Parcomètres: Tremblay reprend le contrôle

Devant la fureur des commerçants du Plateau Mont-Royal, le maire Gérald Tremblay a reporté à une date ultérieure le transfert de la gestion des parcomètres aux arrondissements. Il contrecarre ainsi les plans du maire du Plateau, Luc Ferrandez, qui comptait sur sa nouvelle politique de stationnement pour récolter des revenus supplémentaires dès 2011.

Le maire Tremblay a qualifié de «recul stratégique» la décision de son administration. S'il ne remet pas en question la volonté de la Ville de confier aux arrondissements la mainmise sur les parcomètres, il soutient que ce projet nécessitera une réflexion plus approfondie avant de se concrétiser.

«L'idée derrière ce changement reposait sur un consensus qui, à la suite des déclarations et des gestes de certains élus, ne semble plus exister», a-t-il expliqué, en évoquant la stratégie de stationnement dévoilée par l'arrondissement du Plateau le 28 octobre dernier. Ce plan prévoyait l'ajout de 600 parcomètres sur le territoire, l'uniformisation des tarifs à trois dollars l'heure et l'implantation d'un nouveau système de tarification dans deux secteurs résidentiels.

Le maire Tremblay a pris note de l'inquiétude exprimée par les commerçants au cours des dernières semaines: «Ma responsabilité, c'est qu'on ait une cohérence. Je ne veux pas qu'un arrondissement prenne une décision qui ait une influence sur l'ensemble des arrondissements et que, partant de là, on crée l'anarchie. Je ne veux pas d'anarchie. Je veux juste m'assurer qu'on connaisse bien les règles du jeu.»

Déçu de cette volte-face qui privera le Plateau de revenus de 2,5 millions de dollars l'an prochain, le maire Luc Ferrandez a fait valoir que la stratégie de son arrondissement aurait non seulement permis de générer des revenus supplémentaires, mais également de régler le problème du stationnement. «Il y a de moins en moins de stationnements dans le Plateau, a-t-il indiqué. Dans trois ans, il n'y en aura plus du tout. Il faut faire quelque chose maintenant. Ça ne donne rien de se mettre la tête dans le sable.»

Le maire Ferrandez ne jette pas l'éponge, mais il affirme qu'à l'avenir, il sera plus prudent lorsqu'il dévoilera les stratégies de son administration. Pour hausser les tarifs des parcomètres situés le long des artères commerciales, l'arrondissement devra donc obtenir la bénédiction de la ville-centre. Il pourra toutefois aller de l'avant avec certaines mesures touchant les rues locales.

Les commerçants mitigés

De leur côté, les commerçants auraient applaudi à ce dénouement n'eût été la volonté exprimée par le maire Tremblay de procéder, tôt ou tard, au transfert de la gestion des parcomètres aux arrondissements.

La hausse des tarifs des parcomètres fera fuir la clientèle et mettra en péril la viabilité des artères commerciales, estime Michel Depatie, directeur général de la Société de développement de l'avenue du Mont-Royal: «Depuis un an, M. Ferrandez fait une guerre contre les gens qui viennent en auto dans Le Plateau. [...] Selon un sondage qu'on a fait, 35 % des gens qui viennent en auto ne se sentent plus les bienvenus.»

Les commerçants souhaitent que l'administration de Gérald Tremblay trouve des «moyens créatifs» pour augmenter les revenus de la Ville, notamment en recourant aux pouvoirs que lui accorde la loi 22, et ce, sans nuire aux propriétaires de commerces sur rue.
4 commentaires
  • Bernard Gervais - Inscrit 23 novembre 2010 08 h 21

    Le problème du stationnement sur le Plateau !

    Nous connaissons tous les attraits du Plateau Mont-Royal, notamment ses belles maisons à escalier extérieur, ses rues étroites et bordées de très beaux arbres, ses artères de jolies boutiques, si différentes des horribles centres commerciaux qu'on retrouve en banlieue.

    Cependant, voilà, ce quartier - mais c'est aussi ce qui fait en partie son charme - s'est développé à une époque où fort peu de gens possédaient une voiture, d'où les problèmes de stationnement que connaissent actuellement autant les résidents de ce secteur et ceux qui veulent s'y rendre en auto pour travailler ou faire des achats.

    Le maire de l'arrondissement proposait l'ajout d'un grand nombre de parcomètres afin d'inciter ceux, qui veulent aller y magasiner, à utiliser les transports en commun.

    Par contre, on peut comprendre l'opposition des commerçants du quartier à une telle initiative. Bon nombre de leurs clients viennent de l'extérieur et doivent plutôt se déplacer en voiture. Par conséquent, si ces mêmes clients ne peuvent se garer, ils iront faire leurs achats ailleurs !

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 23 novembre 2010 08 h 30

    Il n'y a pas que des commerçant sur le Plateau

    Et les résidents sont en furie contre l'administration Tremblay. Il semble que 100000 résidents ne fassent pas le poids contre 300 commerçants pour ce maire affairiste de Montréal. Cet ex-ministre libéral n'en a que pour ses petits amis. La démocratie, il s'en tape. Que le maire et les conseillers de l'arrondissement ait été élu avec un mandat clair par la population, il n'en a que faire. Eh bien, nous aussi, on va s'occuper de lui lors des prochaines élections et de son parti. Bye, bye, les faux jetons...

  • Vincent Bussière - Inscrit 23 novembre 2010 08 h 37

    Il y a trop de maire à Montréal

    Depuis la fusion et la difusion (par Charest) on a multiplié les postes de paieage à Montréal, les contracteurs ont dû réduire l'épaisseur de leurs enveloppes blanches, y a plus d'homogénéité, à Ville Marie c'est un maire, à Plateau et à Côte des neiges c'est un autre, de même qu'en Petite Patrie et à St-Laurent et partout à Montréal de la Pointe aux Trembles jusqu'à l'Ile Bizare en passant par Lasalle et Lachine, on s'y retrouve plus, on sait pas à qui donner ni ou! Que ne revienne le temps ou les donations étaient centralisées en ces temps on savait qu'à St-Laurent fallait acheter Grundman et qu'à Ville Marie c'était Chose-bine, ah! la belle époque! Les temps change! Au moins aujourd'hui le gâteau et mieux partagé et chaque arrondissement a son propre parrain, du Charest tout craché!

  • André Boulanger - Inscrit 23 novembre 2010 15 h 22

    30 % DES REVENUS PARCOS AUX COMMERÇANTS : OUI J'ACHETE !

    Ce que j'apprécie dans le deal que Ferrandez a proposé aux commerçants c'est le 30 % de retour des parcos à la revitalisation des rues commerciales. J'achète.


    Les commercants de la rue St-Laurent sont contre cette idée parce que leur rue est revitalisée et qu'ils savent très bien que l'argent ira sur la rue Mont-Royal, la St-Denis, la Laurier EST et certes la pauvre et délabrée Papineau, la grande oubiée depuis toujours.

    Les sans-autos ne veulent pas payer.

    Les avec autos ne veulent pas payer.

    Les résidents ne veulent pas payer.

    Les visiteurs ne veulent pas payer.

    Si les parcos ne sont pas augmentés avec quel argent les rues commerciales seront vitalisées ?

    Quelqu'un de l'avenue Mont-Royal peut répondre à cela ?