Tremblay relance les compteurs d'eau - Les élus seront consultés à chaque étape

Photo: Newscom

L'administration Tremblay n'a pas renoncé à l'idée d'installer des compteurs d'eau dans les industries, les commerces et les institutions (ICI) et prépare un nouveau projet. Mais pour que cette fois, le projet ne tourne pas au cauchemar, elle prendra ses précautions. En entrevue au Devoir, le maire Gérald Tremblay a soutenu que la Ville envisageait de faire appel à ses cols bleus pour installer les compteurs, que le projet serait fractionné pour éviter les dérapages et que les élus seraient consultés à chaque étape du processus.

Le tristement célèbre contrat des compteurs d'eau a beau avoir été résilié, il n'a pas fini de hanter l'administration. D'ailleurs, la Ville ignore toujours la somme qu'elle devra verser à Génieau pour pouvoir enterrer cette affaire, le consortium n'ayant pas encore fait parvenir de réclamation finale à la Ville pour les travaux effectués.

N'empêche, des compteurs d'eau dans l'ensemble des ICI demeurent nécessaires, estime la Ville. Le maire a donné ses instructions et ses orientations au directeur général de la Ville, Louis Roquet, afin que le Service de l'eau prépare le terrain à la relance du projet. M. Tremblay croit que le dossier pourrait être suffisamment mûr pour être présenté aux élus en commission du conseil en septembre prochain.

Mais l'administration n'entend pas procéder de la même manière que la première fois. Rappelons que le contrat des compteurs d'eau de 356 millions de dollars, le plus important jamais octroyé par la Ville, avait provoqué une tempête à l'Hôtel de Ville en plus de faire l'objet d'un rapport dévastateur de la part du vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron.

L'administration s'inspirera donc des recommandations du vérificateur pour gérer le projet. En entrevue, Gérald Tremblay explique le dossier de l'eau comportera plusieurs volets, soit le plan d'intervention pour la rénovation des conduites, les compteurs d'eau et l'optimisation du réseau. Ce dernier volet, que le vérificateur avait jugé moins prioritaire, mérite tout de même qu'on s'y attarde, estime Gérald Tremblay: «Comme on n'a pas l'intention d'installer des compteurs dans les résidences, on peut se demander s'il faut contrôler la pression [d'eau dans le réseau], parce que c'est la pression qui fait la différence. C'est quand elle est forte que les ruptures tendent à survenir. Il faut évaluer ces possibilités.»

Ressources internes

La Ville misera davantage sur ses ressources internes, non seulement pour piloter l'ensemble du dossier, mais également pour réaliser les travaux. Elle envisage donc de confier l'installation des compteurs à ses cols bleus, comme le suggérait le vérificateur, et de restreindre le recours à des firmes externes pour la réalisation de ce volet. La Ville n'entend plus assumer les coûts de préparation de la plomberie et ce sont les ICI qui devront s'en charger, a précisé Gérald Tremblay.

Mais rien n'est encore coulé dans le béton, car le maire entend consulter les élus par l'entremise d'une commission du conseil avant toute prise de décision. Le vérificateur avait d'ailleurs souligné que dans le processus d'octroi du contrat à Génieau, les élus n'avaient pas été convenablement informés de l'évolution du projet et que, par conséquent, ils n'avaient pu prendre une décision éclairée.

Dans une première étape, le dossier sera donc soumis aux élus pour orientation: les divers scénarios seront alors étudiés et discutés. Outre la question des cols bleus, la commission devra notamment se prononcer sur le nombre de compteurs à installer, car, faut-il le rappeler, le service des finances de la Ville avait jugé qu'un compteur sur deux était inutile dans le projet initial. La commission devra aussi déterminer s'il est pertinent de procéder à l'optimisation du réseau, c'est-à-dire d'installer un système sophistiqué pour contrôler le débit de l'eau dans le réseau souterrain.

Dans une étape ultérieure, les appels d'offres seront lancés et le dossier sera à nouveau présenté en commission pour recommandation. «On m'assure que ce ne sera pas plus long, indique le maire. Ça va être la transparence à tous les niveaux. Il n'y a plus personne qui pourra dire: "Si j'avais eu toute l'information, peut-être que j'aurais voté de façon différente".»

Les cols bleus

La perspective de recourir aux employés municipaux pour l'installation des compteurs d'eau n'est pas pour déplaire au syndicat des cols bleus. L'enjeu de la sous-traitance figure d'ailleurs au coeur des revendications des syndiqués dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leur convention collective. La question des compteurs d'eau aurait contribué à créer une détente dans les discussions. Mercredi dernier, lors d'une rencontre entre le maire et le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, ce dernier a convenu d'une trêve dans les moyens de pression.

