Transformation du golf Meadowbrook - Montréal oppose un non catégorique au promoteur

La transformation du golf Meadowbrook en quartier résidentiel n'est pas près de se réaliser. La Ville de Montréal a opposé un non catégorique au projet du promoteur Groupe Pacific qui souhaite construire 1500 unités sur ce vaste terrain acquis en 2006.

Groupe Pacific a rendu public cette semaine son projet immobilier inspiré des modèles d'écoquartiers développés en Europe, notamment à Malmö et Hammarby, en Suède. Le concept, élaboré avec des consultants internationaux, vise à réduire l'empreinte écologique des futurs résidants. Il prévoit notamment un aménagement favorisant les déplacements à pied avec des rues étroites et la remise en état de la Petite-Rivière-Saint-Pierre, remblayée dans les années 50, a précisé Suzanne Deschamps, vice-présidente du développement et des affaires juridiques au Groupe Pacific.

Il y a quatre ans, le promoteur s'était porté acquéreur du terrain de 58 hectares qui chevauche l'arrondissement de Lachine et la ville de Côte-Saint-Luc. L'architecte Daniel Pearl estime que le projet constitue une occasion, non seulement de densifier ce secteur de la ville, mais également de mettre en valeur le site et d'en améliorer la biodiversité. Le projet occupera 30 % de la superficie du terrain situé dans Lachine, qui est zoné résidentiel.

Malgré les vertus écologiques du projet, la Ville de Montréal n'entend pas y donner suite à court terme. «Ce projet ne figure pas dans les priorités de la Ville, explique le responsable du développement durable au comité exécutif, Alan DeSousa. On a regardé tous les scénarios possibles. C'est un site enclavé avec un chemin de fer au sud et il n'y a qu'une voie d'accès pour les automobiles. Réaliser le projet nécessiterait des investissements importants de la Ville de Montréal.»

Changement de zonage

Les partis d'opposition et de nombreux citoyens ont réclamé un changement de zonage pour assurer la protection de cet espace vert, mais l'administration Tremblay a rejeté cette option. Selon le maire de l'arrondissement de Lachine, Claude Dauphin, il s'agirait d'une «expropriation déguisée» qui exposerait la Ville à des poursuites judiciaires.

«Je suis étonnée et perplexe. On comprend les contraintes budgétaires de la Ville [...], mais on pense qu'il pourrait y avoir des solutions», a commenté Suzanne Deschamps, qui indique que la Ville a refusé de lui dévoiler les coûts des infrastructures envisagées.

Un porte-parole de la Ville a indiqué hier au Devoir qu'il s'agissait d'études internes dont le contenu ne devait pas être rendu public.