Gérald Tremblay réclame à son tour un nouveau pont Champlain

Gérald Tremblay<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gérald Tremblay

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, réclame à son tour le remplacement urgent du pont Champlain. Il propose que la nouvelle structure soit construite en partenariat public-privé avec un péage pour les automobilistes et des voies réservées pour un système léger sur rail (SLR).

M. Tremblay a présenté sa position hier matin, à la sortie de l'assemblée du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) formée des 102 municipalités de la région. Les élus ont adopté une résolution pour presser les gouvernements du Canada et du Québec afin qu'ils passent à l'action.

«Le plus vite possible», a d'abord lancé M. Tremblay avant d'ajouter que la décision était attendue pour «hier».

Il y a quelques jours, M. Tremblay se refusait pourtant à talonner Ottawa et Québec dans ce dossier. «Il y a deux façons de faire de la pression: aller sur la place publique, crier et faire des déclarations qui durent 24 heures ou encore, de faire ce que je fais: rencontrer les ministres, leur parler et les sensibiliser à l'urgence d'agir. C'est mon style, c'est ce que je préfère faire», a déclaré le maire vendredi dernier.

Hier, il est passé à l'offensive dans la foulée de ses collègues de la Rive-Sud, notamment, qui étaient déjà montés aux barricades depuis quelques jours. Ce changement de cap a fait dire à la chef de l'opposition officielle, Louise Harel, que «M. Tremblay a reçu la permission du ministre Sam Hamad qui, après avoir été lui-même évasif, a fait un virage à 180 degrés et dit que cela prenait une nouvelle structure. C'est ce qui a donné le leadership au maire qui lui manquait», a soutenu Mme Harel.

Tout en main

Chose certaine, Gérald Tremblay croit que les gouvernements fédéral et provincial ont tout en main pour aller de l'avant: étude de préfaisabilité pour un nouveau pont et études d'avant-projet pour un SLR dans l'axe de l'autoroute 10.

Sur ce dernier point, M. Tremblay a dit souhaiter que des mesures favorisant le transport en commun soient prises pendant le développement du projet de remplacement du pont Champlain. Il a d'ailleurs pointé vers l'utilisation possible de l'estacade qui longe le pont actuel. La veille, le ministre des Transports, Sam Hamad, a également reconnu qu'il fallait «avancer en parallèle» notamment sur les questions de transport collectif.

M. Hamad a également affirmé qu'une décision devait être prise avant l'été, même en considérant le déclenchement des élections fédérales et les changements inévitables qu'elles entraîneront.

«Il faut mettre en place des mesures de mitigation parce qu'il va y avoir une congestion importante. Si on veut minimiser les inconvénients, il faut favoriser le transport en commun», a répété le maire Tremblay, soulignant que la reconstruction du complexe Turcot et le projet de l'autoroute Bonaventure venaient accentuer le problème potentiel. Il est grand temps de «changer les mentalités» pour que la population se tourne vers le transport en commun, croit-il.

Par ailleurs, M. Tremblay a souligné que le manque d'empressement des gouvernements à agir est une question strictement financière. C'est dans cette logique qu'il a affirmé qu'un péage pourrait être mis en place sur le nouveau pont. «Les gens sont prêts à payer, a-t-il soutenu. Mais il faut leur offrir aussi le choix avec du transport en commun.»
7 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 25 mars 2011 06 h 44

    Avant de mettre des péageses en place

    Il faut offrir une alternative VIABLE ET ÉCONOMIQUE de transport en commun.

    Le défi est là, si aller en ville a deux personnes coûte plus que de prendre sa voiture, oublier le transport en commun qui sera toujours plus lent. Le temps d'attente, les trajets indirects pour rentabiliser le transport etc., allonge souvent d'une heure le trajet, ce qui rend quand on travaille le commun peu attrayant.

