Le plan de sauvetage de Bixi est adopté

Roger Plamondon<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Roger Plamondon

Plongé dans des difficultés financières par le privé après seulement deux ans d'existence, le service de vélos Bixi a été remis en ordre hier par le soutien public de la Ville de Montréal.

En effet, le concert des critiques de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal n'a pas barré la route à l'adoption du plan de sauvetage de la Société de vélo en libre-service (SVLB). Cette dernière bénéficiera d'une aide de 108 millions de dollars, dont une garantie de prêt de 60 millions, un prêt de 37 millions pour éponger les dettes accumulées et 11 millions de crédits supplémentaires.

«On nous fait ramasser les pots cassés», a lancé Louise Harel, chef de l'opposition officielle. «C'est le public au service du privé à 100 %. On devient une banque», a-t-elle ajouté.

Richard Bergeron, de Projet Montréal, a également déploré la situation où l'«on nous demande de prendre 37 millions des taxes des Montréalais pour faire semblant de croire au succès commercial international, mondial et interplanétaire de Bixi». Selon M. Bergeron, Bixi devrait devenir un service public à part entière, ce qui imposerait de la transparence dans sa gestion.

Tout au plus, les élus ont-ils obtenu hier une séance plénière. Trois dirigeants de SVLB, dont le président, Roger Plamondon, ont répondu aux questions du conseil municipal pendant une heure.

Un bel avenir

Sur la défensive, M. Plamondon a fait l'éloge de Bixi avec un débit accéléré et en gesticulant sans arrêt. Il a parlé d'une entreprise rentable, qui était promise à un bel avenir outre frontière.

C'est d'ailleurs pour se propulser à l'étranger que Bixi «a besoin d'équilibrer la situation financière», a-t-il expliqué. La SVLB a un problème de liquidités pour la période de transition qui se situe entre le moment où un contrat de vente a été conclu, ce qui entraîne le paiement des fournisseurs (construction des vélos, entre autres), et celui où les clients internationaux (Londres, par exemple) reçoivent les équipements et honorent la facture.

Roger Plamondon a aussi affirmé avoir fait des démarches pour obtenir un financement auprès du gouvernement du Québec. Cela n'a pas fonctionné parce que, selon lui, Bixi est une «bibitte étrange», qui «ne fite pas» dans les programmes existants.

Par ailleurs, il a été invité à s'expliquer sur l'embauche de sa conjointe. M. Plamondon a vanté ses compétences et a fait une déclaration qui a déclenché l'hilarité générale: «Ça m'a permis d'avoir toujours la vérité sur ce qui se passait, parce que mon épouse ne se gêne jamais pour me parler».

Quant au fait que le siège social de SVLB soit dans des locaux appartenant à Construction Broccolini, dont il est lui-même le vice-président, M. Plamondon a donné l'assurance qu'il s'était retiré de l'assemblée chaque fois que ce genre de décision a été pris.

Invité à commenter la situation, le maire Gérald Tremblay a banalisé ce style de gestion, le justifiant par la nécessité de prendre «des décisions rapides». Louise Harel a conclu la plénière sur un ton ironique, en soulignant que M. Plamondon «est un bon vendeur». Quant au maire, il a surtout vu que Bixi faisait face à «un défi de croissance».
20 commentaires
  • Michel Simard - Inscrit 18 mai 2011 00 h 22

    On va augmenter les taxes encore

    Les Montréalais sont déjà surtaxés et là il faut subventionner des entreprises déficitaires. Qu'on ferme boutique ou qu'on augmente les tarifs du Bixi. Pas étonnant que 25 000 personnes décident de quitter la ville de Montréal chaque année. Mais le maire Tremblay n'a rien vu...

  • Centre de documentation SFPQ - Inscrit 18 mai 2011 00 h 30

    Est-ce légale

    « Aide de 108 millions de dollars, dont une garantie de prêt de 60 millions, un prêt de 37 millions pour éponger les dettes accumulées et 11 millions de crédits supplémentaires. »
    Est-ce que la Ville de Montréal a les pouvoirs d'assurer des garanties de prêt et d'effectuer également un prêt à une entreprise?

    Le parallèle entre l'amphithéâtre de Québec (ville de Québec et PKP) me semble avoir des similitudes.

  • Carole Dionne - Inscrite 18 mai 2011 00 h 54

    C,EST BEAU LE BIXI, MAIS LE CASQUE, QU,EN FAIT-ON?

    La SAAQ se tue à répéter aux jeunes qu'il faut mettre un casque en vélo. La même chose pour les adultes. Mais avec un BIXI, aucun danger? Ce n,est pas un vélo, c'est un char d'assaut.

  • J.-Christophe Austin - Inscrit 18 mai 2011 01 h 30

    J'appuie Bixi, mais...

    Mais, je ne comprends pas pourquoi les Montréalais doivent payer les factures pour installer Bixi dans d'autres villes comme Boston et London. Selon moi, je crois que ces villes devraient payer tout ça, pas les Montréalais.

  • Christian Feuillette - Inscrit 18 mai 2011 03 h 24

    Scandale de la pédale

    Désolé, mais cela sent la magouille, le copinage, les dépassements de coûts, bref de la mauvaise administration à la limite du frauduleux. C'est dommage car c'était un bon projet à la base et une belle réalisation. Je ne serais pas surpris que, lorsqu'on aura le rapport du vérificateur en juin, on voit des énormités, gaspillage et surtout salaires juteux versés à une pléthore de cadres supérieurs superflus faisant partie du même cercle des "tinamis" de la clique en place à l'Hôtel de Ville. Et c'est encore nous, les cochons de payeurs de taxes, qui vont engraisser tous ces profiteurs.

    Christian Feuillette