Faire le plein coûtera plus cher à Montréal

Grâce à la taxe sur l’essence, issue du dernier budget Bachand, Montréal touchera 43 millions de dollars qui serviront à combler le déficit structurel de la Société de transport de Montréal.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Grâce à la taxe sur l’essence, issue du dernier budget Bachand, Montréal touchera 43 millions de dollars qui serviront à combler le déficit structurel de la Société de transport de Montréal.

Dès demain, les automobilistes de la grande région de Montréal paieront plus cher pour faire le plein. Les revenus découlant de la nouvelle taxe de 1,5 ¢ par litre d'essence, qui entrera en vigueur demain, permettront de financer les transports en commun.

Les élus des 82 municipalités membres de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont entériné à l'unanimité hier la nouvelle taxe sur l'essence. Celle-ci permettra aux villes de récolter annuellement 53 millions de dollars, une somme qu'elles se partageront selon des modalités déjà établies.

Montréal touchera 43 millions de dollars qui serviront à combler le déficit structurel de la Société de transport de Montréal (STM). Les revenus récoltés en 2010 seront toutefois plus réduits compte tenu de l'entrée en vigueur tardive de la taxe, et la STM devra trouver des moyens de rationaliser ses dépenses afin d'équilibrer son budget.

C'est l'Agence métropolitaine de transport (AMT) qui sera chargée de collecter ces nouveaux revenus et de les redistribuer aux villes, a précisé hier le responsable des finances au comité exécutif de la Ville, Alan DeSousa.

Cette nouvelle taxe fait suite au dépôt du budget du gouvernement de Jean Charest qui, en mars dernier, avait exaucé le voeu des élus de la CMM. Elle ne s'appliquera que sur le territoire de la région métropolitaine.

Litige tarifaire

Les élus du comité exécutif de la CMM se sont par ailleurs entendus pour confier à l'AMT le soin d'arbitrer le litige qui oppose Longueuil, Montréal et Laval concernant la tarification à la station de métro Longueuil.

Rappelons qu'en février dernier, le maire Gérald Tremblay avait convenu avec son homologue de Laval, Gilles Vaillancourt, de faire passer de 70 à 111 $ le coût de la carte mensuelle pour les usagers qui accèdent à la station Longueuil. M. Vaillancourt réclamait depuis des années l'équité tarifaire entre Laval et Longueuil. Cette mesure devait entrer en vigueur le 1er juillet prochain. Outrée, la mairesse St-Hilaire avait aussitôt décidé de suspendre le paiement de la quote-part de sa ville destiné au déficit du métro.

Des négociations menées entre les trois villes au cours des trois derniers mois n'ont pas permis aux partis d'en arriver à un compromis. La mairesse de Longueuil a donc proposé hier à ses collègues de mandater l'AMT pour trouver une solution «équitable». Sa résolution a reçu l'aval des autres membres du comité exécutif, parmi lesquels les maires Tremblay et Vaillancourt.

L'AMT a 30 jours pour proposer une nouvelle grille tarifaire.