Ancien collège Marianopolis - La Ville fait volte-face

Développement Cato pourra convertir l’immeuble principal (au centre) en condos, mais il devra renoncer aux maisons unifamiliales qu’il comptait construire de part et d’autre du bâtiment.
Photo: source ville de montréal Développement Cato pourra convertir l’immeuble principal (au centre) en condos, mais il devra renoncer aux maisons unifamiliales qu’il comptait construire de part et d’autre du bâtiment.

L'administration Tremblay a fait volte-face concernant le projet immobilier de l'ancien collège Marianopolis, situé sur le flanc du mont Royal. Le promoteur Développement Cato pourra convertir l'immeuble principal en condos, mais il devra renoncer aux maisons unifamiliales qu'il comptait construire de part et d'autre du bâtiment.

«Le développement sur le mont Royal se fera dorénavant selon ces balises de manière à cesser de grignoter, morceau par morceau, ce qui reste de vert sur le mont Royal», a annoncé hier le maire Tremblay.

La décision, qui a été entérinée à l'unanimité par le conseil municipal hier, contraint le promoteur, Développement Cato, à limiter le développement du site aux bâtiments existants, soit l'ancien collège lui-même et le complexe sportif. Ce dernier pourra être démoli, mais toute nouvelle construction devra respecter la volumétrie actuelle.

Le maire a expliqué qu'il voulait ainsi répondre aux inquiétudes des citoyens et aux réserves exprimées par l'Office de consultation publique de Montréal.

Le promoteur s'est dit déçu de la tournure des événements. En 2008, Développement Cato avait acquis des prêtres sulpiciens la propriété de 6,5 hectares au coût de 46 millions de dollars afin d'y construire 325 condos. «C'est sûr que c'est triste un peu parce que le projet, de l'avis des fonctionnaires de la Ville de Montréal et des instances consultatives, était acceptable pour les Montréalais», a indiqué Claude Marcotte, associé principal chez Daniel Arbour.

Les nouvelles contraintes imposées au promoteur nuiront à la rentabilité du projet, mais M. Marcotte soutient que la Ville envisage de faire l'acquisition de parcelles de terrain qui ne peuvent faire l'objet de développement, soit par une vente de gré à gré ou par expropriation. Les discussions sont à un stade préliminaire, a dit M. Marcotte. Selon lui, ces terrains boisés valent quelque 20 millions.

La Ville n'a pas voulu confirmer que de telles discussions avaient eu lieu. Quant au responsable du dossier des parcs au comité exécutif, Alan DeSousa, il a affirmé ne pas avoir eu vent de négociations semblables. «Comme élu, je n'ai jamais eu de contact avec le promoteur à cet égard. Ça ne veut pas dire que les services de la Ville n'ont pas exploré toutes les options», a-t-il indiqué au Devoir.

«C'est un grand moment pour la protection de la montagne, croit le chef de Projet Montréal et responsable de l'urbanisme au comité exécutif, Richard Bergeron. De ce cas d'espèce, qui marque un virage important, pourra découler une doctrine générale pour le mont Royal.»

La décision de la Ville a enthousiasmé Les Amis de la montagne et le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, qui se réjouissent de voir l'intégrité des espaces verts de l'ancien séminaire enfin protégée. «La capacité limite de développement sur le mont Royal est enfin reconnue», estime Coralie Deny, directrice générale du CRE.