Prolongement du métro: un partenariat possible avec le privé

Un partenariat financier avec le secteur privé pourrait même permettre d’envisager d’autres projets de métro dans la région métropolitaine.
Photo: Jacques Nadeau – Le Devoir Un partenariat financier avec le secteur privé pourrait même permettre d’envisager d’autres projets de métro dans la région métropolitaine.

Les prochains projets de prolongement du métro de Montréal pourraient se réaliser en partenariat avec le secteur privé. C’est ce qu’a suggéré ce matin le président-directeur général de l’Agence métropolitaine de transport, Joël Gauthier, qui fait valoir qu’une telle alliance permettrait non seulement de diminuer les coûts pour le gouvernement, mais également de réduire les échéanciers.

«Il ne faut pas exclure d’emblée les méthodes alternatives pour financer les infrastructures et, dans ce sens-là, s’il y avait des modes alternatifs qui étaient acceptables pour tout les partenaires, ça pourrait accélérer la réalisation des projets», a expliqué M. Gauthier, en marge d’une conférence de presse sur un projet de covoiturage à Laval.

S’il refuse de parler de la formule de partenariat public-privé (PPP) telle qu’on la connaît, Joël Gauthier évoque d’autres types d’alliances. À titre d’exemple, la construction des tunnels du métro pourrait être financée par le secteur privé, qui en demeurerait propriétaire, et la Société de transport de Montréal (STM) pourrait y faire rouler ses rames de métro selon une entente de location d’une durée de 30 ou 40 ans, a suggéré M. Gauthier.

«Il y a aussi des types de construction clés en main qui permettent de réduire les coûts et les échéanciers. Donc, il y a plusieurs scénarios qui sont sur la table», a indiqué M. Gauthier.

«Ça se fait partout dans le monde, a-t-il poursuivi en citant les nouveaux projets de métro de Londres, Paris, New York et Toronto réalisés avec des partenaires privés. Selon lui, le Québec accuse un retard en cette matière: «Ça fait 40 ans qu’on fait les choses de cette façon-là. Donc, on continue comme ça et le gouvernement paie 100 % de la facture. En réalité, on est un peu en retard sur la façon de construire et de financer nos infrastructures. Je pense que la réalisation du pont de la 25 est un très bon exemple. Ce pont a été construit à l’intérieur de l’échéancier et à l’intérieur du budget. Il n’y a pas eu de dépassements de coûts.»

Joël Gauthier estime qu’un partenariat financier avec le secteur privé pourrait même permettre d’envisager d’autres projets de métro dans la région métropolitaine. «Le métro, comme mode de transport, est le moyen le plus structurant pour une ville et une région. Et c’est le plus efficace au niveau des déplacements», a-t-il rappelé.

M Gauthier croit possible que le métro puisse être prolongé dans des délais plus serrés. «Je pense que le 375e anniversaire de la Ville de Montréal [en 2017] pourrait être une bonne cible.»

Rappelons qu’en 2009, le gouvernement du Québec a mis sur pied un bureau de projet chargé d’examiner les prolongements de trois lignes de métro, soit ceux de la ligne bleue vers Anjou, de la ligne jaune à Longueuil, et de la ligne orange à Laval. Mais les maires des trois villes ne s’entendent pas sur les lignes à prioriser. Alors que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, plaide pour le prolongement de la ligne bleue, la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, estime que la Rive-Sud a été trop longtemps négligée. Quant au maire de Laval, Gilles Vaillancourt, il croit possible de réaliser les trois projets simultanément.




 
3 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 29 juin 2011 15 h 00

    En fait les PPP ou autres privatisations du public

    ne sont qu'un report du payement, un poussage de dette en avant, ce sont juste des jeux d'écriture qui permet au élu actuel de pas être le méchant qui a appauvri le Québec...

    Quelqu'un finance un projet, le réalise, prend son bénéfice et son coût de financement et demande à chaque usagé de payer une taxe déguisée qui est minime, mais répétitive assez pour que cela représente de gros profit... sur le total.

    Le gouvernement à pas levé de nouvelle taxe directe, mais autorise un privé à se rembourser et plus directement de la poche des contribuables...

    La grande différence c'est qu'on soit riche ou pauvre on paye le même prix pour l'usage d'un bien public...

  • Jean Francois - Inscrit 29 juin 2011 16 h 27

    Privé v.s. Public

    Dans le coin droit nous avons une entité privé qui a comme but de faire des profits sur son investissement.

    et

    Dans le coin gauche nous avons le public qui a lui pour mission de trouver la meilleurs solution au moindre cout.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 juin 2011 19 h 08

    un partenariat entre urbains et banlieusards

    «Il ne faut pas exclure d’emblée les méthodes alternatives pour financer les infrastructures[...] s’il y avait des modes alternatifs qui étaient acceptables pour tout les partenaires, ça pourrait accélérer la réalisation des projets».

    Il faut impérativement accélérer la réalisation de projets de transport en commun : il faut étendre les lignes de métro (la ligne bleue est déja creusée jusqu'à Pie-IX et il ne reste que la station à construire) ; il faut étendre les lignes de train de banlieue, et il ne manque pas de rails existants pour étendre le réseau (le train de l'est qui est déja construit, dans sa portion montréalaise, depuis longtemps ; on peut penser au rail qui fait la frontière entre les arrondissements Plateau et Rosemont ; on peut penser au terrain acheté par le gouvernement de Québec pour lier le terminus Deux-Montagnes jusqu'à l'aéroport Mirabel, dont la gare est construite, et duquel on pourrait au moins se servir du stationnement).

    Par contre, la ou je diverge de la proposition de J.Gauthier, est la propriété des infrastructures ; une des raisons pourquoi on ne peut avoir un réseau qui a de l'allure, par une fréquence de trains accrue au long de la journée, sont les redevances EXORBITANTES qu'imposent les tycoons ferroviaires. On doit rester propriétaires ; J.Gauthier connait les problèmes qu'apporte n'être que locataires. Qu'on exige, lors d'appel d'offre, que les dépassements de couts et d'échéanciers soient la responsabilité du contacteur privé.

    Comme montréalais, je crois qu'il serait mieux de subventionner l'entrée gratuite sur l'ile que de payer plus de frais de voirie, instaurer un péage d'un billet de stm/amt par personne en voiture (2 par siège inoccupé), d'ainsi assurer la demande pour accroitre l'offre et de subventionner l'entrée gratuite, et de baisser le cout d'un billet (ayant beaucoup plus de billets pour le même budget).

    Guillaume Blouin-Beaudoin