Le développement de Montréal passe aussi par le stationnement, croit Yaccarini

Le stationnement n'est pas l'horreur que voudraient faire croire certains bien-pensants écologiques. Il serait même la clef du développement durable à Montréal, croit Christian Yaccarini, p.-d.g. de la Société de développement Angus (SDA).

En entrevue au Devoir, ce promoteur immobilier, partenaire du développement du Quartier des spectacles, s'inquiète que les stationnements ne soient pas associés à la réussite de ce secteur du centre-ville. On veut un Quartier des spectacles dynamique et festif, mais on ne sait pas comment recevoir la visite, selon lui.

«On est en train de perdre la vue d'ensemble. On se réfère à Barcelone, à Avignon et à Toulouse, qui ont réussi des transformations magnifiques. Mais on oublie que ces villes ont construit des stationnements souterrains immenses pour être accueillantes. Le stationnement, c'est la clef du développement durable à Montréal», affirme M. Yaccarini.

Dogmatisme

Pour le Quartier des spectacles, «on fait l'autruche», ajoute-t-il. Pire, on tombe dans le «dogmatisme», dans le «pour-être-vert-et-promouvoir-le-développement-durable-il-faut-être-contre-l'automobile». «On n'est pas dans la vraie vie. On a 50 ans de développement économique autour de l'automobile, on ne va pas changer ça en trois ans», lance-t-il.

M. Yaccarini soutient que les transports en commun ne répondent pas aux besoins et que, de toute façon, ce n'est pas une expérience confortable: les voitures du métro seront remplacées, mais sans climatisation, et dans un pays de neige, il manque d'abribus.

Côté stationnement, c'est la disette dans le Quartier des spectacles. De fait, la construction de la nouvelle salle de concert de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a grugé quelques centaines de places de stationnement de la Place des Arts. «Il n'y a pas de plan d'ensemble. Ça tire dans tous les sens», estime le p.-d.g. de la SDA.

De plus, le projet de 400 places de stationnement prévues sous l'esplanade Clark, dans la quatrième phase de développement du Quartier des spectacles, pourrait ne jamais se réaliser. Selon les informations obtenues par Le Devoir, aucun promoteur privé ne se montre intéressé compte tenu de l'imposition de la surtaxe sur les stationnements qui rend le projet peu rentable.

Pour Christian Yaccarini, le problème des stationnements illustre parfaitement le manque de leadership politique de Montréal. «On est en train de "scraper" le développement durable par manque de pragmatisme. Le leadership, ce n'est pas dire des choses, c'est en faire», dit-il en dénonçant le mouvement de culpabilisation des automobilistes.

Et quand on lui fait remarquer qu'il ne s'agit pas d'un débat nouveau à Montréal, il réplique: «Ben justement, rien n'est réglé. Pendant ce temps-là, à Québec, le maire Régis Labeaume, qu'on l'aime ou non, mobilise le monde pour avoir un rapport de force. Ici, le maire n'interpelle personne.»

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9 commentaires
  • Emory - Inscrit 20 octobre 2010 01 h 18

    YÉ!

    Le gars ne comprend pas. Il dit qu'on ne peut pas faire cela en 3 ans. Oui, la supprimation des stationnements se fait. les changements n'arrivent jamais sans des initiatives brusques, on ne peut pas toujours relier à l'argument de transition lente et sûr. Comme on a vu avec plusieurs autres approches démocratiques sur la crise environnementale, la lassitude et le recours aux anciens coûtumes qui nous confortent mènent à rien. Fini avec les stationnements, pour le bien-être du peuple montréalais! Arrêtez de penser toujours au banlieuesards de lointain, qui polluent et qui remplissent nos rues de stresse. FINI!

  • André Boulanger - Inscrit 20 octobre 2010 01 h 25

    Les transports en commun sont efficaces.

    Très heureux que l'on concoive le centre-ville comme un espace de plus en plus piétonnier. Ca donne juste envie d'y aller plus souvent.

    Le luxe suprême c'est vraiment de vivre à pied.

  • Marc Donati - Abonné 20 octobre 2010 07 h 40

    Où est le développement durable dans son discours?

    Le monsieur ne nous explique pas plus pourquoi il affirme que les voitures sont un choix ''durable''. Il a l'air simplement de mauvais humeur de constater qu'il y aura moins de stationnement que prévu.
    Par ailleurs, lorsqu'il dit que les transports en commun ne sont pas une expérience confortable, il oublie de parler du trafic au centre-ville.

  • Gilbert Talbot - Inscrit 20 octobre 2010 09 h 59

    Sortir l'automobile du centre-ville.

    On ferait mieux de développer les transports en commun, le tramway et la vie piétonniaire au centre-ville, plutôt que d'augmenter les espaces de stationnement, qui est une véritable plaie surtout en hiver.

  • Peter Kavanagh - Inscrit 20 octobre 2010 10 h 58

    L'avantage d'etre sur une ile

    Vous avez tous raison, transformons tous les ponts en passerelles pietonières et réservons le tunnel au cyclistes. Gardons ces méchants banlieusard hors de Montréal. On devrait aussi taxer les Montréalais qui on des automobiles et fermer tout les garages de l'ile. ¨ca serait un bon début