Terrasses sur le trottoir - Le projet de l'avenue du Mont-Royal ne plaît pas sur la Main

Les commerçants du boulevard Saint-Laurent sont furieux contre l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, qui leur refuse le droit d'aménager des terrasses contiguës à leurs établissements. Les élus leur proposent plutôt d'imiter les restaurateurs de l'avenue du Mont-Royal qui, dès cet été, pourront installer des terrasses sur la chaussée en empiétant sur les cases de stationnement.

La Société de développement de l'avenue du Mont-Royal négocie depuis des mois avec l'arrondissement afin que les restaurateurs et tenanciers de bars puissent aménager des terrasses sur la chaussée.

Les élus de Projet Montréal comptent acquiescer à leur demande et ils voudraient appliquer la même formule au boulevard Saint-Laurent, mais les commerçants de cette artère sont loin d'être enchantés. Lors d'un entretien téléphonique, André Beauséjour, directeur général de la Société de développement du boulevard Saint-Laurent, s'est vidé le coeur. «C'est encore une autre embûche pour nuire à l'industrie commerciale dans le centre-ville. On ne nous consulte pas», déplore-t-il.

Durement éprouvés par un important chantier il y a deux ans, les commerçants de la Main s'attendaient plutôt à faire comme l'an dernier, soit installer des terrasses collées à la façade de leurs établissements, mais la nouvelle administration de Projet Montréal a refusé. L'expérience menée l'an dernier a démontré que la présence de terrasses le long des immeubles nuisait à la circulation des piétons, rappelle Alex Norris, conseiller du Mile-End.

L'arrondissement propose plutôt que les terrasses soient installées sur le trottoir le long de la rue ou sur la chaussée, mais M. Beauséjour rejette les deux options, alléguant que la circulation automobile intense du boulevard Saint-Laurent rend impossible de tels aménagements.

Du côté de l'avenue du Mont-Royal, on voit d'un bon oeil l'aménagement de terrasses sur la chaussée car celles-ci permettront de rendre l'artère commerciale plus conviviale et plus animée. «C'est clair qu'il n'y a pas beaucoup de places de stationnement [dans le Plateau], mais en période estivale, les gens veulent d'abord et avant tout une rue animée. On pense que ça vaut la peine pour tous les commerçants, pas seulement pour les restaurateurs», explique Michel Depatie, directeur général de la Société de développement de l'avenue du Mont-Royal. Il dit ignorer combien de commerçants voudront tenter l'aventure l'été prochain.

Ce projet conduira-t-il à la piétonnisation complète de cette artère comme l'a promis Projet Montréal pendant la campagne électorale? Le conseiller Alex Norris n'écarte pas cette possibilité. «Il se pourrait que l'avenue du Mont-Royal devienne piétonne un jour, mais ce n'est pas pour demain. Nous voulons procéder par étapes», dit-il.