Rapport sur le Bixi - Gérald Tremblay accuse Louise Harel de «complicité» avec le vérificateur

La chef de l’opposition, Louise Harel <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La chef de l’opposition, Louise Harel

Le débat entourant le dossier du service de vélo en libre-service Bixi a pris une tournure inattendue hier au conseil municipal lorsque le maire Gérald Tremblay s'en est pris à la chef de l'opposition, Louise Harel, l'accusant de «complicité» avec le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron.

Alors que Louise Harel l'interrogeait sur le rapport du vérificateur général déposé la veille — dans lequel on apprenait que le ministère des Affaires municipales exigeait de la Société de vélo en libre-service (SVLS) qu'elle se départisse des activités de Bixi à l'étranger —, le maire a laissé entendre que la chef de l'opposition entretenait des «relations privilégiées» avec le vérificateur.

En décembre dernier, a-t-il expliqué, le directeur de cabinet de Mme Harel, Ré Jean Séguin, aurait communiqué avec le vérificateur pour connaître ses disponibilités, car il souhaitait que M. Bergeron aide les élus à préparer leurs questions en prévision de la séance du conseil municipal du 13 décembre, séance au cours de laquelle le financement de Bixi devait être discuté. Cette demande aurait vraisemblablement été interceptée dans le cadre de l'espionnage des courriels du vérificateur général.

«Les accusations du maire sont gratuites et non fondées et très inquiétantes. C'est comme si, en panique, il est prêt à dire n'importe quoi», a indiqué par la suite Mme Harel. Elle a affirmé que la correspondance entre l'opposition et le vérificateur au cours de la dernière année ne concernait que des demandes d'information ou de vérification.

Louise Harel a réclamé que le maire retire ses paroles, mais le nouveau président du conseil, Harout Chitilian, pour qui c'était le baptême de feu, a préféré laisser passer l'incident. «Notre confiance en lui est très ébranlée», a dit la leader de l'opposition, Anie Samson.

Invité à commenter les accusations de «complicité» entre l'opposition et le vérificateur, le porte-parole de Jacques Bergeron, Gilles Corriveau, s'est borné à dire que ces propos avaient été tenus dans «l'arène politique».

Doutes


Les partis d'opposition continuent de reprocher au maire d'avoir tenu les élus dans l'ignorance au sujet de l'abandon éventuel des activités de Bixi à l'étranger lorsque le plan de sauvetage de 108 millions a été soumis au conseil municipal le 17 mai dernier. Or, la question a été évoquée par le maire et par le président du conseil d'administration de la SVLS, Roger Plamondon, lors d'une séance plénière tenue ce jour-là, mais cette information est passée inaperçue.

Hier, Gérald Tremblay a assuré que les Montréalais ne feraient pas les frais d'une vente des actifs de Bixi à l'étranger: «Dans un premier temps, ça va nous permettre de libérer les endossements de 71 millions. Dans un deuxième temps, on va négocier avec l'acquéreur éventuel pour réduire de façon importante le prêt de 37 millions. L'objectif, c'est de continuer à donner un service de qualité à l'ensemble des Montréalais sans demander un effort additionnel aux contribuables.»

Pour sa part, l'opposition a demandé d'entendre le vérificateur au sujet de son rapport lors d'un comité plénier le 22 août prochain.
6 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 22 juin 2011 07 h 36

    Mieux vaut être complice du vérificateur que des entrepreneurs

    La mairie de Montréal, cette île dans l'île, est un haut lieu de schizophrénie pour la Montréalaise inquiète.
    Elle pense qu'en ouvrant la porte de l'Hôtel de ville, elle entendra des cris déchirants et hystériques, qu'elle verra se courir dans les corridors des conseillers en jaquette blanche, que le maire est habillé en fou du Roi des entrepreneurs, monsieur X ou A..., et que celui-ci, règne là-bas sur un trône en se curant les dents.
    La croisière s'amuse et s'entretue dans la ville en ruines.
    S'il vous plaît, détrompez la citoyenne de cette vision délirante.

  • michel benoit - Inscrit 22 juin 2011 07 h 52

    Factures cachées pour 75 millions et un acheteur américain déjà en attente

    L'administration Tremblay cache toujours les factures reliées à Bixi totalisant 75 millions ( 50 millions en 2010 et 25 millions pour l'acquisition des immobilisations ).

    Dans les états financiers de la Société de vélo en libre-service, on a qu'une seule colonne qui fusionne les dépenses pour les activités locales et étrangères. En lisant les états financiers, il devient impossible de comprendre ce qui s'est passé en 2010 entre les activités locales et internationales.

