profond attachement qu'avait le polémiste pour la culture québécoise et pour sa ville d'origine. «Ses racines étaient à Montréal», répète-t-il.

Rappelons qu'en novembre dernier, les élus montréalais Marvin Rotrand et Michael Applebaum avaient suggéré qu'une rue, un lieu public ou un édifice soit nommé en l'honneur de Mordecai Richler, mais la proposition avait été rejetée par l'administration du Plateau-Mont-Royal dirigée par Luc Ferrandez. Il avait ensuite été question de baptiser une ruelle du nom de l'écrivain. Cette fois, c'est la famille qui a refusé. C'est finalement un pavillon qui portera son nom. «Je crois qu'il aurait été content», estime Noah Richler.
1 commentaire
  • Henry Fleury - Inscrit 7 juillet 2011 05 h 40

    Lies my father told me

    Probablement que Mordecai Richler n'a jamais mis les pieds sur le mont Royal, ni sur la Côte placide où se situe le pavillon, juste derrière Chez Claude, le coin gai de la Montagne, aujourd'hui à côté des tam tam, mais dret à côté de la statue de Georges-Étienne Cartier grand mangeur de laine sur le dos des Canadiens-français, pointant son regard accusateur vers l'Est de la Ville. Mais c'est pas grave un mensonge de plus ou de moins. Il ne manquerait au fond qu'une buvette pour contenter l'auteur de la rue St-Urbain... et un crachoir.