Gare Viger: l'évaluation foncière n'était pas pertinente, selon le maire Tremblay

Le maire Gérald Tremblay a commenté le dossier de la gare Viger en marge d’une conférence de presse qui avait lieu hier matin à l’aréna Camillien-Houde. Au cours de la dernière année, la Ville de Montréal a effectué d’importants travaux pour la modernisation de cet aréna afin, notamment, de remplacer l’ancien système de réfrigération au fréon par un système à l’ammoniac, moins dommageable pour l’environnement. La Ville a créé un fonds de 200 millions de dollars qui sera consacré à la mise aux normes des 34 arénas montréalais d’ici 2020.
Photo: - Le Devoir Le maire Gérald Tremblay a commenté le dossier de la gare Viger en marge d’une conférence de presse qui avait lieu hier matin à l’aréna Camillien-Houde. Au cours de la dernière année, la Ville de Montréal a effectué d’importants travaux pour la modernisation de cet aréna afin, notamment, de remplacer l’ancien système de réfrigération au fréon par un système à l’ammoniac, moins dommageable pour l’environnement. La Ville a créé un fonds de 200 millions de dollars qui sera consacré à la mise aux normes des 34 arénas montréalais d’ici 2020.

Le maire Gérald Tremblay a nié avec vigueur, hier matin, avoir exercé des pressions auprès des fonctionnaires de la Ville dans le dossier de la vente de la gare Viger. Si l'évaluation foncière de 14,7 millions de dollars a été biffée des documents présentés au conseil municipal en 2005, c'est parce que cette information n'était pas pertinente, a-t-il affirmé.

L'immeuble patrimonial a été vendu il y a cinq ans au coût de 9 millions à Développement Télémédia à la suite d'une «évaluation rigoureuse», a insisté le maire lors d'un point de presse. «Nous avons été très chanceux de trouver un promoteur qui était prêt à investir 9 millions et à assumer la décontamination de 13 millions», a-t-il dit.

Gérald Tremblay était furieux contre La Presse qui, dans son édition d'hier, a révélé l'existence d'un courriel signé par une analyste de la Direction du processus décisionnel et datant de juillet 2005. Ce courriel signalait qu'à la demande du maire Tremblay et du président du comité exécutif de l'époque, Frank Zampino, l'évaluation municipale du bâtiment ne devait pas apparaître dans les documents remis aux élus.

«C'est parce que l'évaluation municipale n'avait aucune importance, a dit le maire hier. Nous savions très bien qu'il y avait pour 13 millions de travaux à faire. Donc, les 14,7 millions n'étaient aucunement représentatifs.» Tout le monde aurait pu vérifier l'évaluation de la propriété, car cette information était publique, a-t-il ajouté. Le maire a rappelé qu'en 2000, la firme Desjarlais Prévost avait établi à 3 millions la valeur marchande de la propriété.

Un maire «très tanné»

Le maire a accusé La Presse de mener une campagne de dénigrement contre lui et de «dénaturer la vérité». «Je commence à être très tanné de l'acharnement sur ma crédibilité personnelle, a-t-il dit. C'est une des meilleures transactions que la Ville de Montréal a jamais faites.»

Depuis qu'il a acheté la gare Viger, le promoteur aurait dépensé 42 millions sur la propriété, notamment pour des travaux de décontamination, a-t-il précisé.

Rappelons que la gare Viger, construite en 1898, a logé des employés de la Ville avant d'être vendue, de gré à gré, à Développement Télémédia, l'un des actionnaires de Viger DMC International. Le promoteur souhaitait y construire un hôtel de luxe, des bureaux et des commerces, mais le projet tarde à démarrer.

Le fait qu'un des représentants de Viger DMC International, Philip O'Brien, ait contribué à la caisse électorale du parti Union Montréal à trois reprises au cours des dernières années avec des dons de 200 $, 500 $ et 1000 $, n'a eu aucune incidence sur la décision de la Ville de vendre l'immeuble, a affirmé Gérald Tremblay.

Le maire s'en est également pris au chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, qu'il a accusé d'être à la source des révélations de La Presse: «Il cherche de la visibilité parce qu'il n'en a plus», a-t-il lancé, faisant allusion à l'expulsion de M. Bergeron du comité exécutif en novembre dernier.

M. Bergeron a qualifié les accusations du maire de «diversion». Il persiste à dire que l'administration a vendu l'immeuble au rabais à un ami du parti Union Montréal et que la Ville aurait pu obtenir 40 millions, voire davantage, pour la propriété. Il en était venu à cette conclusion en 2008 après avoir comparé la vente de la gare Viger à d'autres transactions impliquant la Ville. M. Bergeron doute maintenant que le projet de 400 millions du promoteur se réalise un jour.

Applebaum à l'urbanisme

L'administration Tremblay a par ailleurs annoncé hier que c'est le maire de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Michael Applebaum, qui héritera du dossier de l'urbanisme au sein du comité exécutif à la suite du départ abrupt de M. Bergeron.

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