Métro: la STM ferme la porte à la société chinoise

La Société de transport de Montréal (STM) n'a aucune intention de suspendre ses négociations avec Bombardier et Alstom pour le remplacement des voitures du métro. Dans une réplique cinglante à la mise en demeure que lui avait fait parvenir, plus tôt cette semaine, Zhuzhou Electric Locomotive, les avocats de la STM remettent en question la crédibilité du constructeur chinois.

La STM peut difficilement croire que Zhuzhou Electric Locomotive soit en mesure de construire, dans un délai très court, des wagons de métro à meilleur prix que Bombardier et Alstom, sans même connaître les caractéristiques techniques des wagons du métro. Sans compter que le représentant de Zhuzhou Electric Locomotive au Canada (ZELC), Glen Fisher, a indiqué que l'entreprise fournirait non pas des wagons sur pneumatiques comme le souhaite la STM, mais des wagons munis de roues d'acier.

«Pour accommoder ZELC, la STM devrait modifier ses infrastructures et même installer des voies ferrées sur tout son réseau», signale la STM. À son avis, il est inconcevable que le constructeur chinois, qui ignore les paramètres de base des voitures de métro, «puisse vouloir définir, à la place et à l'encontre de la STM, ses besoins et ceux des utilisateurs du métro».

La STM reproche également à Zhuzhou Electric Locomotive de ne pas avoir manifesté son intérêt quand c'était le temps, soit lorsque l'appel d'offres international a été lancé en juillet 2008. Plus d'un an plus tard, le constructeur chinois veut obtenir le droit de soumettre une proposition, mais cet intérêt tardif, l'attitude et les prétentions de l'entreprise peuvent difficilement être prises au sérieux, estime la STM.

«Ces tactiques dilatoires et vexatoires, qui visent manifestement à faire dérailler un long processus rigoureusement mené dans le but d'assurer un service public, tiennent de l'abus. Elles ne seront pas sans conséquences si elles devaient causer un préjudice aux intervenants, y compris aux usagers de ce service», concluent les avocats de la STM.

Le représentant de Zhuzhou Electric Locomotive au Canada, Glen Fisher, a indiqué hier soir qu'il ignorait si l'entreprise allait s'adresser aux tribunaux pour tenter de court-circuiter le processus d'octroi du contrat en cours. M. Fisher a toutefois rejeté les allégations de la STM selon lesquelles il faudrait modifier les infrastructures actuelles du métro montréalais pour faire rouler des wagons sur roues d'acier. Les rails existants pourraient être utilisés, a-t-il insisté.

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