Quartier des spectacles - Montréal soutientles projets de la SDA

La Société de développement Angus (SDA) bénéficie du soutien de l'administration montréalaise, qui réduit les difficultés du promoteur à de «simples accidents de parcours».

En entrevue au Devoir, quatre fonctionnaires travaillant au dossier du Quartier des spectacles expliquent que les trois projets de la SDA (le 2-22 Sainte-Catherine, le Quadrilatère Saint-Laurent et le métro Saint-Laurent) sont complexes à cause du large volet culturel. «Il s'agit d'un recul stratégique», affirme Jean Savard. «De simples accidents de parcours», renchérit son collègue Christian Lalonde.

Chose certaine, le 2-22 ne peut démarrer avant la fin du printemps, le Quadrilatère, avant deux ans et le métro Saint-Laurent est reporté aux calendes grecques. La Ville continue de défendre sa décision d'avoir remis de gré à gré entre les mains du promoteur, la SDA et son p.-d.g. Christian Yaccarini, des sites majeurs au coeur du centre-ville. «On ne se bousculait pas au portillon pour développer des projets», argue Stéphane Ricci. Or aucune bousculade n'était possible puisqu'il n'y a pas eu d'appel de propositions.

La SDA tente maintenant de relancer ses projets en critiquant fortement le processus de consultation par lequel devront normalement repasser les nouvelles versions. D'aucuns ont d'ailleurs interprété la sortie publique de Christian Yaccarini jeudi matin, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, comme une tentative pour court-circuiter tous les dédales administratifs.

Malgré l'importance qu'accorde la Ville à ces projets, on note quelques nuances dans le discours: on parle désormais de «projets susceptibles de se réaliser».
1 commentaire
  • Andre Querry - Abonné 20 février 2010 00 h 37

    Pour le promoteur, la tour de 12 étages pour Hydro-Québec était une condition sine qua non

    Dans le projet de la SDA, les besoins initiaux d’Hydro-Québec étaient de 27,870 mètres carrés pour loger près de 1,500 employé dans une tour de 12 étages. Passé de douze à trois étages sera-t-il suffisant?

    Pour le promoteur, la tour de 12 étages pour Hydro-Québec était une condition sine qua non pour la réalisation du projet. Lors de l’audience du 21 mai 2009, de la consultation publique de l’Office de consultation publique de Montréal, le promoteur précisait qu’advenant le retrait d’Hydro-Québec il n’y avait pas de plan B (page 67) :

    M. LOUIS RASTELLI :

    Est-ce qu’il y a un plan B pour la rénovation et la revitalisation des immeubles vacants sur le quadrilatère existant si dans le cas où le projet du quadrilatère n’est pas approuvé ou approuvé avec beaucoup de modifications qui le rendent pas rentable ? Est-ce qu’il y a un plan B pour ce quadrilatère ?

    M. PETER JACOBS, président:

    D’accord. Alors, je demande au promoteur. Est-ce qu’il y a un plan B si jamais il y a des contraintes qui rendent votre projet difficile à réaliser ?

    M. CHRISTIAN YACCARINI:

    Non, il n’y a aucun plan B pour nous. Il y a probablement, connaissant Hydro-Québec, un plan B pour Hydro-Québec. Il n’y a pas de plan B pour nous et, au contraire, il y a un plan Z qui est qu’on coule parce qu’on va se retrouver avec six terrains qu’on ne saura pas trop quoi faire pour les développer. Il n’y a aucun, aucun, aucun plan B.

    Je pense que nous en droit de savoir en quoi consiste la nouvelle proposition du promoteur et de la remettre en consultation publique.