Cruauté envers les animaux - Berger blanc perd deux contrats

La SPCA croit que la Ville devrait se doter de son propre service animalier. «Il faut que la Ville cesse de subventionner l’euthanasie et regarde le contrôle animalier de façon proactive», estime sa porte-parole, Alanna Devine.<br />
Photo: Agence Reuters Alessia Pierdomenico La SPCA croit que la Ville devrait se doter de son propre service animalier. «Il faut que la Ville cesse de subventionner l’euthanasie et regarde le contrôle animalier de façon proactive», estime sa porte-parole, Alanna Devine.

Dans la foulée de la controverse entourant la fourrière Berger blanc et des mauvais traitements infligés aux animaux, deux arrondissements montréalais ont décidé de ne plus faire affaire avec l'entreprise et se sont tournés vers la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).

L'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG) a résilié mardi son contrat avec l'entreprise. C'est la SPCA qui prendra la relève, et une entente a déjà été conclue avec l'organisme sans but lucratif.

Il y a deux mois, l'arrondissement avait commencé à recevoir des plaintes au sujet de Berger blanc, et la diffusion du reportage troublant de l'émission Enquête de Radio-Canada, il y a deux semaines, a incité le maire Michael Applebaum à mettre un terme au contrat. «Une clause du contrat nous permettait de le résilier avec un avis de 30 jours», a-t-il indiqué.

L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal a pour sa part décidé de ne pas renouveler le contrat de Berger blanc qui prendra fin le mois prochain et a entrepris des négociations avec la SPCA.

Huit autres arrondissements montréalais et plusieurs villes de la région métropolitaine ont recours aux services de Berger blanc et pourraient imiter CDN-NDG et le Plateau. Rappelons que la Ville de Boucherville a déjà suspendu son contrat avec l'entreprise.

Avec sa capacité d'accueil limitée, la SPCA ne sera peut-être pas en mesure d'accepter d'autres mandats, a indiqué hier Alanna Devine, porte-parole de l'organisme. Elle croit que la Ville devrait se doter de son propre service animalier. «Continuer à travailler avec des fournisseurs à but lucratif qui bénéficient de la surpopulation d'animaux ne réglera pas le problème. Il faut que la Ville cesse de subventionner l'euthanasie et regarde le contrôle animalier de façon proactive», dit-elle.

Québec serre la vis

Berger blanc s'est fait rappeler à l'ordre par Québec, qui a décidé de lui imposer des règles plus sévères en matière d'euthanasie. Toutes les euthanasies devront être réalisées sous la «supervision étroite et directe» d'un vétérinaire selon un horaire précis afin que le ministère puisse assurer une surveillance étroite de ces activités, a fait savoir le ministre de l'Agriculture, Pierre Corbeil, hier. «Toutes les euthanasies doivent être effectuées avec sensibilité et compassion, par une personne autorisée à poser cet acte», a-t-il dit.

Rappelons que Berger blanc fait l'objet d'enquêtes de la part du ministère de l'Agriculture, de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec et du Service de police de la Ville de Montréal, mais, pour l'instant, aucune accusation n'a été portée contre l'entreprise.