Louis Roquet coule des informations à Telus - «C'est une question de respect mutuel»

L'initiative du directeur général de la Ville de Montréal, Louis Roquet, de transmettre à Telus une partie du rapport du vérificateur général n'aurait vraisemblablement pas pu se passer à Québec. Tant au bureau du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, qu'à celui du vérificateur général de la Ville de Québec, François Gagnon, on indique que les questions de confidentialité ne sont pas prises à la légère.

Il est normal et même indispensable qu'en cours de préparation d'un rapport, un vérificateur transmette au gestionnaire du service visé par l'enquête ses constatations et ses recommandations à des fins de validation.

Lorsque Renaud Lachance remet un document au gestionnaire dont le service ou le ministère est visé par une enquête, il prend soin de faire signer une entente de confidentialité au sous-ministre en titre, a-t-on expliqué hier au cabinet de M. Lachance. Quand le dossier est délicat et qu'on craint une fuite, on exige même que les documents soient consultés sur place.

Au mois d'avril dernier, le vérificateur de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, a transmis au directeur général une portion de son rapport touchant les contrats de téléphonie octroyés en 2008 par Montréal au fournisseur Telus. Bien que sur chaque page, le vérificateur ait inscrit la mention «Document confidentiel - Distribution interdite - Réservé à l'usage exclusif du destinataire», Louis Roquet a fait parvenir le document à Telus, ce qui a rendu Jacques Bergeron furieux.

En conférence de presse mardi, Louis Roquet a soutenu qu'il était en droit de transmettre le document à Telus, non seulement pour faire valider certaines informations, mais également parce que le rapport contenait des renseignements de nature commerciale dont la divulgation aurait pu nuire à Telus.

Vérificateur depuis six ans, d'abord à la Ville de Sherbrooke puis à la Ville de Québec, François Gagnon dit comprendre la réaction de son collègue Jacques Bergeron. «Je ne connais pas la teneur des propos entre les personnes [MM. Bergeron et Roquet], mais si je dis à quelqu'un que le rapport est à telle étape et que je lui demande la confidentialité et qu'en plus je l'écris, je suis en droit de m'attendre à ce que la personne respecte ça, a-t-il expliqué au Devoir hier. C'est une question de respect mutuel. Il n'y a pas de règle ou de loi qui dit que ça doit marcher comme ça. Moi, je ne serais vraiment pas content qu'à l'étape de validation, le document se retrouve à l'extérieur.»

Le maire Gérald Tremblay est revenu de Shanghai hier matin et il se prononcera sur les diverses polémiques qui ont éclaté pendant son absence lors d'une conférence de presse ce matin.