Fusions-défusions - Les événements

  • En 1997, le maire de la Ville de Montréal, Pierre Bourque, réclame la fusion des municipalités de l'île de Montréal. Il remet un mémoire au gouvernement du Québec.

  • À la mi-octobre 2000, l'ancien haut fonctionnaire Louis Bernard suggère de fusionner les 28 municipalités de l'île de Montréal. «La réforme a été modifiée pour faire le bonheur de l'un et de l'autre. Finalement, elle n'a fait le bonheur de personne. Il y avait plusieurs villes de banlieue qui étaient prêtes à accepter mon rapport, mais je suggérais d'abolir un certain nombre de petites municipalités, notamment Hampstead et Montréal-Ouest. Elles ne voulaient absolument rien savoir de ça et elles ont réussi à convaincre leurs collègues de ne pas accepter le rapport», se rappelle-t-il.
  • La ministre des Affaires municipales, Louise Harel, dépose, un mois plus tard, le projet de loi 170 sur la réforme de l'organisation territoriale municipale des régions métropolitaines de Montréal, de Québec et de l'Outaouais, consistant à regrouper pas moins de 64 municipalités en cinq grandes agglomérations, soit Montréal, Longueuil, Québec, Lévis et Hull-Gatineau. «La réforme de Mme Harel sera aussi importante pour le Québec qu'ont été l'assurance automobile, la Loi sur le zonage agricole...», fait alors valoir le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard.Le gouvernement péquiste fonce. Il impose le bâillon à l'Assemblée nationale et fait adopter le projet de loi 170 en décembre 2000.
  • En novembre 2001, le chef de l'Union des citoyens et citoyennes de l'île de Montréal, Gérald Tremblay, est élu à la tête de la nouvelle ville de Montréal. La figure emblématique du mouvement fusionniste, Pierre Bourque, mord la poussière.
  • Montréal, «une île, une ville» voit le jour le 1er janvier 2002. Le territoire de Montréal est partagé en 27 arrondissements, qui ont la main haute sur les services de proximité — collecte des ordures, entretien des parcs, etc. — alors que la ville centre dirige les services majeurs, notamment le service de police.«À Paris, il y a 20 arrondissements. Imaginez 27! C'était beaucoup trop!», s'exclame le coauteur de l'ouvrage Montréal aujourd'hui et demain Pierre Delorme, qui se décrit néanmoins comme le premier universitaire à avoir défendu l'idée du projet «une île, une ville».
  • Le Parti libéral du Québec, qui a pourfendu sans merci le projet de fusions municipales, prend le pouvoir le 14 avril 2003. Cinq mois plus tard, le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, fait adopter sous le bâillon les projets de loi 9 et 33. Le projet de loi 9 établit les règles des référendums à venir, tandis que le projet de loi 33 octroie de nouveaux pouvoirs aux arrondissements. «Pour contrer les défusions, ils ont voulu renforcer le pouvoir des arrondissements, afin que les villes de banlieue se satisfassent d'un statut plus robuste. Ç'a marché dans certains cas», fait remarquer Louis Bernard. «Les arrondissements sont devenus, en 2003, des quasi-villes, avec élection du maire au suffrage universel, un pouvoir de taxation directe et un pouvoir d'embauche des employés», déplore aujourd'hui l'ancienne ministre Louise Harel.
  • À la fin de juin 2004, des référendums se tiennent dans 22 anciennes villes de l'île de Montréal. Quelque 15 claquent la porte. Les citoyens des autres arrondissements votent en majorité pour la défusion — sauf les LaSallois —, mais le taux de participation ne franchit pas le seuil minimal fixé par le gouvernement, soit 35 % des électeurs inscrits. Montréal réussit à sauver la mise en gardant dans son giron les arrondissements de Saint-Laurent, d'Anjou et de Pierrefonds-Roxboro, mais doit dire adieu à la majorité des arrondissements anglophones de l'ouest de l'île ainsi qu'à la petite enclave francophone de Montréal-Est.
  • L'île de Montréal compte, au 1er janvier 2006, 16 villes: Montréal — et ses 19 arrondissements — et 15 municipalités de banlieue.

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3 commentaires
  • Roger Sylvain - Inscrit 24 décembre 2010 07 h 20

    Ajout

    Vous avez oublié de mentionner que ces fusions forcées ont fait perdre au PQ le pouvoir depuis 2003.

    Vous avez aussi oublié de mentionner que, d'après un sondage recent, les citoyens sont satisfaits des services de proximités,gérés par les arrondissements.Par contre, les citoyens sont très peu impressionnés par la ville centre et l'agglomération qui elles sont sources de gaspillage et de disfonctionalité.
    Roger Sylvain

  • Mario Jodoin - Inscrit 24 décembre 2010 17 h 50

    Ajout (2)

    Il aurait aussi été bon de mentionner que les maires de banlieue ont refusé toutes les propositions de péréquation (ou de partage de dépenses) de Mme Harel avant qu'elle n'en arrive à imposer les fusions.

  • Micheline Gagnon - Inscrite 4 janvier 2011 08 h 35

    Vous avez aussi oublié de mentionner...

    Que ce sont, à l'exception de Montréa-Est, les villes les plus riches de l'île qui se sont défusionnées et que ces villes sont des bastions du PLQ.