Îlot Balmoral: la SHDM sollicite des promoteurs étrangers sans appel d'offres

Le terrain de l’îlot Balmoral, d’une superficie de 2615 mètres carrés, longe la place des Festivals dans un quadrilatère qui est destiné à une véritable mutation à caractère culturel.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le terrain de l’îlot Balmoral, d’une superficie de 2615 mètres carrés, longe la place des Festivals dans un quadrilatère qui est destiné à une véritable mutation à caractère culturel.

Malgré les nouvelles règles de gouvernance qu'elle s'est imposées, la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) a sollicité, sans procéder par appel de propositions, des investisseurs étrangers afin de développer des terrains en plein coeur du Quartier des spectacles.

Comme l'a appris Le Devoir, les premières esquisses de projets doivent être remises ces jours-ci. Il s'agit de développer la partie nord de l'îlot Balmoral qui appartient à parts égales à la SHDM et à la Ville de Montréal. Le terrain d'une superficie de 2615 mètres carrés longe la place des Festivals dans un quadrilatère qui est destiné à une véritable mutation à caractère culturel.

Mais dans l'immédiat, plusieurs projets battent de l'aile. Selon des sources près du dossier du Quartier des spectacles, la situation inquiète l'administration du maire Gérald Tremblay qui s'impatiente de voir s'activer des grues dans le secteur. Du coup, le «tapis rouge a presque été déroulé» à l'hôtel de ville pour certains hommes d'affaires étrangers, comme le souligne une source bien informée.

Parmi les promoteurs, on retrouve un Suisse dont l'entreprise, k-werkstatt, se concentre sur des projets urbains dans une vision de développement durable. Le fondateur de k-werkstatt, Angelo Labate, est venu à Montréal à quelques reprises au cours des derniers mois.

À la SHDM, on confirme que M. Labate est sur les rangs comme d'autres investisseurs étrangers. «Il y a des discussions, mais personne n'a été retenu encore. [...] On espère avoir des projets plus concrets pour le début de l'été», a affirmé André Bouthillier, porte-parole pour la SHDM.

Les projets attendus seront de nature mixte. Ils pourront combiner différentes vocations, comme des commerces, des bureaux et peut-être des organismes de nature culturelle. Mais ce dernier élément ne semble pas acquis bien qu'il s'agisse de développer des terrains du Quartier des spectacles. «Ce sont des projets non résidentiels. Le caractère culturel n'est pas exclu», s'est limité à préciser M. Bouthillier.

Quant à la décision de la SHDM d'agir sans appel de propositions, cela semble aller à l'encontre de la nouvelle façon de faire de l'organisme qui a été secoué par un important scandale immobilier concernant le développement du projet Contrecoeur, dans l'est de Montréal. Arrivé en poste en décembre 2008, le nouveau directeur général, Guy Hébert, avait notamment pour mandat de redresser la situation en procédant au grand ménage des règles de gouvernance. En clair, cela signifiait que, dorénavant, la SHDM allait procéder par appel de propositions plutôt que de gré à gré avec les promoteurs, afin d'éviter les dérapages.

«Il y aura plus de transparence dans le choix des promoteurs et dans les critères à respecter. Nous procéderons par appel de propositions, pour ouvrir le marché à tout le monde», disait M. Hébert en juin dernier.

Vendredi dernier, Guy Hébert réitérait sa position dans une entrevue à La Presse. En se référant au programme Accès condos, il mentionnait qu'auparavant le «beau projet» d'un promoteur suffisait pour qu'il obtienne le droit d'aller de l'avant.

Pour le développement de l'îlot Balmoral, la SHDM a vraisemblablement d'autres visées. Le terrain pourrait donc être vendu à des intérêts étrangers sans que l'on applique des critères de transparence valables il y a à peine huit mois.

Le statut de la SHDM doit être modifié au cours des prochains mois afin qu'elle redevienne une société paramunicipale sous plein contrôle municipal.