L'analyse des contrats révèle de curieuses concentrations

Le vérificateur général de la Ville de Montréal a observé une curieuse concentration dans l'octroi de contrats d'infrastructures par certains arrondissements. Dans Verdun, la totalité de ces contrats a été accordée à Entreprises Catcan, alors que dans Anjou, c'est Construction Louisbourg qui a raflé tous les contrats, note Jacques Bergeron.

Au palmarès des 21 entrepreneurs en construction qui ont décroché le plus grand nombre de contrats de la Ville de Montréal entre 2006 et 2009 figurent, dans l'ordre, Construction Frank Catania (104,6 millions), Construction Louisbourg (100,6 millions) et Entreprises Catcan (90,8 millions).

Jacques Bergeron s'est intéressé aux contrats décrochés par ces entreprises dans les 19 arrondissements montréalais entre 2006 et 2009. Il a constaté que la totalité des 26 contrats octroyés par l'arrondissement de Verdun avait profité à Entreprises Catcan. De son côté, l'arrondissement d'Anjou a confié cinq contrats sur cinq à Construction Louisbourg, une entreprise codétenue par Tony Accurso.

Dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, quatre des onze contrats ont été attribués à BP Asphalte, ce qui représente 65 % de la valeur totale des contrats. L'arrondissement de Saint-Laurent a accordé 16 contrats sur 31 à Construction Garnier, soit l'équivalent de 65 % des contrats en ce qui concerne la valeur.

Dans d'autres arrondissements, comme ceux de Ville-Marie, du Sud-Ouest ou de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, aucune concentration significative n'a été observée, précise le vérificateur. «Bien que ces contrats aient été adjugés au plus bas soumissionnaire conforme, je demeure néanmoins perplexe en regard du fait que certains arrondissements octroient une forte proportion de leurs contrats aux mêmes entrepreneurs», écrit Jacques Bergeron dans son rapport annuel présenté hier.

L'administration de Gérald Tremblay a récemment mis en place de nouvelles règles pour mieux encadrer l'octroi de contrats afin de favoriser la concurrence, mais le vérificateur promet d'examiner à nouveau la distribution des contrats à compter de 2011 pour vérifier les effets de ces mesures.

«C'est un niveau de concentration inquiétant, estime le conseiller de Projet Montréal, Alex Norris. Ça nous incite à nous poser la question: est-ce qu'il y a un partage du territoire par des entrepreneurs?»

À l'arrondissement d'Anjou, on a indiqué vouloir prendre connaissance du rapport du vérificateur avant de le commenter. À l'arrondissement de Verdun, on a fait valoir que les contrats étaient octroyés au plus bas soumissionnaire conforme: «Il n'y a pas d'autre explication», a soutenu Francine Morin, chargée de communication.