Évaluation foncière sur l'île de Montréal - Les propriétés grimpent de 23,5%

À Montréal, c’est dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal que sont enregistrées les hausses les plus importantes, avec 35,6%.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À Montréal, c’est dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal que sont enregistrées les hausses les plus importantes, avec 35,6%.

L'effervescence immobilière dans la métropole a eu un effet direct sur la valeur des propriétés. Sur l'île de Montréal, la valeur des immeubles résidentiels a grimpé de 23,5 %, avec des augmentations encore plus marquées pour les arrondissements du Plateau Mont-Royal, du Sud-Ouest et de Rosemont-La-Petite-Patrie, révèle le nouveau rôle d'évaluation triennal déposé hier.

Sur le territoire de l'agglomération de Montréal, ce sont les «plex» qui ont subi les plus fortes hausses de valeur entre 2006 et 2010, avec une augmentation moyenne de 26,6 % pour les six logements ou plus et de 26,7 % pour les immeubles de deux à cinq logements.

Pour leur part, les maisons unifamiliales ont vu leur valeur grimper de 21,6 % pour atteindre en moyenne 397 700 $. Quant aux condominiums, leur valeur s'est accrue de 19,1 % sur l'ensemble de l'île. Mais, globalement, les hausses moyennes de la valeur des propriétés sont moins brutales qu'en 2006, alors qu'elles avaient atteint 47,4 %.

Au palmarès des plus fortes hausses, l'Île-Dorval, avec ses 58 résidences, trône au sommet avec 60,5 %. Dans les autres villes de banlieue, les augmentations dans le secteur résidentiel varient de 10,5 % (Côte-Saint-Luc) à 24,4 % (Baie-d'Urfé).

À Montréal, c'est dans l'arrondissement du Plateau Mont-Royal que sont enregistrées les hausses les plus importantes dans le secteur résidentiel, avec 35,6 %. Suivent le Sud-Ouest (32,2 %), Rosemont-La-Petite-Patrie (29,4 %), Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (27,2 %), Lachine (26,9 %) et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension (26,6 %).

Les hausses sont encore plus douloureuses pour les immeubles locatifs de deux à cinq logements. Dans le Plateau, par exemple, leur valeur a bondi de 41,6 %.

Le nouveau rôle d'évaluation, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2011, reflète les conditions du marché immobilier qui prévalaient le 1er juillet 2009. C'est sur cette base que la Ville de Montréal confectionnera son prochain budget.

Mais il ne faut pas d'emblée en conclure que les taxes foncières des contribuables seront frappées de hausses similaires, puisque la Ville pourra ajuster à la baisse les taux de taxation, a rappelé le directeur du budget de Montréal, Jean-François Leclaire. La Ville pourrait également demander à Québec l'autorisation d'étaler le rôle foncier sur trois ans.

Les contribuables montréalais doivent toutefois s'attendre à des hausses de leur impôt foncier l'an prochain, puisque, lors de la dernière campagne électorale, le maire Tremblay s'était bien gardé de promettre un gel de taxes comme il l'avait fait pendant son mandat précédent. En 2010, les Montréalais ont subi une hausse de taxes de 5,3 %.

Selon le responsable des finances au comité exécutif de la Ville, Alan DeSousa, il y a matière à se réjouir puisque le nouveau rôle d'évaluation témoigne de la vitalité économique de la métropole.

Les partis d'opposition étaient moins enthousiastes hier. Les jeunes familles n'auront plus les moyens d'être propriétaires à Montréal, a déploré le conseiller de Vision Montréal dans le Vieux-Rosemont, Pierre Lampron. «Il faut absolument que ce rôle soit étalé sur trois ans», a-t-il dit. M. Lampron estime que, pour contrer l'exode des familles, la Ville devra aussi bonifier son programme d'accession à la propriété.

«Les gens veulent habiter dans le Plateau, le Sud-Ouest et Rosemont-La-Petite-Patrie parce qu'ils veulent vivre sans voiture, ou sans deuxième voiture, mais le problème, c'est que les hausses de taxes annulent les économies d'une voiture», note le conseiller Peter McQueen, de Projet Montréal.
6 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 16 septembre 2010 05 h 24

    Y a-t-il une meilleure façon de camoufler une augmentation de taxe...?

    Il me semble que c'est simple comme bonjour. Une ville maintient son taux de taxation sur la valeur de l'évaluation des immeubles, et augmente cette évaluation de façon méthodique. Bingo: les revenus de la taxe foncière augmentent.
    ABRACADABRA: Vous n'avez rien à faire. Vous êtes peut-être heureux que votre maison soit en principe un bien plus précieux, mais vous n'avez pas oublié que ce sont les lois du MARCHÉ qui déterminent le pris de revente d'une maison. Et vous savez que si, éventuellement, vous vendez votre maison un peu plus chère, vous paierez également plus chère votre prochaine résidence, à moins que ce soit au cimetière.

