Le maire d'Ahuntsic quitte Projet Montréal

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron (au centre), en compagnie de Pierre Gagnier (à droite).<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron (au centre), en compagnie de Pierre Gagnier (à droite).

Pierre Gagnier, qui a été élu maire de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville sous la bannière de Projet Montréal à la dernière élection municipale, a fait savoir, hier, qu'il désertait sans avertissement les rangs du parti dirigé par Richard Bergeron.

Le départ de M. Gagnier est un coup dur pour l'équipe de M. Bergeron, notamment parce qu'il était, avec Luc Ferrandez, un des deux seuls candidats de Projet Montréal à avoir arraché la mairie d'un arrondissement le 1er novembre 2009.

Le maire d'arrondissement mettra en veilleuse le programme politique de Projet Montréal pour concrétiser des «idées de son cru» qu'il fera connaître prochainement.

«Quand on embrasse un parti, c'est un peu comme une religion, il faut suivre la ligne du parti. Mais moi, je suis plus à l'aise en étant moi-même. En étant "neutre", je pense que ça va faciliter ma tâche. Les gens vont voir que je n'ai pas de parti pris, que je n'obéis à aucune ligne de parti», a affirmé M. Gagnier.

Il estime qu'il pourra mieux diriger l'équipe d'élus municipaux en s'affichant comme un électron libre. «Les trois partis politiques [Union Montréal, Vision Montréal et Projet Montréal] sont représentés dans l'arrondissement. Ça tire un petit peu en avançant», a-t-il indiqué au Devoir.

Pierre Gagnier, qui avait été conseiller municipal des résidents de Cartierville de 1990 à 1998, a soutenu, hier, qu'il a abandonné Projet Montréal «en toute sérénité», soulignant que sa décision ne dépend pas d'un conflit de personnalités avec M. Bergeron. «Il est très bien», a dit Pierre Gagnier.

Dorénavant, le conseil d'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville sera constitué d'une seule représentante de Projet Montréal, Émilie Thuillier, d'un représentant de Vision Montréal, Étienne Brunet, de deux conseillers siégeant du côté des élus d'Union Montréal à l'Hôtel de ville de Montréal, Jocelyn Ann Campbell et Harout Chitilian... et d'un indépendant, Pierre Gagnier.

Celui-ci a communiqué la semaine dernière sa décision à M. Bergeron, mais l'a rendue publique seulement hier par voie de communiqué. «À cause des Fêtes, j'ai prorogé l'annonce pour ne pas lancer ça à la veille de Noël», a expliqué M. Gagnier.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, n'a pas réagi au départ de Pierre Gagnier. «On va laisser M. Gagnier s'expliquer», a affirmé le directeur de cabinet de la deuxième opposition à l'Hôtel de ville de Montréal, Joël Simard-Ménard. «[M. Bergeron] était très déçu, mais ma décision était ferme», a fait remarquer de son côté Pierre Gagnier.

Pierre Gagnier était également le porte-parole de Projet Montréal en matière d'administration publique, d'affaires gouvernementales et d'entretien hivernal, tout en étant le représentant des arrondissements du Nord de Montréal.

Mais il siégera, à partir de janvier, au conseil municipal de la Ville de Montréal à titre d'indépendant et «s'exprimera et votera au bénéfice de l'intérêt de la majorité de la population montréalaise».
7 commentaires
  • progressiste101 - Inscrit 28 décembre 2010 00 h 33

    Et d'un autre...

    Un autre qui change de chemise.
    Ce que cet article démontre bien est le trop grand nombre d'élus et de structures qui compose Montréal depuis que Tremblay est maire.
    Incroyable.
    Il faut presque lire l'article à deux fois pour comprendre qui est qui.
    Avec des structures identiques dans chaque ''arrondissement'', pas surprenant qu'il manque de l'argent, tout est siphonné pour tous ces élus... et que la Ville doit ensuite faire des économies de bout de chandelle en fermant des patinoires, et de bientôt voler d'autres sommes aux proprios de voitures.
    Lamentable.

