Ligne éthique: le vérificateur s'inquiète pour son autonomie

Le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, reproche au comité exécutif de la Ville de lui imposer des conditions indues pour l'octroi de fonds destinés à la gestion de la ligne éthique. Dans une lettre adressée hier au président du conseil, Claude Dauphin, M. Bergeron souligne que l'attitude des élus compromet l'autonomie et l'indépendance du Vérificateur général.

Depuis sa mise en service en décembre dernier, la ligne téléphonique permettant de dénoncer la fraude et le gaspillage a reçu 53 signalements. De ce nombre, 33 sont en traitement.

Pour être en mesure de gérer ce service, le vérificateur a demandé des fonds supplémentaires, soit 650 000 $ pour l'année 2010, ce qui lui a été accordé par le comité exécutif le 21 avril dernier. Mais si le comité exécutif accepte de verser 325 000 $, il réclame du vérificateur qu'il justifie l'utilisation de ce montant avant de lui octroyer le reste des crédits.

«Le comité exécutif nous apparaît avoir outrepassé le cadre du mandat que le conseil lui a confié», écrit Jacques Bergeron dans sa lettre à M. Dauphin. Le vérificateur précise que la procédure de reddition de compte imposée par le comité exécutif est susceptible de «compromettre l'autonomie et l'indépendance du Vérificateur général».

Jacques Bergeron réclame l'intervention du conseil municipal afin que la totalité des crédits promis lui soit versée.

«Il n'y a pas très longtemps, le vérificateur général nous demandait de resserrer le processus administratif. C'est ce que nous avons fait afin de bien gérer les fonds publics», a commenté Bernard Larin, attaché de presse au comité exécutif. De son côté, le conseiller de Projet Montréal Alex Norris, estime légitime la demande du vérificateur.