«On a dit à la Ville qu'on était en mesure de procéder à l'installation des compteurs d'eau et de le faire à moindre coût, explique Marc Ranger, négociateur pour le syndicat. Est-ce qu'on va le faire à 100 %? Ça, on n'a pas eu de garanties là-dessus, mais c'est ce qu'on souhaite. On a dit qu'on serait ouverts sur la question de l'horaire de travail, de la flexibilité et [de la formation] d'équipes multifonctions. On comprend que ça peut prendre davantage de cols bleus pour procéder à l'installation, mais que dans une phase d'entretien des compteurs d'eau, ça prendra moins de monde. On est donc prêts à s'ajuster en fonction de ça.»

M. Ranger est prudent, car le dossier des compteurs est «sensible» et que les élus n'ont encore rien décidé. De son côté, la partie patronale a évoqué la possibilité d'embaucher une centaine de travailleurs au Service de l'eau. En revanche, la Ville a posé ses exigences en matière de productivité.

Les nouvelles procédures pour mener à bien le dossier des compteurs d'eau s'inscrivent dans la foulée de la réforme engagée par l'administration à la suite des déboires du premier contrat. Plus tôt cette semaine, le directeur général, Louis Roquet, a dévoilé le nouveau cadre de gouvernance mis en place à la Ville, ainsi que les règles qui seront désormais appliquées pour l'octroi de contrats importants.

Gérald Tremblay, dont l'administration a été éclaboussée par divers scandales l'an dernier, considère que les décisions prises par son administration au cours des derniers mois, qu'il s'agisse de l'inclusion de membres de l'opposition au comité exécutif ou de la révision du système d'attribution de contrats, permettront de regagner la confiance des citoyens. «On pense que le système s'est considérablement amélioré, mais il est encore évolutif, prévient Gérald Tremblay. Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, il pourrait y avoir des suggestions, notamment de l'opposition. On va les analyser, et si ce sont de bonnes suggestions, on va les mettre en application.»
9 commentaires
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 24 avril 2010 07 h 22

    Tremblay est un incorrigible mec

    Le maître d`oeuvre des cancers financiers continu sa farandole de timonier incorrigible. Les finances de la ville ne seront jamais stables tant et aussi longtemps que Tremblay y sera. Avant les compteurs il faudrait s`occuper de l`étanchéité du réseau. C`est pourtant simple à comprendre. Pour Tremblay c`est l`envers qui prime.

  • France Marcotte - Inscrite 24 avril 2010 09 h 57

    Plusieurs raisons de se réjouir

    L'étanchéité du réseau, M.Lefebvre, est importante c'est vrai mais doit se réaliser au fur et à mesure de la réfection des rues car elle ne se fait pas sans remplacer les conduites d'eau potable désuètes, donc sans creuser partout; ce qui ne rend pas ce projet des compteurs d'eau inutile. Il est réjouissant de voir que le maire Tremblay peut apprendre de ses erreurs mais c'est à espérer qu'il ne sera pas nécessaire de le surveiller tout le temps si nous tournons la page. La bonne nouvelle est aussi que la ville récupère l'expertise pour la conception et l'utilisation de sa main d'oeuvre pour la réalisation de ce projet, surtout pour ce qui est des cols bleus. Ce sera l'occasion pour ces travailleurs de démontrer leur savoir-faire et de regagner la confiance des citoyens, ce qui serait un incroyable progrès pour le fonctionnement de cette ville.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 24 avril 2010 11 h 43

    Et ca continue

    La ville de Tremblay vend des terrains à 30% de leur valeur. Il y a un bénéficiaire dans ça, rarement le payeur de taxes. On fait des cadeaux avec les taxes des citoyens, tout en faisant croire que l`administration est alerte et engagée dans la bonne gouvernance des actifs de la ville. Rien de nouveau là avec un promoteur en place du maire.

  • Jacques Lafond - Inscrit 24 avril 2010 12 h 23

    Faire des bulles ...

    Je pense que le maire Tremblay devrait remplir une chaudière d’eau, se mettre la tête dedans, et faire des bulles …

  • France Marcotte - Inscrite 24 avril 2010 12 h 50

    Le voulez-vous que ça change?

    Rien de nouveau non plus avec des citoyens comme vous complètement désabusés, M.Lebebvre...