Montréal projetterait d'installer des modules d'affichage à même son mobilier urbain

Ainsi, des modules circulaires de 22 pouces de diamètres, un peu comme un moulin à prières utilisé par les bouddhistes tibétains, fixés à des poteaux ou des lampadaires, permettraient d'agrafer des affiches de 11 sur 17 pouces.

Jacques-Alain Lavallée, porte-parole de l'arrondissement de Ville-Marie, un secteur fort touché par l'affichage sauvage, a reconnu qu'un projet est à l'étude, mais sans vouloir en donner les détails. «Il va y avoir des espaces qui vont être mis en place. Pour le moment, on en est à cette étape. Je ne peux pas vous dire s'il y aura consultation publique», a-t-il indiqué au Devoir.

Jeudi dernier, un jugement de la Cour d'appel a donné raison au militant altermondialiste Jaggi Singh, à qui on reprochait d'avoir collé une affiche sur un poteau en 2000. M. Singh a contesté la validité du Règlement d'urbanisme de la Ville de Montréal, alléguant qu'il violait la liberté d'expression garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

Pour Sébastien Croteau, ce jugement ne fait que l'encourager dans la cause qu'il défend: celle de pouvoir communiquer l'art et la culture indépendante. «La Ville a une responsabilité en matière d'affichage. Elle doit fournir une solution de rechange», a-t-il soutenu. Dans une conférence de presse en mai dernier, C.O.L.L.E. Montréal a demandé au maire de s'attaquer au problème plutôt que de s'acharner à sévir. À ce jour, les membres de la Coalition avaient recueilli jusqu'à 215 000 $ en contraventions.

M. Croteau s'est donné jusqu'au début août pour sonder ses membres. Un rapport sur l'affichage, accompagné de recommandations, avait également été remis à la Ville en mars dernier. Déclaré invalide par le jugement de jeudi dernier, le Règlement d'urbanisme, qui «interdit d'inscrire un message, de coller ou d'agrafer une affiche ailleurs que sur une surface prévue à cette fin» demeurera toutefois en vigueur jusqu'au début de l'année 2011.

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