Les panneaux publicitaires géants bannis du Plateau

La mairie du Plateau-Mont-Royal sera la première administration municipale au Québec à faire enlever tous les panneaux-réclames de son territoire, selon le conseiller du Mile-End, Alex Norris.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La mairie du Plateau-Mont-Royal sera la première administration municipale au Québec à faire enlever tous les panneaux-réclames de son territoire, selon le conseiller du Mile-End, Alex Norris.

Dans une offensive pour lutter contre la pollution visuelle, les élus du Plateau Mont-Royal ont annoncé hier l'adoption d'un règlement visant à faire disparaître, d'ici un an, les panneaux publicitaires géants du territoire de l'arrondissement.

À force de voir les affiches publicitaires dans le paysage urbain, les citoyens ne se rendent plus compte de leur laideur, estime le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.

Adopté en première lecture hier soir par le conseil d'arrondissement, le règlement obligera les trois compagnies d'affichage présentes à Montréal, soit Astral Média, CBS Affichage et Jim Pattison Industries, à démanteler les 45 panneaux publicitaires que compte le Plateau Mont-Royal. Ce règlement entrera vraisemblablement en vigueur en novembre, et les entreprises auront un an pour s'y conformer.

«L'adoption de ce règlement va faire du Plateau Mont-Royal la première administration municipale au Québec à faire enlever tous les panneaux-réclames de son territoire», a fait valoir le conseiller du Mile-End, Alex Norris. Il invite d'ailleurs l'ensemble des municipalités québécoises et canadiennes à emboîter le pas. Les États du Vermont, du Maine et de l'Alaska ont déjà banni ces réclames publicitaires.

«Il y a 45 panneaux géants sur le territoire du Plateau, et ils ne rapportent que 40 000 $ par année en recettes fiscales à la Ville de Montréal. Ce sont des peanuts, a expliqué M. Norris. C'est un arrangement qui a bénéficié à une poignée de puissantes entreprises publicitaires au détriment des Montréalais, et nous avons l'intention d'y mettre fin.» Il a toutefois précisé que ce n'est pas l'arrondissement, mais bien la ville centre qui sera privée des revenus liés aux panneaux publicitaires bannis par le Plateau.

La Loi sur l'aménagement et l'urbanisme confère à l'arrondissement le droit de réglementer cet affichage, ont soutenu les élus. Le maire Luc Ferrandez a indiqué que son administration avait en main des avis juridiques.

Contestation judiciaire?


La décision des élus est loin de plaire aux entreprises d'affichage publicitaire, qui ne s'attendaient pas à un tel volte-face. «Nous sommes très surpris, d'autant plus qu'en juillet dernier, l'arrondissement avait modifié son règlement pour faire en sorte que les entreprises aient des certifications de localisation», a indiqué Jeannot Lefebvre, porte-parole du Regroupement de l'industrie de l'affichage extérieur au Québec.

«Il y a des structures qui sont en place depuis les années 50. Il y a des droits acquis. C'est sûr que nous prendrons tous les moyens pour nous faire entendre et que nous allons nous défendre pour faire reconnaître nos droits», a ajouté M. Lefebvre, qui n'écarte pas une contestation du règlement devant les tribunaux.

M. Lefebvre s'attend à ce que les propriétaires d'immeubles sur lesquels sont installés ces panneaux géants et qui touchent des revenus de plusieurs milliers de dollars chaque année protestent eux aussi contre la réglementation du Plateau.

De son côté, l'administration Tremblay n'entend pas intervenir dans ce dossier qui relève de la juridiction des arrondissements, mais on s'étonne des priorités de Projet Montréal. «Est-ce qu'ils ont consulté les citoyens avant de bannir cet affichage? Notre administration préfère s'occuper des vrais enjeux, comme les infrastructures et les parcs, et faire avancer nos grands projets, comme le Quartier des spectacles», a expliqué Darren Becker, attaché de presse au cabinet du maire Tremblay.

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