Brouhaha autour du couvent Mont-Jésus-Marie

Le conseil municipal de Montréal sera appelé à se prononcer, lundi soir, sur le controversé projet de l'ancien couvent Mont-Jésus-Marie que le groupe F. Catania souhaite transformer en condos. L'ajout in extremis de ce dossier à l'ordre du jour a pris par surprise le responsable de l'urbanisme au comité exécutif, Richard Bergeron, qui dirige le deuxième parti d'opposition à l'Hôtel de Ville.

C'était l'émoi hier chez Projet Montréal, qui venait d'apprendre que le dossier de l'ancien couvent serait débattu lundi. Le comité exécutif se penchera sur le dossier lundi après-midi lors d'une séance extraordinaire convoquée par le maire Tremblay.

L'Université de Montréal attend le feu vert de la Ville pour vendre l'immeuble patrimonial acquis en 2003 des soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Le promoteur Catania compte aménager des condos de luxe dans ce bâtiment situé sur le flanc du mont Royal. Projet Montréal s'était farouchement opposé au projet et Richard Bergeron avait présenté un mémoire en mars 2009 devant l'Office de consultation publique de Montréal pour demander à la Ville de refuser le changement de zonage nécessaire à la transaction.

Richard Bergeron a décliné les demandes d'entrevue du Devoir, mais selon diverses sources au sein de son parti, il aurait été pris de court par la manoeuvre de l'administration Tremblay et aurait peu aimé avoir été tenu dans l'ignorance. Le véritable responsable du dossier serait Alan DeSousa, de l'équipe Tremblay, et non M. Bergeron, a-t-on précisé.

Projet Montréal demandera le retrait du dossier de l'ordre du jour, mais comme Richard Bergeron doit être solidaire des décisions du comité exécutif dont il fait partie, il pourrait s'absenter lors du vote au conseil municipal, a-t-on indiqué. Il ne serait pas question pour l'instant qu'il quitte le comité exécutif, a-t-on toutefois ajouté.

Bergeron, un paravent?

La chef de l'opposition officielle, Louise Harel, est outrée de constater que le projet qui sera soumis aux élus est identique à celui qui avait été vivement critiqué lors des consultations publiques. Elle s'est également interrogée sur le rôle joué par Richard Bergeron. «On peut se demander s'il sert de paravent et s'il mène quelque chose à la direction de l'urbanisme. S'il est étonné du travail réalisé par ses propres services, il y a un grave problème de gestion», a-t-elle indiqué.

Ce débat se déroule sur fond de course au rectorat de l'Université de Montréal. C'est l'actuel recteur, Luc Vinet, qui pilote le controversé dossier de l'ancien couvent, mais il quittera ses fonctions à la fin du mois de mai et l'identité de son successeur pourrait être dévoilée lundi. L'un des trois candidats en lice est le professeur de sociologie Marc Renaud, qui a publiquement dénoncé la vente par l'université de l'immeuble patrimonial. Y a-t-il un lien entre l'empressement de l'administration Tremblay à régler le dossier et cette course au rectorat? Il a été impossible de parler à Luc Vinet, hier.
2 commentaires
  • Aude_Dufresne - Inscrite 21 février 2010 15 h 52

    Sacrifier le patrimoine et le Flanc nord du Mont-Royal

    Sacrifier la Maison Mère des Soeurs Jésus-Marie et sa magnifique chapelle, un patrimoine pour la Société francophone de Montréal, car combien de mères ont été formées par ces religieuses. Mais c'est surtout la perte d'un des derniers boisé du Mont-Royal. Les anglais se sont battus pour préserver la face sud; les francophones se sont battus pour la face nord. Et pourtant de petits politiciens municipaux, de petits administrateurs universitaires, laisseront aller ce patrimoine à des intérêts privés. Pourquoi ? Pour quels avantages cachés ? Quel manque de respect pour la volonté des Montréalais qui en profitaient et qui ont réclamé de la préserver.

  • Martin Dufresne - Inscrit 21 février 2010 16 h 26

    Un empressement suspect

    Il est désolant qu'une valeur patrimoniale aussi cruciale que le Mont-Royal soit compromise par des manoeuvres dignes d'un conseil municipal de fond de rang. À quand une enquête approfondie du Devoir sur la spéculation immobilière qui plane depuis des décennies sur les plus beaux terrains du Mont-Royal? La réputation de l'Université de Montréal s'en trouverait peut-être termie.