  • André Boulanger - Inscrit 28 décembre 2010 09 h 18

    Une idée ne quitte jamais sa source.

    Ce qui importe dans cette histoire est que le gars suive sa conscience.
    Il va poursuivre son travail de toute façon, l'étiquette politique importe peu. S'il avait des idées progressistes, il va continuer à progresser dans la direction qui sert les intérêts communs.

    Ici, à Montréal, les programmes des partis politiques se ressemblent tous. Le mérite de Projet Montréal est sa vitesse de croisière à mettre les idées en pratique. Autrement dit, Projet Montréal ne niaise pas avec le puck, il lance et compte.

  • Jacques Lafond - Inscrit 28 décembre 2010 09 h 59

    La nouvelle de l'année ...

    Il est tout à fait évident que Pierre Gagné quitte Projet Montréal parce qu’il ne veut pas être associé à cet huberlu qu’est Luc Fernandez qui est aussi membre de Projet Montréal.

    De toute façon la démission de Gagné ne changera pas grand-chose. L’argent continuera d’être gaspillé pour ne pas dire volé.

    Les fusions de Harel et défusions de Charest. Quel gâchis. Quel gâchis.

  • mcamus - Abonné 28 décembre 2010 11 h 23

    Dommage ! ... et dommage local pour une transformation globale !

    Outre les raisons invoquées par le maire Gagnier et la difficulté de suivre la ligne d'un parti politique en général, cette démission montre peut-être aussi qu'il est difficile de fonctionner au niveau d'un arrondissement avec la ligne d'un parti dont le projet urbanistique nécessite une réforme complète de l'ensemble de la ville de Montréal : 1) transparence et rigueur administratives complètes, 2) démocratie participative, 3) priorité réelle aux transports en commun, 4) au logement social et 5) aux espaces verts, 6) revitalisation et 7) imposition adaptée pour rendre la ville plus attrayante aux familles, etc. Il est stressant d'appliquer localement et donc très incomplètement la ligne d'un programme global pour le XXIe siècle qui remet en question toute l'orientation passée et actuelle du développement de Montréal.
    Le maire Ferrandez est le maire le plus courageux et intègre de Montréal et il paie cela des potins et faussetés qui circulent sur ses politiques dès qu'elles d.rangent un peu l'ordre établi et, surtout, les gens qui influencent le plus le développement spatial de la ville.

  • mcamus - Abonné 28 décembre 2010 11 h 43

    commentaire sur l'apparente similarité des programmes des partis

    Quant à la similarité des programmes des partis invoquée par monsieur André Boulanger, c'est semble vrai si on écoute ce que les chefs avancent en campagne électorale, c'est moins le cas quand on lit les programmes, leurs priorités!! et leur conhérence intégralement.
    Dans les faits, il est évident que ce n'est pas le cas en pratique, comme avec l'échangeur Turcot, l'autoroute de la rue Notre-Dame, Griffin Town, etc.
    Ce n'était certainement pas le cas lorsque Projet Montréal a été fondé. Projet Montréal est le seul parti à avoir adopté dès sa fondation un code d'éthique et un programme de réforme de l'éthique municipale : c'est aussi le seul à n'avoir pas été impliqué dans des malversations, transactions douteuses et complicité avec des collusions et entreprises bénéficiant de contrats de Montréal.
    C'est aussi le seul parti qui n'ait pas changé sa ligne politique depuis sa fondation. Le maire Ferrandez et l'histoire du parti, de Richard Bergeron et de tous les candidats élus et non-élus de Projet Montréal le prouvent.
    C'est le seul parti parfaitement intègre, le seul parti qui ne soit pas influencé par des intérêts économiques privés, à avoir une caisse électorale propre (et donc petite...), le seul parti qui n'est lié ni au PLQ ni au PQ. En bref, PM est le seul parti qui ne soit pas opportuniste, qui représente les intérêts des Montréalais ordinaires et qui soit TOTALEMENT INDÉPENDANT.
    Non! Dans les faits et dans leurs programmes, Projet Montréal et les deux autres partis minuciapux d'importance diffèrent et divergent : ils ne défendent effectivement pas les mêmes intérêts.