Les toits verts prouvent leur efficacité

Le CEUM a aménagé un toit vert sur un duplex de la rue Jeanne-Mance.<br />
Photo: CEUM Le CEUM a aménagé un toit vert sur un duplex de la rue Jeanne-Mance.

Les toits verts auraient la propriété de réduire de 91 à 99 % l'entrée de chaleur par la toiture en période estivale. C'est ce qu'a découvert le Centre d'écologie urbaine de Montréal (CEUM), qui a comparé pendant un an la performance d'un toit vert et celle d'un toit traditionnel.

Bien qu'il existe de nombreuses études sur les toits verts dans le monde, aucune n'avait encore été réalisée dans le contexte montréalais. Pour y remédier, Sébastien Jacquet, ingénieur en construction écoresponsable, et son équipe ont installé 48 sondes sur le toit vert aménagé par le CEUM sur un duplex de la rue Jeanne-Mance. Le toit était divisé en trois sections: la première couverte d'un jardin irrigué, la seconde d'un jardin non irrigué et la troisième ne comportait aucune végétation.

Après avoir compilé les données recueillies pendant plus d'un an, M. Jacquet a observé que la verdure sur le toit réduisait substantiellement l'entrée de chaleur par la toiture, de 91 % pour le toit vert non irrigué et de 99 % pour le toit irrigué. Les données ont également démontré qu'en période hivernale, le toit vert avait la propriété de laisser échapper entre 27 % et 38 % moins de chaleur qu'un toit traditionnel.

En plus de leurs avantages énergétiques et de leurs vertus dans la lutte contre les îlots de chaleur, la présence d'un toit vert a pour effet de prolonger la durée de vie des toitures puisque la membrane d'étanchéité est exposée à des écarts de température moins importants et en période de grande chaleur, la température maximale est réduite de 25 %.

Le coût

Le hic, c'est que pour des immeubles de type plex dont la construction remonte à une centaine d'années — comme il en existe tant à Montréal —, l'aménagement d'un toit vert peut être fort coûteux puisque ces bâtiments ne sont pas conçus pour supporter une telle charge et leur charpente doit être renforcée. Le toit vert expérimental construit par le CEUM a coûté 80 000 $, a admis Owen Rose, président de l'organisme. «Mais on aimerait que le code de construction de la Ville soit modifié pour que les structures des nouveaux bâtiments soient dorénavant capables de supporter des charges supplémentaires», a-t-il indiqué.

La Ville a entrepris d'harmoniser son code de construction et entend bonifier ses exigences en matière de développement durable, a indiqué hier le responsable du développement durable au comité exécutif de la Ville, Alan DeSousa. De nouvelles normes pour favoriser l'aménagement de toits verts sur les immeubles neufs feront partie des éléments examinés, mais M. DeSousa n'a pas voulu prendre d'engagements fermes à cet égard.

Et les toits blancs? Ils sont moins coûteux que les toits verts et ils ont l'avantage de n'absorber que 15 % de la chaleur solaire, tandis que les toits noirs en absorbent jusqu'à 90 %, mais il faut être prudent, estime Owen Rose: «Les toits blancs ne gardent pas leur beauté blanche. Il faut bien choisir les emplacements pour que les gens n'aient pas une vue sur un toit blanc qui devient un toit sale», a-t-il précisé avant de recommander le gris pâle.