Vente du couvent Mont-Jésus-Marie - Le projet de condos est mis en échec

Contre toute attente, l'administration de Gérald Tremblay a échoué dans sa tentative de faire approuver par le conseil municipal le projet de condos de luxe sur le flanc du mont Royal. Étant donné l'absence de dix conseillers d'Union Montréal lors de la séance du conseil municipal hier, la modification au plan d'urbanisme n'a pu être entérinée. Alors que l'opposition jubilait, l'équipe du maire a promis de revenir à la charge le mois prochain.

L'administration Tremblay était pressée de donner le feu vert au projet de conversion en condos de l'ancien couvent Mont-Jésus-Marie, situé au 1420 du boulevard Mont-Royal. Dès hier matin, quelques heures à peine après la nomination du nouveau recteur de l'Université de Montréal, le maire avait déjà en main une lettre de Guy Breton confirmant la volonté de l'institution de vendre l'immeuble patrimonial au promoteur Construction F. Catania.

Ne restait plus qu'à obtenir l'aval du conseil municipal. Au moment du vote, le président du conseil, Claude Dauphin, a rappelé qu'une majorité absolue, soit 33 voix favorables, était requise pour modifier le plan d'urbanisme, ce qu'ignoraient les élus de l'opposition. Comme dix conseillers d'Union Montréal étaient absents, le maire a mordu la poussière. Dans le camp de l'opposition, ce dénouement a suscité l'allégresse.

Des absents

Parmi les absents figurait Marie Cinq-Mars, mairesse de l'arrondissement d'Outremont, mal à l'aise de voir le projet adopté dans la hâte. Sammy Forcillo ainsi que Marvin Rotrand et Helen Fotopulos, tous deux en mission à l'étranger, étaient aussi absents.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, s'est esquivé au moment du vote. Responsable de l'urbanisme au comité exécutif, il n'a pas aimé être «bousculé» par l'administration Tremblay. «C'est un moment difficile pour moi, beaucoup plus difficile que celui du budget, a-t-il reconnu. J'espère qu'on ne multipliera pas ce type de situation.»

Les conseillers de Vision Montréal ont reproché au maire Tremblay de céder au «chantage» de l'Université de Montréal et d'abdiquer ses responsabilités dans la protection du mont Royal devant l'appétit de promoteurs. Ils ne se sont pas gênés pour tourner en dérision la position délicate dans laquelle est placé le chef de Projet Montréal. «J'offre toute mon affection à Richard Bergeron, car il vit trois tiraillements intérieurs: il a été mis à mal dans ses convictions lors de l'adoption du budget. Dans le dossier de la rue Notre-Dame, c'est un homme tiraillé. Avec ce troisième dossier, il est en voie de franchir l'étape de la schizophrénie», a résumé Réal Ménard.

Pour l'administration Tremblay, ce n'est que partie remise puisque le responsable des parcs au comité exécutif, Alan DeSousa, compte soumettre le projet à nouveau à l'occasion de la prochaine séance du conseil municipal le 22 mars. L'administration pourrait aussi convoquer une assemblée extraordinaire pour régler le dossier plus promptement.
1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 24 février 2010 10 h 26

    Tremblay, Harper, même combat?

    Notre gentil maire devra s'habituer à être minoritaire. À voir comment se comporte Harper, cela semble fort difficile.