Budget: les maires des banlieues critiquent Tremblay

Le maire Gérald Tremblay s'est fait passer un savon hier par les maires des banlieues de l'île de Montréal à l'occasion de l'adoption du budget de l'agglomération. Frustrés par l'explosion des dépenses en 2011, les maires des villes liées ont reproché au maire Tremblay d'avoir manqué de respect à ses «partenaires».

La mairesse de Baie D'Urfé, Maria Tutino, en avait gros sur le coeur. Prenant la parole lors de la séance du conseil d'agglomération hier matin à l'hôtel de ville, Mme Tutino a rappelé qu'au printemps dernier, elle avait été honorée par l'invitation du maire Tremblay de travailler à la préparation du budget 2011.

Aux côtés du maire de Westmount et des élus des partis d'opposition montréalais, Mme Tutino a participé aux travaux de la commission des finances, qui a tenu 45 réunions. Au terme du processus, un rapport «historique et non partisan» a été déposé, recommandant notamment au comité exécutif de limiter l'augmentation des dépenses au taux d'inflation, plus 1 %, a relaté Mme Tutino. Mais lorsque l'administration Tremblay a dévoilé le budget le 1er décembre, les maires de banlieues ont réalisé qu'aucune des recommandations n'avait été suivie et que le budget de l'agglomération avait grimpé de 7 %, a-t-elle ajouté.

«Vous nous avez fait perdre notre temps, du temps que nous aurions pu consacrer à s'occuper de nos villes. Cela démontre un manque total de respect à l'égard de vos partenaires. [...] Je crois que vous avez perdu beaucoup de crédibilité. Je ne sais pas comment vous allez faire pour la retrouver pour le budget 2012», a commenté Mme Tutino.

Le maire Tremblay a rétorqué que toutes les villes, y compris Laval et Longueuil, faisaient face à l'augmentation exponentielle des coûts liés aux caisses de retraite, aux services de police, à la sécurité incendie et aux transports en commun, et que la marge de manoeuvre dont disposait son administration était limitée. «On a respecté, dans la mesure du possible, les recommandations faites par la commission», a soutenu le maire. Il a promis que la Ville allait se pencher en début d'année sur l'épineuse question des régimes de retraite et il a réclamé la collaboration des villes liées. «Ce n'est pas le temps de quitter le bateau», a-t-il dit.

Les maires de banlieue ont voté contre le budget, mais la majorité écrasante de Montréal au sein de l'agglomération (87 % des voix) a eu facilement raison de leur opposition.
4 commentaires
  • Roger Sylvain - Inscrit 18 décembre 2010 06 h 52

    Logique,où es-tu?

    Les maires des banlieues ont raison d'être frustrés par la agissements de la Ville de Montréal.
    Cette Ville,par ses comportements désinvoltes,dilapide les fonds publics et en demande toujours plus de par son incompétence dans la gestion des fonds publics.
    La gestion 101 n'existe tout simplement pas à Montréal.
    Une ville tout comme un individu doit dépenser moins que ce qu'il reçoit pour bien gérer ses fonds sinon,il s'endette.
    Les Montréalais sont surtaxés non pas parce qu'ils reçoivent des services hors pairs mais parce que leurs taxes sont tout simplement gaspillés à gauche et à droite.
    La solution M. Tremblay serait pour Montréal de se promener en Honda Fit au lieu de s'imaginer qu'elle puisse se promener en Mercedes full equiped.
    Il est totalement inconcevable que la Ville dépense 300 millions de plus en 2011 et pour quoi?Des bonis ,des salaires exorbitants, plus de cadres, plus de pousseux de crayons?
    Je dis NON. Assez c'est assez!!!!!!!
    Roger Sylvain

  • Roger Sylvain - Inscrit 18 décembre 2010 18 h 07

    Dose de réalisme

    Montréal a un grand besoin de réalisme pour comprendre que sa gestion des deniers publiques ne fait qu'exacerber les Montréalais et les encourage à partir,ce qui ne fait qu'accroître le problème du trou de beigne.
    Mais pour les 50 000 employés de la ville,qui pour la plupart vivent en banlieue,ce n'est pas grave car ils ont un bon gros salaire à vie et ils n'ont pas à se soucier de ce petit détail qu'est le déclin de la métropole.
    Médiocrité quand tu nous tiens!
    Roger Sylvain

  • Roger Sylvain - Inscrit 19 décembre 2010 09 h 36

    En résumé...

    Juste deux mots pour décrire l'administration Tremblay: Pas fort.

    Juste deux mots pour décrire les Montréalais qui ne vont pas voter aux élections municipales: Pas fort.

    Juste trois mots pour décrire le ministre des affaires municipales,Laurent Lessard, qui ne voit pas la tragédie vécue par les villes liées qui sont devenues de vraies vaches à lait pour l'agglomération montréalaise et qui n'ont aucun moyen de défendre leurs citoyens contre les injustices perpétrées par la ville centre: Vraiment pas fort.
    Roger Sylvain

  • Micheline Gagnon - Inscrite 20 décembre 2010 19 h 27

    Si ces villes ne s'étaient pas défusionnées elles auraient pu nous démontrer leur savoir-faire

    Elles semblent toutes prétendre avoir des maires si compétents qu'ils auraient pu se présenter à la mairie de Montréal et faire mieux, il est alors paradoxal qu'ils se soient opposés aux fusions! Je trouve cela très malheureux car j'aurais bien aimé Peter Kent comme maire. Bien sûr, à Montréal il y a des quartiers pauvres et délabrés, des itinérants par milliers, des structures très anciennes à remplacer, plutôt médiocre et pas très glamour à administrer. Misère, oui misère!

    M. Trent est cité comme ceci dans un document rédigé par un étudiant de Concordia (cela démontre bien une façon de penser de nos élites):
    «Il est aussi évident que Monsieur Trent cherche parfois à relativiser et à laisser supposer que toutes choses sont égales, par ailleurs. C’est le
    cas lorsqu’il mentionne que chaque arrondissement a un caractère qui lui est propre, et qu’il met en avant, parmi les exemples donnés, le design industriel de Montréal-Est, comme s’il s’agissait d’une question de goûts et non de moyens financiers.»

    http://storytelling.concordia.ca/workingclass/Webs une ville au seind'une ville.pdf

    Après tout, comme le disait si bien Yvon Deschamps, «Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade», le choix était alors facile pour ces maires des villes les plus riches du Québec.