Des quartiers sans voitures à Montréal?

Les résidants du quartier résidentiel Stellwerk 60, à Cologne, ont signé un contrat assurant qu’ils renoncent à la voiture.<br />
Photo: Crédit Markus Heller Les résidants du quartier résidentiel Stellwerk 60, à Cologne, ont signé un contrat assurant qu’ils renoncent à la voiture.

Honnie par les uns, jugée indispensable par les autres, l'automobile est de moins en moins la bienvenue en ville. Plusieurs villes européennes l'ont d'ailleurs bannie dans certains quartiers. Le concept de quartiers sans voitures, tel qu'il en existe à Munich ou à Cologne, peut-il être importé à Montréal? Des experts se pencheront sur la question la semaine prochaine lors d'activités organisées en marge de la traditionnelle journée En ville sans ma voiture.

Dans le quartier Arabella Park à Munich, en Allemagne, les voitures sont absentes. Construit au-dessus d'une station de métro, le quartier compte 10 000 habitants, 18 000 emplois, des commerces, des hôpitaux et restaurants.

À Cologne, un tout nouveau quartier résidentiel de quatre hectares comportant 425 unités et appelé Stellwerk 60 a vu le jour au cours des dernières années. Ceux qui ont choisi d'y habiter ont signé un contrat assurant qu'ils renoncent à la voiture. Les véhicules d'urgence sont à peu près les seuls qui peuvent y circuler et les quelques places de stationnement sont réservées à l'autopartage et aux visiteurs.

Les projets de quartiers sans voitures ou à circulation automobile réduite peuvent-ils se réaliser à Montréal? Voilà la question que s'est posée le Centre d'écologie urbaine, qui a invité des spécialistes européens, dont Markus Heller, architecte et président d'Autofrei wohnen (vivre sans voiture) à Berlin, pour en discuter à l'occasion de la Semaine Quartiers sans voitures qui se déroulera à Montréal la semaine prochaine.

Cet événement n'est pas étranger à la tenue de la journée En ville sans ma voiture, organisée par l'Agence métropolitaine de transport (AMT), qui aura lieu mercredi. Un périmètre du centre-ville de Montréal sera alors fermé à la circulation automobile entre 9h et 15h30. Mais pour le Centre d'écologie urbain, le temps était venu d'aller plus loin et de débattre des quartiers sans voitures. «Les citoyens sont prêts, car c'est un milieu de vie agréable et de qualité, mais il faut trouver les bons lieux», explique Luc Rabouin, directeur du Centre d'écologie urbaine. Selon lui, Montréal a manqué une «occasion en or» de réaliser un tel projet sur le site des anciens ateliers municipaux, à côté du métro Rosemont.

Lors de consultations en 2006, Projet Montréal avait d'ailleurs suggéré d'en faire un îlot sans autos. «Malheureusement, on a manqué cette occasion, déplore le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. Ça aurait été une première expérimentation intéressante.»

Comme pour les rues piétonnes, le concept de quartiers sans voitures fera son chemin dans l'esprit des Montréalais, croit-il, et d'autres occasions se présenteront. Selon lui, la gare de triage Outremont, où l'Université de Montréal compte établir un campus, le site autour de la station de métro L'Assomption ou celui de l'ancien hippodrome devraient être considérés.

À proximité du métro Rosemont, un autre site reste à développer, celui du secteur Bellechasse entre la rue Saint-Denis et le boulevard Saint-Laurent. Le maire de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, y voit un potentiel intéressant. «Mon objectif ultime est d'arriver avec un vrai quartier vert comme on aimerait que Montréal soit dans le futur», dit-il. Un quartier sans voitures? «Personnellement, j'ai un préjugé très favorable envers ça, mais il faudra consulter les acteurs locaux.»

Le Centre d'écologie urbaine proposera des conférences sur le sujet la semaine prochaine (www.ecologieurbaine.net/quartiers-sans-voitures). L'AMT organise aussi une série d'activités sur le thème des transports alternatifs (www.amt.qc.ca).
1 commentaire
  • Pierre Samuel - Abonné 19 septembre 2010 09 h 50

    Bien loin de la coupe aux lèvres...

    Années après années, comités d'experts après comités d'experts, on se perd en belles phrases creuses, toujours sans résultats probants...

    Si l'inepte administration montréalaise joignait effectivement l'acte à la parole (qu'en est-il, à cet effet, du fameux Plan de transport adopté en 2008 dont à peine 10% des 21 chantiers sont en opération?), il y a longtemps que Montréal ferait partie du peloton de ces «villes écologiques» telles Munich et Cologne...

    On peine à interdire la circulation automobile l'espace d'un court été dans des portions congrues des rues Ste-Catherine et St-Paul dans un Vieux-Montréal engorgé et ce doux rêveur de Projet Montréal, Richard Bergeron, en est déjà rendu «au concept de quartiers sans voitures (qui) fera son chemin dans l'esprit des Montréalais». Allez-y voir!!!