    On a des postes comme dépenses d'exploitation, dépenses d'administration, frais de vente.....on semble cacher les annexes qui devraient expliquent le total des postes.

    On se rend compte maintenant qu'il y a des liens très serrés entre Alta Bicycle Share ( un acheteur potentiel pour les activités internationales de Bixi et un des deux finalistes pour l'obtention du contrat à New York ) et la Société de vélo en libre-service.

    Alta Bicycle Share et la Société de vélo en libre-service ont implanté Bixi à Melbourne, Washington et bientôt Boston.

    Le 3 juin dernier, Le Journal New York Times indiquait qu'Alta Bicycle Share avait des problèmes financiers avec ses opérations déficitaires Bixi à Montréal. 4 jours plus tard, le Journal a fait une correction en disant que c'était la Société de vélo en libre-service ( un fournisseur de vélos ) et non Alta Bicycle Share qui était en difficultés financières.

    Alison Cohen, présidente de Alta Bicycle Share, vient confirmer qu'elle adore le produit et veut en faire l'acquisition.

    Au cours des prochains mois, la Ville de Montréal et la Société de vélo en libre-service devront aller en appel public de propositions

    Michel Benoit

  • Pierre Samuel - Inscrit 22 juin 2011 09 h 51

    «Faudrait mettre un homme là-dessus!» (dixit Richard Desjardins)

    Comment notre ineffable magistrat qui «ne sait rien, ne voit rien, n'entend rien» peut-il également être en mesure d'expliquer que, même à l'origine, la gestion des bixis était du ressort de la Chambre de commerce de Montréal?

  • Jude-Jean - Abonné 22 juin 2011 10 h 11

    Les $ c'est pour le privé

    C'est comme ça depuis toujours. Ça marche ? On vend aux américains !

    Si le volet international est potentiellement si lucratif (sinon pourquoi intéresserait-il les Américains ?), ne pourrait-on pas combler ainsi les opérations de Montréal qui, semble-t-il, sont déficitaires ?

    Après tout, Bixi et Société de vélo en libre-service n'ont-ils pas vus le jour grâce à l'argent des Montréalais ?

    Mais bien sûr, s'il y a de l'argent à faire, c'est pour le privé !

    Une enveloppe brune avec ça Monsieur le Maire ?

  • Marc Leduc - Abonné 22 juin 2011 14 h 04

    La pub sur les Bixis...pourquoi déjà ? Peut-être une prime au rendement ?

    Monsieur le maire de Montréal esquive encore les questions de fond, s'attaquant aux procédures ayant mené à la vérification administrative de l’organisation Bixi.
    On apprenait hier la liste des irrégularités touchant la gestion de cette organisation.

    Ce qui nous ramène, et c'est un petit détail dans le fatras administratif de l'organisation, à la publicité placardant ces vélos.

    Un éditorialiste de La Presse, M. Cardinal, écrivait en avril passé que la pub sur ces vélos témoignait d'une saine gestion minimisant les risques financiers. Ne s'appuyant sur aucune donnée, il suggérait que les revenus publicitaires permettaient un coût abordable pour les usagers.
    On apprenait plus tard que des mises à pied étaient effectuées dans l'organisation Bixi, que ses dettes se chiffraient par dizaines de millions, que le déficit d'opération était de 7 millions. Il m’apparaît clair que M. Cardinal affichait plutôt une vision idéologique, et financière à courte vue, sans considération sociale.
    On pourrait maintenant plutôt croire que les revenus publicitaires sont une goutte d’eau dans le budget total de l’organisation Bixi.

    L’intérêt pour le Bixi tient à des raisons pratiques, bien sûr. Son succès pour les usagers tient aussi à des valeurs associées à la santé, au respect de l’environnement. La pub transforme plutôt ces usagers en porteurs de valeurs commerciales et de consommation. Pour une poignée de dollars publicitaires, que les entreprises finissent par faire payer au public, les usagers sont devenus des « Monsieurs sandwich » dans les rues. Étant connu maintenant le coût total du projet Bixi, la pub sur les vélos est une aubaine pour les entreprises impliquées; et, c’est l’argent public qui paye pour la quasi totalité du véhicule de cette publicité.
    Comme perversion, c’est réussi.
    Comme cerise sur le gâteau, les administrateurs de Bixi auront-ils peut-être une prime au rendement, pour cette entrée d