Recyclage - Le bac-sac retourne à la planche à dessin

Trop fragile pour survivre à l'hiver montréalais, le bac-sac de recyclage testé l'hiver dernier a été confié à une équipe de l'École de design de l'UQAM dans l'espoir, notamment, d'améliorer sa résistance au froid. La Ville de Montréal refuse de parler d'échec même si le projet a nécessité jusqu'à maintenant des investissements de 500 000 $.

Conçu par le designer industriel Claude Mauffette à la suite d'un concours de design, l'outil de recyclage s'apparente à un panier muni d'une poignée et d'un dispositif de fermeture qui empêche les matières recyclables de s'échapper. Le nouveau bac-sac devait remplacer dès 2009 le bac vert traditionnel, mais il n'a été testé que l'hiver dernier dans trois arrondissements, soit Verdun, le Plateau-Mont-Royal et Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

Les 3000 contenants distribués aux citoyens ont été durement éprouvés par l'hiver. «Cet outil a été bien accueilli par les citoyens, mais on a constaté que des modifications devaient être apportées avant son déploiement, explique la porte-parole de la Ville, Valérie De Gagné. Il y en a beaucoup qui se sont brisés et qui n'ont pas survécu aux premiers froids de l'hiver, notamment au niveau des pentures et des poignées.»

Même si l'arrondissement du Plateau a renoncé à attendre plus longtemps le bac-sac, optant plutôt pour les sacs de plastique, la Ville n'abandonne pas son projet. «On cherche un produit qui va être durable, plus écologique et qui va coûter moins cher à long terme. C'est pourquoi on poursuit le projet», a indiqué Mme De Gagné.

Claude Mauffette ne travaille plus sur le dossier, a-t-elle précisé, et un contrat a été accordé au Laboratoire design + proximité de l'École de design de l'UQAM. «La Ville a décidé de se tourner vers des solutions technologiques éprouvées. Elle fera affaire avec les experts de l'École de design qui sont spécialisés dans les plastiques parce qu'il faut trouver une solution durable pour passer nos hivers.»

Elle assure toutefois que les éléments novateurs du concept développé par M. Mauffette sont conservés, qu'il s'agisse de la prise à une main, de l'ergonomie du contenant ou de ses qualités en ce qui a trait à la propreté.

Professeur invité à l'École de design de l'UQAM et responsable du dossier au Laboratoire, André Desrosiers se garde bien de révéler la nature des travaux effectués par son équipe puisqu'il est tenu à la confidentialité. «J'ai passé ma vie dans le design et je ne connais rien qui ait fonctionné du premier coup, dit-il. Je trouve assez louable la volonté de la Ville de persister et de ne pas baisser les bras.»

Selon les informations fournies par la Ville, plus de 500 000 $ ont été dépensés pour ce projet. Les coûts liés au concours de design se sont élevés à 101 000 $ — dont 65 000 $ assumés par la Ville. Le développement du concept a coûté 90 452 $, alors le contrat à IPL pour la fabrication du prototype et des 3000 contenants testés s'est élevé à 350 000 $. Quant au contrat au Laboratoire de l'UQAM, il était de moins de 50 000 $.