    Il me semble que si j'avais été journaliste, j'aurais intitulé mon texte: À PRÉVOIR, UNE AUGMENTATION DE VOS TAXES.

  • Bernard Gervais - Inscrit 16 septembre 2010 07 h 51

    Pas certain que les Montréalais soient si contents de ça !

    Une nouvelle peut-être intéressante pour ceux qui ont l'intention de vendre leur propriété.

    Cependant, pas sûr que ceux qui veulent conserver la leur soient du même avis. Beaucoup d'entre eux doivent redouter, avec raison, que la Ville en profite pour hausser de façon démesurée leur compte de taxe foncière.

    Pensons, par exemple, aux propriétaires du Plateau...

  • olamerreip - Inscrit 16 septembre 2010 10 h 14

    Explosion démesurée...

    Cette augmentation des valeurs foncières n'est que le reflet d'un marché haussier sans précédent et selon moi totalement hors-réalité. Le salaire moyen dans les 10 dernières années a augmenté d'environ ( J'ai lu 9% dans certains articles et 30% dans d'autre ??) Disons 30% et augmentation de 100% dans l'immobilier donc un appauvrissement, un endettement incroyable. Rajoutez à ça des frais qui ne cessent d'augmenter; Taxes, chauffage, permis, etc... Pour évidemment réussir a payer notre dette colossale (qui je crois ce situe aux alentours de 230 milliards et combler les pertes de la caisse de dépôt puisqu'il faut entre autre payer une pension à nos fonctionnaires.

    Les banques ont prévenues M.Flaerthy en début de crise de réduire l'accès à la propriété, nous avons eu droit à 200 milliards de prêts à risque (schl) ??

    Impossible d'économiser avec des taux d'intérêts aussi bas, investir à la bourse est devenu un jeu très téméraire à moins d'avoir les moyens de se payer un très bon gestionnaire et encore, et l'immobilier est à sa limite compte tenu de la capacité des gens a payer tout ces frais.

    Bravo à tout nos néo-libéraliste !! tout déréglementer pour s'enrichir au plus vite. Quelle belle réussite sociale. Du chacun pour soi.

    Espérons que les trous que nous faisons un peu partout en territoire québécois profiterons un peu à la collectivité, essayons d'éviter une histoire comme celle de Malartic.

    Un pessimiste qui espère un changement de cap comme la nationalisation des médicaments génériques ou de voir un peu plus d'humanité dans le secteur privé. Papier cascade serait un bon exemple.

    Sur ce, bonne journée.

  • Christiane Fleurant - Inscrit 16 septembre 2010 10 h 49

    Êtes-vous surpris/ses ?

    Des grands centres urbains,au Canada, Montréal est la ville où le prix des maisons et des loyers est le plus bas. Si on se compare avec Vancouver des augmentations il y en aura beaucoup!
    Je commente cet article car il est mention d'accès à la propriété dont ,il est écrit, seront exclues les jeunes familles !
    Lors de la campagne électorale municipale de l'automne passé ,nous(FECHIMM), avons organisé un débat politique et avons demandé aux représentante/t des partis présents (Vision et Projet Mtl.)de s'engager à réserver une banque municipale de terrains pour l'élaboration de projets habitation en propriété collective ,principalement des coopératives d'habitations.
    Bien évidemment habiter une coopérative d'habitation n'est pas tout à fait symbole de réussite car malgré un nombre croissant de faillites et de maisons reprises par "la finance"au É-U, le rêve américain "un char ,une maison,pis une piscine" est pour la majorité des jeunes, la confirmation du succès.
    Une maison et tout ce qu'il y a dedans, c'est encombrant. Si, comme en matière d'énergie ,d'alimentation nous devons nous conscientisés/ées sur nos réels besoins et réfléchir notre consommation ,il en va de même en habitation. Un abris ,un logement,un habitat,un environnement propice à la vie c'est, pour tous les êtres vivants un besoin fondamental et un droit très peu respecté. Le capitalisme a, et permet encore à un groupe de "privilégiés/ées" de s'enrichir avec le bien commun . Et ben,la spéculation immobilière permet à certains/nes de s'enrichir avec un droit commun ,c'est encore plus pathétique!
    En ville , pour la propriété collective et le droit au logement acceptable.

  • Richard Ferland - Abonné 16 septembre 2010 18 h 30

    Chers voisins propriétaires montréalais...

    ...on est en train de vous préparer à une augmentation importante de taxes municipales.
    C'est du déjà vu dans notre secteur à Boucherville arrondissement de Longueuil. L'an passé nous avons entendu dire de notre administration que nous n'aurions pas d'augmentation. Belle surprise! à la réception de notre compte nous avions une augmentation de 17%. Raison invoquée: La valeur de votre propriété dans votre secteur a augmenté et soyer heureux vous pourrez vendre votre propriété plus chère. Malgré nos doléances rien n'a bougé.
    Bonnes chance!!! Voyez-y maintenant! Les belles paroles on a tous tendance à y croire.