Montréal - Gérald Tremblay absout son d.g.

Fraîchement revenu de Chine, Gérald Tremblay s'est porté à la défense de son directeur général, Louis Roquet, hier matin. Mais le maire a obstinément refusé de dire s'il approuvait ou non l'initiative de son directeur général de transmettre des documents confidentiels à Telus, le fournisseur visé par le rapport du vérificateur général, Jacques Bergeron.

«Le directeur général a posé un geste de bonne foi. Il a toute ma confiance. Nous sommes très privilégiés d'avoir une personne qui a l'intégrité de mon directeur général», a martelé hier Gérald Tremblay lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville. Mais visiblement, le maire n'avait aucune envie de prononcer le mot «erreur» et il a préféré dénoncer ceux qui se servent de cet «incident» pour miner la crédibilité de Louis Roquet.

Gérald Tremblay a par ailleurs minimisé les révélations contenues dans le rapport du vérificateur général concernant les contrats accordés à Telus et les «graves indices d'irrégularités» qui ont incité Jacques Bergeron à saisir la police du dossier. «C'est un rapport qui donne en bloc toute l'information que j'avais depuis de nombreux mois. Il n'y a rien de nouveau. Qu'il dise: "Je donne ça à la police", ça paraît bien dans un rapport, mais je l'ai déjà donnée [cette information] à la police», a affirmé le maire.

M. Tremblay faisait allusion à la découverte d'une fraude de 10 millions aux services informatiques en 2008 qui a conduit au congédiement du chef de projet de la Direction des systèmes d'information, Gilles Parent. Celui-ci fait aujourd'hui face à des accusations de fraude. C'est d'ailleurs M. Parent qui avait autorisé l'octroi des deux contrats à Telus en 2008 totalisant 99 millions de dollars. Le maire assure que ce dossier est sous «haute surveillance» depuis le début. «Il n'y a rien que je ne connaissais pas», a-t-il dit.

Quant à BCIA, la firme de sécurité privée qui fait maintenant l'objet d'une enquête policière, le maire a dit déplorer que les élus n'aient jamais été consultés au sujet du mandat accordé à l'entreprise pour la surveillance du quartier général du Service de police de la Ville de Montréal.

Pour ce qui est de la mainmise de certains entrepreneurs sur les contrats dans plusieurs arrondissements — dont celui de Verdun où Entreprises Catcan a récolté l'an dernier la totalité des contrats d'infrastructures —, Gérald Tremblay a fait valoir que son administration avait entrepris un ménage à l'Hôtel de Ville et mis en place des mesures pour assainir le processus d'octroi de contrats. La Ville a toutefois l'obligation de faire affaire avec les plus bas soumissionnaires conformes, a déploré le maire, qui souhaite voir le gouvernement du Québec changer les règles.

Déception dans l'opposition

Les partis d'opposition n'ont pas aimé l'attitude du maire. «C'est très décevant. Le maire absout complètement le directeur général, a expliqué la chef de l'opposition, Louise Harel. Excusez-moi, mais ils se foutent complètement du conseil de ville, des élus et du vérificateur général. La mascarade de la cohabitation vole en éclats», a-t-elle dit avant de préciser que pour l'instant, la présence des élus de l'opposition au comité exécutif n'était pas remise en question.

De son côté, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime que cet épisode mine la crédibilité du maire et du d.g. Sans réclamer la démission de Louis Roquet, il a indiqué que son parti redoublerait de vigilance à son égard.

Le vérificateur général, Jacques Bergeron, n'a pas voulu commenter les déclarations du maire, mais il pourrait être tenté d'adopter de nouvelles pratiques pour s'assurer que des documents confidentiels ne soient plus refilés à des tiers. Rappelons que le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, fait signer des ententes de confidentialité aux gestionnaires de services faisant l'objet d'une enquête lorsqu'il leur remet des documents à des fin de validation.
1 commentaire
  • Jean Peupu - Inscrit 21 mai 2010 07 h 52

    Transparence de Tremblay

    Il aura toujours été incolore inodore et sans saveur