    Il y a deux alternatives!
    -Embouteiller la ville, comme le fait le maire et Charest, ( rue Notre Dame etc.) ce qui chasse les commerces qui ont besoins de transport pour fonctionner ou de passants pour vendre, on vide la ville de son rapport économique et de la masse de client qui rentabilise les commerces de rue.
    - Rendre le transport en commun accessible à tous, l'organiser pour qu'il atteigne la banlieue facilement et toute la journée et le soir ( pas rien qu'un horaire de travailleur de jour et rien les fin de semaine) et avoir des tarifs attirants.
    Dans une ville comme San Francisco, on vas très loin avec un billet à 2.00 ou son abonnement mensuel et les personnes de plus de 60ans ont un tarif à 0.75$, en plus de bon horaire et un mélange de train léger, Métro-tramway en sous sol en ville et en surface en dehors, autobus électrique et trolleybus.... Les automobilistes sont aussi gâtés par des autoroutes à 16 voix qui pénètre en ville, aller à 16h du centre ville à l'aéroport est fait sans encombrement!!! Les rue sont souvent à sens unique, ont vas en ville quand on veut y faire affaire, ce n'est pas un centre ville en beigne comme Chicago et bientôt Montréal, une banlieue attirante et un centre ville vide de sens sauf pour les piétons et cyclistes de l'île...

  • Fabien Nadeau - Abonné 25 mars 2011 07 h 50

    Allô!

    Monsieur Tremblay a mis un moment à entrer dans la parade. Probablement qu'il ne "savait pas" que le pont Champlain avait besoin d'être remplacé.

    Gage qu'il a reçu un coup de téléphone d'une compagnie de construction qui salive à l'idée de couler du béton pour une infrastructure gigangesque. Ben des bidous à faire...

  • André Boulanger - Inscrit 25 mars 2011 08 h 05

    Pour l'équité des usagers.

    Quand je prends les transports en commun, je paie une cotisation.
    Quand je prends la route, le pont, une rue, je devrais aussi payer une cotisation.

    Je ne comprends pas cet avantage que j'ai quand je suis dans une voiture et que je n'ai plus dans un autobus.

    Pourtant, entretenir une route coûte encore plus cher que l'entretient d'une ligne de métro.

  • alen - Inscrit 25 mars 2011 08 h 40

    De la collusion...

    La collusion, nous dit-on, c'est l'action d'entrepreneurs et/ou d'entreprises qui s'entendent pour fixer les prix dans certains marchés. Mais au figuré c'est aussi l'action de se regrouper pour hàter ou favoriser la réalisation de certains dossiers.

    Bien sûr, de voir tous nos bons maires de la région regroupés ensemble dans ce dossier n'indique pas nécessairement qu'il y a collusion entre eux, les firmes conseils et le constructeurs, Mais ça montre en diable la proximité qu'il y a entre eux!

  • Fernand Trudel - Inscrit 25 mars 2011 09 h 01

    Les décideurs manquent d"imagination

    Alors que Londres a décidé d'innover pour régler son problème de congestion et que les chinois s'attaquent à la congestiuon de trente de leurs villes, nous ici on arrive avec des solutions éculées et dispendieuses.

    Le MonoMétro de Londres est un exemple d'intégration intelligente d'un transport collectif qui diminue réellement la congestion. Pour les ponts le Monorail aérien peut s'installer en porte-à-faux après un pont et ne dérange pas les voies carossables utilisées comme le font les voies réservées.

    http://www.youtube.com/watch?v=YdHwcEu69Lo

    Le MonoMétro dont le réseau de 270 kilomètres de long sera complété pour les jeux olympiques de 2012 et ils affirment que cet équipement coûte 60% du coût de construction et l'emçntretien est presqu'inexistent car ces monoraiol sont automatisés. Le coût fait tiquer les gens de Bordeaux qui veulent instaurer de nouvelles lignes de tramway mais faute de fonds, ils regardent sérieusement l'expérience du MonoMétro de Londres.

    En Chine on a fait le même constat pour trente de leurs villes.

    http://www.chinadaily.com.cn/china/2011-03/01/cont

    Ici au Québec, un groupe de québécois, autour du Dr Pierre Couture, font la promotion du Monorail Trens-Québec. Une étude de l'IREC vient de déclarer que le coût de construction est le tiers du TGV et l'exemple de Londres démontre qu'il est aussi moins coûteux pour le transport collectif urbain.

    http://trensquebec.qc.ca/?Les_co